Marseille : Lopez en reconquête

Marseille : Lopez en reconquête©Media365

Julien Pereira, publié le mardi 23 janvier 2018 à 07h45

Moins remplaçant mais toujours pas titulaire, Maxime Lopez se réinvente. Le temps des secousses, s'il n'est pas encore tout à fait dissipé, a eu le mérite de le recadrer.

Maxime Lopez n'est pas encore celui que beaucoup ont tenté de lui faire croire, mais il n'est pas non plus qu'un « petit branleur » comme l'a hurlé son entraîneur, vendredi, à Caen (0-2), agacé par le mauvais replacement du jeune Marseillais. La remise en question a été mentale, c'est certain, pour évacuer les ragots l'envoyant au FC Barcelone, qui l'ont « desservi », comme il le concède lui-même. Elle est aussi technique, forcément, puisqu'il lui fallait déjà se réinventer, à 20 ans, pour exister dans un groupe concurrentiel et en pleine bourre, surtout dans son secteur de prédilection. Pour retrouver sa part de lumière, le Minot a reculé vers les métiers de l'ombre et un rôle plus en retrait, aux côtés de Luiz Gustavo. Depuis la défaite concédée contre Rennes au Velodrome (1-3), acte fondateur du renouveau marseillais, Maxime Lopez a évolué à une dizaine de reprises à un poste qui n'est pas le sien.« Je suis dans une situation où j'ai la chance de jouer n'importe où », a-t-il confié en conférence de presse avant d'affronter Epinal, ce mardi soir (21h05) en 16emes de finale de Coupe de France. Selon le point de vue, il s'agit plutôt d'une obligation. Parce qu'il doit avant tout penser à « jouer le plus possible ». Au jeu des phrases révélatrices, Rudi Garcia a fait encore mieux : « Maxime Lopez a toutes les qualités pour jouer aux trois postes derrière l'attaquant ». S'il souhaitait faire passer un message, il fallait peut-être comprendre que l'international Espoirs n'a pas encore les armes d'un véritable complément devant la défense. Le défaut de communication n'en est pas vraiment un, le milieu de terrain n'ayant pas les avantages naturels pour le poste, au contraire du premier choix qu'est Franck Zambo Anguissa. « Il faudrait que je prenne plus de masse musculaire », a pris acte l'Olympien. « Pour être plus costaud dans l'impact », il a entamé un développement personnel avec Paolo Rongoni, fidèle de Garcia depuis sa période mancelle et responsable de la performance à l'OM. L'Italien traîne une réputation de forçat de l'effort depuis des travaux aux résultats contrastés à la Lazio ou à l'AS Rome.Il faudra au moins un tel mentor pour combler les insuffisances. Pour le reste, il apprend et comprend avec l'un des patrons du vestiaire marseillais et son leader sur le terrain, Luiz Gustavo, qui « 'encourage tout le temps, dit de bien revenir défendre avec lui, et met tout le temps à l'aise ». Sur la durée, ses prédispositions techniques supérieures à celles de Zambo Anguissa doivent renforcer Garcia dans sa volonté de mieux construire depuis sa propre moitié de terrain. Pour le moment, la complémentarité avec le patron brésilien est encore à parfaire, alors que celle liant son concurrent camerounais au numéro 19 saute aux yeux depuis de longues semaines. Garcia a déjà tiré cette analyse, puisqu'il a aussi loué « le potentiel athlétique » du natif de Yaoundé et ses progrès tactiques. Alors que dans le même temps, il pointait les problèmes de tempérament de Lopez. Comme pour rappeler qu'il n'était pas encore irréprochable. Et que le temps des secousses n'est pas tout à fait dissipé.

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