Coupe de la LigueFinale
Grand Stade Lille Métropole - Arbitre B. Millot
Journaliste : Raphaël Brosse

Rémi Farge, publié le 30 mars

Quatorze ans après son dernier titre, Strasbourg a remporté la Coupe de la Ligue contre Guingamp à l'issue de la séance des tirs au but ce samedi soir. La reconstruction du Racing est complète.

Le debrief
C'est l'histoire d'un cri. Un cri poussé par un public comme un seul homme sur les coups de 23h45 samedi soir. Toute la journée ils s'étaient déjç égosillé pour faire de Lille une ville bleue l'espace d'une journée. D'une soirée même. L'attente fut longue, très longue. Mais oui, Strasbourg est au paradis. Quatorze ans après le dernier titre de son histoire -une Coupe de la Ligue déjà- le Racing a été sacré face à Guingamp au terme d'une finale indécise jusqu'au bout. Il a fallu une séance de tirs au but pour départager les deux équipes sur la pelouse du stade Pierre-Mauroy. A ce jeu, les Alsaciens ont été les meilleurs, mettant fin à la belle série de Caillard dans la compétition. Aucun joueur strasbourgeois ne s'est raté, au contraire des malheureux Mendy et Rodelin. Après deux finales de Coupe de France remportées en 2009 et en 2015, Guingamp bute cette fois sur la dernière marche.

Le match, lui, a été pauvre. Très pauvre même. Il faut bien chercher pour trouver trace d'occasions franches. Un tir de Thuram détourné par Kamara, un autre de Benezet sorti par le gardien strasbourgeois. Et dans l'autre sens, une reprise de Thomasson juste à côté. En 120 minutes c'est trop peu pour une finale de Coupe de la Ligue. Le terrain très difficile du stade Pierre-Mauroy n'a pas aidé les vingt-deux acteurs, qui ont multiplié les erreurs techniques dès la première demi-heure, et qui n'ont pas pu élever leur niveau de jeu avec la fatigue. Pour être plus dangereux, le Racing aurait eu besoin d'un Lala dans une meilleure forme, tandis que Guingamp, comme depuis le début de la saison, a pêché par manque d'efficacité. La reprise dévissée de Thuram après un joli mouvement collectif symbolise ce défaut récurrent chez les hommes de Jocelyn Gourvennec.

Ce manque de justesse dans le dernier geste a poursuivi l'En Avant jusqu'au moment des tirs au but. On attendait Caillard, mais c'est finalement Kamara qui s'est mué en héros. Déjà très bon pendant les 120 minutes, le gardien strasbourgeois a confirmé au moment de l'épreuve fatidique. Lui, le remplaçant, son nom restera à jamais accolé à cette soirée qui entre dans l'histoire du Racing. Tombé dans les tréfonds du football français, le club alsacien est revenu de nulle part et s'est reconstruit sans perdre de temps. Depuis trois ans, il enchaîne les moments d'ivresse sans jamais donner le sentiment d'être rassasié. Pour une fois que les gros du championnat n'étaient pas au rendez-vous, il ne fallait pas laisser passer l'occasion d'ajouter une ligne au palmarès. Chose faite par Liénard et tous ses coéquipiers. C'est la troisième fois que Strasbourg remporte la Coupe de la Ligue après 1997 et 2005. De la Meinau à Lille, comme dans toute l'Alsace, la nuit est belle. Le printemps tout entier le sera.
Le film du match
16eme minute
Après un bon travail de Benezet sur le côté gauche, Thuram hérite du ballon dans un angle fermé dans la surface. Le Guingampais tripote mais parvient à éliminer Koné puis à tenter sa chance. Kamara doit sortir le grand jeu pour claquer le ballon en corner.

55eme minute
Sur un centre fort de Ndong, Benezet bénéficie d'un contre favorable dans son duel avec Martinez. Il se retourne et enchaîne avec un tir puissant mais Kamara se couche vite au premier poteau et sauve Strasbourg.

58eme minute
Le magnifique renversement de jeu de Martinez déséquilibre la défense guingampaise. Sissoko a compris l'idée de son partenaire et arrive le premier sur le ballon. Il centre en retrait dans la surface, où Thomasson surgit à toute vitesse et tente de reprendre en première intention du pied gauche. Le cadre se dérobe pour une poignée de centimètres.

64eme minute
Strasbourg obtient un bon coup-franc à l'entrée de la surface. Ajorque s'en charge et envoie un tir puissant et enroulé qui contourne le mur guingampais. Mais le ballon ne tourne pas assez pour attraper le cadre et échoue dans le petit filet.

73eme minute
Pas attaqué à 25 mètres du but guingampais, Thomasson prend sa chance mais Caillard est sure ses appuis et s'interpose avec plongeant sur sa droite.

104eme minute
Personne ne touche le corner frappé au deuxième poteau. Rodelin hérite du ballon, contrôle, et tente sa chance. Son tir un peu trop écrasé n'inquiète pas Kamara.

120eme minute
Lancé sur le côté droit, Mendy résiste à la charge de Martinez, prend le dessus sur son défenseur et entre dans la surface. L'ancien Bordelais a la balle de titre au bout du pied mais il bute sur un Kamara concentré.
Tops et flops

TOP 3

Confirmé dans le but alsacien, comme depuis le début de la compétition, Bingourou KAMARA a été le héros de la soirée. Le gardien du Racing n'a pas été énormément sollicité, mais il a sorti trois arrêts parfaits sur les frappes de Thuram, Benezet et surtout Mendy à la dernière minute. Surtout, il a repoussé la tentative de Rodelin lors de la séance des tirs au but.

Ludovic BLAS a été l'un des seuls joueurs à s'en sortir techniquement sur ce terrain difficile. En première période, le milieu guingampais a été le détonateur de son équipe avec des accélérations balle au pied qui ont fait mal à Strasbourg.

C'est le paradoxe Marcus THURAM. On ne l'a finalement pas vu si souvent que ça dans cette finale. Mais à chaque fois que l'ancien Sochalien a touché le ballon, il s'est passé quelque chose sur cette aile gauche. C'est aussi lui qui s'est procuré la plus belle occasion du match avec un tir claqué par Kamara en corner.


FLOP 3

Si bon en championnat cette saison, Kenny LALA est passé à côté de sa finale. L'arrière droit strasbourgeois n'a presque pas pu prendre son couloir, gêné par Thuram défensivement. Sans son apport offensif, le Racing n'a pas le même visage.

Lebo MOTHIBA n'a pas pesé offensivement. L'attaquant sud-africain n'a pas eu beaucoup de bons ballons à exploiter dans la surface adverse, et sur le seul qui lui est parvenu dans une position idéale, il s'est emmêlé les pinceaux. Une prestation décevante.

Depuis le début de l'année, Lebogang PHIRI est un des rares Guingampais au niveau mais ce samedi soir, le milieu récupérateur a été un peu plus timide. On l'a moins vu jouer sur sa vitesse de percussion pour casser des lignes, et le carton rapidement reçu l'a bridé.
Monsieur l'arbitre au rapport
M.Millot a eu droit à un match tranquille avec peu de décisions litigieuses à trancher. On peut regretter que le VAR ne soit pas intervenu pour sanctionner un coup de coude de Mitrovic qui a entraîné la sortie sur blessure de Roux. Quant à Sissoko, il aurait dû écoper d'un deuxième carton jaune en prolongation.
La feuille de match
COUPE DE LA FINALE (Finale) / STRASBOURG - GUINGAMP : 0-0 (4-1 TAB)
Stade Pierre-Mauroy, Lille (49 160 spectateurs)
Temps couvert - Pelouse moyenne
Arbitre : M.Millot (6)

Tirs au but réussis : Prcic, Thomasson, Liénard et Carole pour Strasbourg - Didot pour Guingamp

Tirs au but raté : Mendy et Rodelin pour Guingamp

Avertissements : I.Sissoko (69eme), Thomasson (97eme) pour Strasbourg - Phiri (23eme) et Benezet (70eme) pour Guingamp

Expulsion : Aucune


Strasbourg
B.Kamara (8) - Lala (4), L.Koné (5) puis Carole (90eme), Mitrovic (cap) (6), P.Martinez (5), Caci (5) - Prcic (6), I.Sissoko (5) puis Liénard (118eme), Thomasson (5) - Mothiba (4) puis Da Costa (81eme), Ajorque (6) puis Zohi (105eme)

N'ont pas participé : Sels (g), Gonçalves, Y.Fofana
Entraîneur T.Laurey


Guingamp
Caillard (6) - C.Traoré (5), Sorbon (cap) (6), Kerbrat (5), Rebocho (5) - Phiri (4), Blas (6) puis Didot (98eme), Ndong (5) - Benezet (6) puis Rodelin (86eme), Roux (5) puis A.Mendy (66eme, 4), M.Thuram (6)

N'ont pas participé : Johnsson (g), Djilobodji, Eboa Eboa, Merghem
Entraîneur : J.Gourvennec

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