Coupe de France - Les Herbiers / Stéphane Masala : " Je me suis laissé penser que c'était un jour incroyable "

Coupe de France - Les Herbiers / Stéphane Masala : " Je me suis laissé penser que c'était un jour incroyable "©Media365
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Geoffrey Steines, publié le mercredi 09 mai 2018 à 00h50

S'il avoue avoir cru à l'impensable, tant son plan se déroulait comme prévu, Stéphane Masala n'a pas fait la fine bouche. La voix cassée par un match passé à hurler ses consignes et ses encouragements, il a rendu un hommage appuyé à ses joueurs des Herbiers après leur finale de Coupe de France héroïque contre le PSG (0-2). Sans oublier d'avoir un mot pour les Parisiens, pour leur comportement sur le terrain et en dehors.

DE L'UN DE NOS ENVOYES SPECIAUX AU STADE DE FRANCEStéphane Masala, quelle est votre principale satisfaction après la défaite avec les honneurs des Herbiers contre le PSG mardi en finale de la Coupe de France (0-2) ?C'est de voir mon équipe s'accrocher autant. Elle n'a pas baissé la tête, ni les bras. On aurait même pu marquer sur la fin ce petit but qui nous aurait fait énormément de bien. Très fier de mon groupe.Quelle était la stratégie établie avant le match ?On avait un plan de jeu bien précis. On a joué avec un bloc assez bas pendant une heure. On voulait garde ce ballon, faire tourner le chronomètre er rester dans le match, avant de faire douter le grand PSG. On a fait deux changements pour mettre des joueurs plus offensifs.Pourquoi avoir fait le choix de titulariser Pierre Germann, milieu de formation, à la pointe de l'attaque ?Pierre Germann, ce n'est pas son poste. On a joué avec quatre milieux, mes deux joueurs offensifs étaient dans les couloirs. On voulait tenir ce ballon et rester dans le match, pour pouvoir l'amener ensuite dans une autre sphère. J'ai à la mi-temps aux joueurs qu'on avait presque trop attaqué, on aurait dû garder davantage le ballon sur la largeur avant de verticaliser. Ils ont fait un très bon match, ils ont énormément couru et ils le doivent en partie à cette ambiance. Elle était formidable. 71 000 personnes, tout un virage en rouge et blanc : c'était magique.Masala : « Je me dis qu'on va en avoir une sur un malentendu »Avez-vous réussi à profiter de l'ambiance ?J'étais focalisé sur le terrain, l'adversaire, mon équipe, essayer d'apporter ce dont ils avaient besoin. L'ambiance était magnifique, mais celle de La Beaujoire l'était aussi avec 35 000 Vendéens. J'étais vraiment très concentré sur le match.Retenez-vous que vous avez réussi à faire le match avec le PSG ?Ce qui est bien pour le foot, c'est qu'on voit qu'il y avait une énorme différence, mais il n'y a que 2-0 au tableau d'affichage. Je me suis laissé penser que c'était un jour incroyable et qu'on allait égaliser, même s'il n'y a pas photo sur le match et que le score est logique. On aurait peut-être mérité de mettre ce 2-1.Vous y avez vraiment cru ?Je l'avoue. On avait ce plan de jeu de tenir et on est encore à 0-1 à l'heure de jeu. Quand il marque le but, je dis à Kylian (Mbappé) qu'il n'y aura pas but avec la vidéo et il sourit, avant que l'arbitre ne le refuse. C'est incroyable, je me dis que ce n'est pas possible, qu'on va en avoir une sur un malentendu... J'y ai cru, c'est vrai.Masala : « Pour finir en apothéose, un 2-1, ça aurait été parfait »Pourquoi cette idée directrice de rester dans le match le plus longtemps possible plutôt que d'essayer de marquer en premier ?Je pense sincèrement qu'on aurait pu prendre une piquette si on avait marqué dès le début. Ça reste le PSG, c'est du haut de gamme. J'ai vu de la vidéo, je suis allé les voir en vrai, mais du bord du terrain, c'est incroyable. Mes joueurs se sont accrochés, on essayé de fermer les espaces. Réussir à essayer de ne pas balancer, il faut être courageux. Sur la fin, on aurait pu marquer. il y a même une combinaison sur coup-franc où (Kevin) Trapp arrive à la sortir. C'était une belle prestation.Il n'a finalement manqué qu'un but pour que la fête soit totale...Pour finir en apothéose, un 2-1, ça aurait été parfait. Mais honnêtement, c'était une belle soirée.Quelle image garderez-vous en tête ?J'en aurais deux. J'ai vu mon équipe se battre et j'ai été impressionné par les appels des joueurs offensifs parisiens. Ça va à 2000.Masala : « J'ai pris un pied énorme à voir mes joueurs, mais aussi les adversaires »En quoi a consisté votre causerie ? Aviez-vous préparé quelque chose de spécial ?Elle a été très sobre, simple. Je leur ai fait passer le massage que le plus important était le terrain, il ne fallait absolument pas regarder notre adversaire et subir. Je peux vous assurer que ça va très vite. J'ai pris un pied énorme à voir mes joueurs, mais aussi les adversaires. Ils sont très rapides, ils arrivent à lire les situations. C'est le très haut niveau.Y aura-t-il à coup sûr un avant et un après pour vos joueurs ?Oui, ce n'est pas tous les jours qu'on peut participer à la finale de la Coupe de France. Ils vont en sortir grandis. Ça va être difficile pour ceux qui ne sont pas entrés. La notion de collectif va prendre le dessus pour que tout le monde se retrouve dans le même état d'esprit vendredi à Béziers. Ils ont compris des choses.Le risque n'est-il pas maintenant de ne pas réussir à se démobiliser dès ce week-end pour l'objectif maintien en National 1 ?C'est possible, mais je ne pense pas quand je vois le groupe fantastique que j'ai. Je vois mes joueurs solides mentalement et afficher le bon état d'esprit dès vendredi à Béziers.Lors de vos nombreux échanges avec le président de la République ou les joueurs parisiens, avez-vous retenu une phrase plus qu'une autre ?Pas particulièrement. J'avais quelques messages à faire passer. Les gens sont souvent très humbles au haut niveau et les joueurs parisiens étaient très pros. Ils n'ont rien lâché, ça s'est vu dans la façon dont ils ont célébré leurs buts. Ils sont très accessibles, disponibles, ils ont donné des équipements à mes joueurs. C'est la classe, même si je n'en attendais pas moins. Mais là, c'est du concret.

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