Le fabuleux destin d'Oukidja

Le fabuleux destin d'Oukidja©Media365
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Geoffrey Steines, publié le mercredi 13 décembre 2017 à 08h43

Alexandre Oukidja a profité de la blessure de Bingourou Kamara pour faire ses débuts en L1 contre le PSG (2-1), avec l'arrêt de la victoire en fin de match. Le gardien de Strasbourg retrouvera mercredi le club parisien en Coupe de la Ligue. Pour continuer à savourer sa chance du moment.

Comme d'autres au club, Alexandre Oukidja a tout connu avec Strasbourg : le maintien sur tapis vert en National lors de sa première saison en 2014-15, puis les deux montées successives jusqu'en L1. Comme le Racing, le natif de Nevers revenait de loin. De très loin même. Formé à Gueugnon et recruté par Lille à 18 ans, il n'a jamais joué pour l'équipe première du LOSC, est passé par des prêts à Bayonne puis à Mouscron avant d'atterrir à Strasbourg. A l'instar de Jérémy Grimm et de Dimitri Liénard, il avait quasiment abandonné son rêve d'évoluer un jour dans l'élite française quand la réalité l'a rattrapé avec le titre de champion de France de L2 en mai dernier. Un arrêt face à Cavani qui a fait le tour de l'Europe Sauf que contrairement à ses deux coéquipiers, Oukidja devait se contenter du banc en championnat depuis le début de la saison, après le recrutement de Bingourou Kamara à l'intersaison pour garder la cage strasbourgeoise. Jusqu'à début décembre, la doublure a rongé son frein, attendu patiemment son heure. Mais le destin a frappé à sa porte à un moment bien particulier : en plein exploit majuscule de Strasbourg contre le PSG (2-1), quand Kamara a dû céder sa place sur blessure. Entré au pied levé pour les vingt dernières minutes, devenues trente avec le temps additionnel, Oukidja a tenu la baraque et surtout sorti la parade qu'il fallait. Un réflexe étonnant lui a permis de dévier une tête à bout portant d'Edinson Cavani pendant les arrêts de jeu et de préserver une victoire dont les secousses ont atteint toute l'Europe du football.Un clean-sheet à Bordeaux Dix jours plus tard, après un clean-sheet à Bordeaux (0-3), le numéro 16 strasbourgeois se prépare à retrouver les Parisiens. « C'est pour moi une chance supplémentaire de montrer au staff que malgré ma position de doublure, je suis présent, a-t-il lancé mardi en conférence de presse, à la veille du 8eme de finale de Coupe de la Ligue contre le PSG (21h05). On me demande d'être efficace. Ça fait du bien de jouer et si je peux rendre service au groupe, c'est nickel ! » Un discours résolument positif, comme s'il avait accepté son statut de numéro 2, après avoir joué un rôle-clé dans les titres successifs en National et en L2. Les dirigeants et le staff alsaciens ont simplement jugé qu'Oukidja, à bientôt 30 ans (en juillet prochain), n'avait pas la moelle pour être un titulaire en L1. Oukidja : « Battre le PSG deux fois de suite est possible » Ce qui ne l'empêche pas, à six mois de la fin de son contrat avec le Racing, de rêver en grand d'un nouvel exploit contre le PSG. « On ne va pas du tout bâcler cette rencontre, a assuré Oukidja. Les joueurs avec moins de temps de jeu voudront montrer qu'ils ont leur place. On reste sur deux victoires. On va jouer le match sérieusement et avec beaucoup plus de confiance. On joue plus relâché qu'en début de saison, ça paye. Face au PSG, on n'a rien à perdre ! Dans ma tête, battre le PSG deux fois de suite est possible. Après, il faut mettre les ingrédients pour. » Il est bien conscient que ça passera en partie par lui, après avoir participé à éliminer Saint-Etienne aux tirs au but lors du tour précédent (1-1, 5-4 TAB). « Je ne change pas ma préparation. L'erreur serait de jouer le match avant qu'il arrive. Je vais prendre beaucoup de plaisir. Je m'attends à avoir de nombreuses interventions. On va commencer par bien défendre. Nous aurons des occasions. » Il faudra ensuite les saisir. Comme Oukidja a su si bien le faire.

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