Etats-Unis : Megan Rapinoe est bien plus qu'une joueuse, une militante

Etats-Unis : Megan Rapinoe est bien plus qu'une joueuse, une militante©Media365
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David HERNANDEZ, publié le mardi 02 juillet 2019 à 07h25

Auteure d'un doublé contre la France vendredi dernier en quarts de finale (1-2), Megan Rapinoe sera encore l'arme offensive numéro 1 des Etats-Unis face à l'Angleterre mardi en demi-finale de la Coupe du Monde féminine. Plus que la joueuse, l'Américaine est le symbole d'une gent féminine qui s'assume.



Forcément lorsqu'on voit Megan Rapinoe pour la première fois, le premier réflexe est de se demander quelle mouche a bien pu piquer l'Américaine pour s'afficher avec des cheveux roses. Mais une fois le personnage cerné, la surprise n'en est plus une. L'ailière de la Team USA est un sacré numéro, le genre à faire lever les 17 000 Américains venus vendredi dernier au Parc des Princes dans l'affiche contre les Bleues (1-2). Ce mardi, au Groupama Stadium (21h00), les Etats-Unis s'attaquent à un nouveau challenge dans leur quête de gloire mondial avec l'Angleterre.

33 ans, mais toujours indispensable

Dans une ville de Lyon qu'elle a apprivoisée pendant un an (2013-2014), Rapinoe sera encore l'un des principaux dangers de cette armada américaine. Auteure d'un doublé face aux filles de Corinne Diacre, la joueuse de 33 ans a porté à 5 son nombre de buts dans cette Coupe du Monde en France. Elle a rejoint sur la plus haute marche Alex Morgan, qui est en panne sèche depuis le premier match contre la Thaïlande (13-0) et son quintuplé. Il y a quatre jours, Marion Torrent n'avait pas su où donner de la tête face à la technique de l'attaquante de Seattle. Cette dernière n'a plus ses jambes de 20 ans pour faire la différence en vitesse, surtout dans le duel qui l'attend face à Lucy Bronze à Lyon. Mais son QI football lui permet de se retrouver en bonne position à chaque fois que la situation le demande. Oui « Pinoe » est une ancienne, elle le sait, ne s'en cache pas et assume ses responsabilités.


Un relais sportif et politique

Au sein de l'effectif de Jill Ellis, la vraie capitaine c'est bien elle, même si Morgan a les honneurs du brassard à chaque rencontre. Rugueuse et chien fou sur le terrain, Rapinoe n'est jamais la dernière à user de son franc-parler. Pas seulement en dehors des terrains, où sa prise de bec avec Donald Trump est devenue virale. « Peut-être que vous devriez vous accorder un match de repos, Amel (Majri) tu avais l'air d'avoir les jambes lourdes, détends-toi... Soyez prêtes ! J'arrive ! », avait-elle déclaré avant le match contre les Bleues. La tornade rose est passée et a fait de gros dégâts sur son passage. En plus d'être un leader technique, celle qui partage sa vie avec la basketteuse Sue Bird est une grande gueule. Mais surtout un relais pour sa sélectionneure. « La coach ne peut pas dire 35 fois la même chose donc c'est à nous de dire les choses. Et parfois, on n'a pas besoin de lui faire de retour. » Malgré son caractère trempé, Rapinoe serait une de ces stars pour qui le succès collectif passe au-dessus de tout. Même si elle a avoué dernièrement qu'elle ne cracherait pas sur un Ballon d'Or.

Pas de Maison-Blanche en cas de victoire finale

En remportant un nouveau titre de champion du monde le 7 juillet prochain, il y aurait de grandes chances que son rêve devienne réalité. Avant ça, elle veut guider une fois de plus sa sélection tout en haut et faire entendre sa voix. « Oui, j'admire Megan Rapinoe qui dit ce qu'elle pense sur tant de sujets, le combat pour l'égalité, la diversité, l'inclusion, avoue même Phil Neville, adversaire d'un soir. Personnellement, je ne m'engagerai pas en politique. » L'ancienne Lyonnaise sait que l'exposition planétaire de cette Coupe du Monde est une parfaite tribune pour faire passer des messages. Au Président des Etats-Unis d'abord qu'elle considère comme « misogyne » et qui la pousse à ne pas chanter The Star-Spangled Banner depuis son arrivée à la Maison Blanche.



Les ségrégations sociales sont aussi un sujet qui tient à cœur à cette joueuse qui a fait son coming-out en 2012 et qui est devenue depuis une figure de la communauté LGBT. Lors de l'affaire Colin Kaepernick et de la contestation policière de 2016, elle a été l'une des premières à prendre le parti du quarterback. L'avis et le regard des gens, Rapinoe n'en a cure. Ce qu'elle veut, c'est faire bouger les choses, à l'image de ce combat entrepris contre la Fédération américaine pour l'égalité des salaires entre les deux sélections de soccer. Bouger des montagnes, la numéro 15 des « Stars and Stripes » aime ça. Ça tombe bien, avec l'Angleterre, une nouvelle se dresse devant elle pour ce qui ressemble à son dernier Mondial.

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