Thomas Siniecki, Media365 : publié le lundi 08 juin 2026 à 13h00
La mondialisation existe aussi dans le sport et aux Etats-Unis, qui n'ont pas échappé au virus du soccer désormais tout à fait ancré, à sa manière, avec par exemple un vrai suivi de la Premier League chez les jeunes.
Le Mondial 1994 a joué un rôle majeur dans le développement du football aux Etats-Unis, où ce jeu est toujours appelé soccer car le football, c'est le football américain (qui n'a pas grand-chose à voir avec du jeu au pied, sauf pour les pénalités, transformations et engagements). Avant, les locaux ne savaient même pas que le ballon rond existait, puisqu'il s'agissait du 67e sport préféré dans le pays, derrière le tirage de tracteur... Même la venue de Pelé dans les années 70, sous le maillot du New York Cosmos, n'y avait absolument rien changé. Mais la FIFA n'a rien lâché, trop attirée (déjà) par le potentiel sans limite du rêve américain. Et ça a fonctionné.
Tallec Marston : "Pas le genre d'enthousiasme que les Américains associent à un match de NBA ou de NFL"
"Voir ces gens du monde entier avec leurs propres cultures, leurs propres chants, leurs propres chansons et leurs propres instruments, ce n'était pas le genre d'enthousiasme que les Américains associent à un match de NBA ou de NFL", se souvient Kevin Tallec Marston, chercheur au CIES (Centre international d'études sportives) en Suisse, joint par nos confrères de NPR. La Coupe du monde a réussi à créer une sorte de mythe, même outre-Atlantique, et le parcours de la sélection nationale avait fait le reste, échouant seulement en huitièmes de finale et sur la plus petite des marges (0-1) face au futur champion du monde brésilien.
Le soccer, 32 ans plus tard, s'est imposé comme la troisième discipline favorite du pays, devançant le baseball. L'expansion y a été majeure chez les féminines, le championnat étant reconnu comme le meilleur de la planète et la sélection nationale étant la plus titrée en Coupe du monde (quatre victoires, la dernière en 2019) comme aux Jeux Olympiques (cinq médailles d'or) où elle s'est encore imposée à Paris 2024. La Major League Soccer, le monde entier le sait, est devenue le championnat de Lionel Messi. Les immigrés sont de plus en plus nombreux (8% en 1994, 15% en 2026), particulièrement "latinos", ce qui contribue à importer toujours plus de football. La réussite à venir des hommes de Mauricio Pochettino, avec Folarin Balogun (Monaco), Timothy Weah (OM), Christian Pulisic (AC Milan) ou Weston McKennie (Juventus) en leaders, servira probablement à franchir ou non un nouveau cap. En égalant pourquoi pas le record de 2002 (si l'on excepte la demi-finale de 1930), à savoir un quart de finale.














