Thomas Siniecki, Media365 : publié le mercredi 17 juin 2026 à 19h00
Chacun peut faire son calcul : la Coupe du monde, avec sa rareté tous les quatre ans, est une forme d'ancrage et de repère dans le temps de sa propre vie.
Enrique Macaya Marquez n'a pas raté une seule Coupe du monde depuis 1958, soit l'édition en Suède où Just Fontaine marquait treize buts pour les Bleus qui finissaient troisièmes, emmenés par leur autre grand leader Raymond Kopa et qui tombaient en demi-finales face au triplé de Pelé pour le Brésil (5-2). Ce journaliste argentin avait alors 23 ans et travaillait pour la radio. Même si son activité pour la télévision DSports est désormais réduite à cause de sa santé, il est toujours là à plus de 90 ans, commentant encore le triplé de Lionel Messi face à l'Algérie (3-0) dans la nuit de mardi à mercredi. "J'ai le sentiment d'avoir une obligation de le faire. Je ne sais pas combien de temps ça va encore durer, mais de toute façon, je vais essayer de tirer le meilleur de la Coupe du monde que j'ai sous la main." Et ce n'est pas parti pour être la pire de la part de ses champions du monde de l'Albiceleste...
Macaya Marquez habitait "à 50 mètres de chez Di Stefano"
En 1994, quand Diego Maradona ne voulait plus parler à personne, il est le seul à qui il a accordé une interview. Mais pour ce dinosaure du journalisme sportif mondial, célébré officiellement par la FIFA en 2022 pour son exceptionnelle longévité (et encore cité publiquement la semaine dernière par son président Gianni Infantino), difficile de supplanter Alfredo Di Stefano dans son coeur. Et pour cause, comme il l'explique encore à l'AFP : "J'habitais à 50 mètres de chez lui. Je tenais un kiosque à journaux et il venait les lire. Ensuite, il m'emmenait chez lui et nous jouions au ballon. Il était plus âgé que moi. Plus tard, il est devenu mon idole. Pour moi, compte tenu de ce que je voyais à l'époque, il était le meilleur. Mais bon, cette amitié a pu influencer mon opinion..."
Près de 70 ans après ses débuts dans le métier, quelle a été sa recette ? "Parler aux gens et apprendre d'eux en permanence." Et surtout, ne jamais préparer un match. Au final, y'a-t-il mieux placé que lui pour tenter de dresser un constat de l'évolution dingue du football ? "Les joueurs sont mieux préparés, plus endurants et plus puissants. Mais ça ne signifie pas qu'ils sont meilleurs techniquement. Pour développer la technique, il faut parfois ralentir et prendre le temps." Comme dans un véritable tango argentin.














