Angleterre - Etats-Unis : Entre Jill Ellis et Phil Neville, il y aura un peu de Sir Alex Ferguson à Lyon

Angleterre - Etats-Unis : Entre Jill Ellis et Phil Neville, il y aura un peu de Sir Alex Ferguson à Lyon©Media365

David HERNANDEZ, publié le mardi 02 juillet 2019 à 07h45

L'affiche entre les Etats-Unis et l'Angleterre en demi-finale de la Coupe du Monde féminine mardi (21h00) est alléchante sur le papier. Elle risque de l'être sur le terrain avec deux sélectionneurs largement influencés par Sir Alex Ferguson, l'ancien manager de Manchester United.



Ils ont beau partager la même langue, les Etats-Unis et l'Angleterre sont complètement différents sur le terrain. Tombeuses de l'équipe de France vendredi dernier (1-2), les Américaines sont en mission dans l'Hexagone. Les coéquipières d'Alex Morgan veulent effacer l'affront des Jeux Olympiques 2016, où elles ont été éliminées en quarts de finale - une première dans l'histoire de Team USA - et conserver leur titre de championne du monde. Pour l'Angleterre de Lucy Bronze, le défi est tout autre, entre l'opportunité de sortir les cousines américaines et de passer ce palier des demi-finales, elle qui échoue sur l'avant-dernière marche depuis deux compétitions. Ce mardi, au Groupama Stadium de Lyon (21h00), le spectacle devrait être au rendez-vous sur la pelouse et dans les tribunes. Pour Jill Ellis et Phil Neville, cela représente aussi plus qu'une simple demi-finale.

Ellis, la « dame de fer »

La référence à Margaret Tatcher, l'ancienne Première Ministre anglaise, est à peine cachée. Jill Ellis a un rapport particulier avec la royauté. Non pas qu'elle fasse partie du cercle familial de la Reine Elizabeth, mais la sélectionneure américaine est née de l'autre côté de la Manche. « Toute ma culture britannique et mon développement sont toujours avec moi, c'est certain, a-t-elle avoué dimanche. Je vous en suis très reconnaissant car je ne pense pas que si j'avais grandi dans un autre pays, ma passion du football serait ce qu'elle est. » Anglaise de naissance et Américaine de cœur, Ellis ne partage pas seulement avec Tatcher son pays de naissance. La native de Portsmouth est, elle aussi, réputée pour être dure. Il suffit de la regarder pour comprendre. Sa communication est minimaliste, son sourire rarement présent sur son visage. On pourrait croire à une description de Corinne Diacre, mais c'est bien cette rigueur qui a ramené les Yanks sur le toit du monde en 2015 et qui l'a poussée à se remettre en question après l'élimination surprise en quart de finale des JO de Rio face à la Suède.

Ellis n'est pas là pour se faire des amis et n'hésite pas à trancher dans le vif quand il le faut. Exit Hope Solo, ingérable en 2016. Carli Llyod se sent encore capable d'être titulaire ? Sa coach en décide autrement et la laisse sur le banc depuis un mois. L'institution au-dessus de la joueuse. Une doctrine qu'elle a tirée de ses années de supportrice de Manchester United et du règne de Sir Alex Ferguson. « De toute évidence, j'ai grandi en tant que fan de Man United, je ne peux pas parler que de la façon dont il a coaché. Il tirait le meilleur de ses joueurs et était parfois impitoyable. » C'est ce qui se passe chez l'Oncle Sam depuis 2014 et la recette marche plutôt bien. Mais il reste encore deux marches pour faire entrer un peu plus cette génération au Panthéon du « soccer » américain. Comme Manchester a été marqué par la classe 92 des Beckham, Scholes, Giggs et Gary Neville. Le frère de Phil.

Neville, le pur produit mancunien

Retrouvé le cadet de la famille à la tête des Three Lionesses, même lui ne l'aurait certainement pas pensé il y a un peu plus d'un an. Sans expérience de coach chez les hommes ou chez les femmes, Phil Neville a été promu avec l'objectif de faire de l'Angleterre l'une des nouvelles places fortes du football féminin. A l'image de Gareth Southgate, avec qui il partage ce goût du costume trois pièces, l'ancien latéral réussit pour le moment sa mission. Demi-finalistes de la Coupe du Monde 2015 et de l'Euro 2017 avant l'arrivée du nouveau sélectionneur, les partenaires de Toni Duggan n'ont pas baissé de pied avec l'ancien protégé de Ferguson à Manchester United. Avec un mentor comme l'Ecossais pendant dix ans, ça marque forcément. Surtout avec l'aura que dégageait Ferguson.

« Après avoir côtoyé Sir Alex au niveau interne, comme le faisait Phil, ça affecte, nous influence », a confirmé Jill Ellis en parlant de son homologue. Comme joueur, Neville n'était certainement pas le plus brillant de sa génération. Mais son « fighting spirit », si cher à nos voisins, a fait le reste pour convaincre son entraîneur et atteindre les 750 matchs en pro (Manchester United, Everton, Angleterre). Une culture de l'effort qu'il essaye d'inculquer depuis un an à ses joueuses afin de toucher le Graal dimanche prochain à Lyon. « Je veux connaître le succès avec l'Angleterre, a-t-il déclaré au Times. J'ai voulu cela toute ma vie. Et avec ces joueuses, nous en avons une occasion incroyable. » Il faudra d'abord sortir Team USA et sa sélectionneure aux exigences anglo-américaines.

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