Guingamp

Guingamp, les raisons d'une relégation inéluctable

Guingamp, les raisons d'une relégation inéluctable©Media365

Raphaël Brosse, publié le 13 mai

Contraint au partage des points à Rennes dimanche (1-1), Guingamp est mathématiquement relégué en Ligue 2. Une issue inéluctable pour le club breton, dont la chute a été causée par plusieurs éléments.

Décidément, rien ne lui a été épargné. Obligé de s'imposer à Rennes pour espérer rester en vie dans ce championnat, Guingamp a obtenu un penalty dans le temps additionnel alors que les deux équipes étaient à égalité (1-1). Une balle de match - une balle de l'espoir surtout - gâchée par Marcus Thuram. Pas très bien ajustée, la tentative de l'ancien Sochalien a été repoussée par Tomas Koubek, qui a du même coup enfoncé le dernier clou du cercueil guingampais. Car c'est désormais officiel : après six saisons consécutives parmi l'élite, l'En Avant évoluera bien en Ligue 2 la saison prochaine. Plusieurs facteurs ont conduit à cette chute somme toute inéluctable.


Défaillances individuelles et lacunes collectives
Sans avoir été totalement pillé, Guingamp a quand même vu quelques atouts majeurs s'en aller durant l'intersaison. Clément Grenier (qui était prêté par Lyon), Jimmy Briand, Yannis Salibur ou encore Moustapha Diallo ont quitté le navire breton, qui a notamment accueilli Nolan Roux et Ronny Rodelin pour renforcer son secteur offensif. Deux attaquants habitués aux joutes de la Ligue 1, mais qui n'ont absolument pas brillé au cours de cet exercice (deux buts pour l'ancien Brestois, aucun pour l'ex-Caennais). Derrière aussi, les carences individuelles ont coûté cher, à l'image des boulettes récurrentes de Karl-Johan Johnsson. L'EAG a donc dû composer avec la pire défense (64 buts encaissés) et la pire attaque du championnat (25 buts marqués). Des chiffres sans appel qui illustrent on ne peut mieux les faiblesses criantes du collectif costarmoricain.


Gourvennec, vraiment l'homme de la situation ?
Antoine Kombouaré a été démis de ses fonctions début novembre, deux jours après une humiliante défaite à Nantes (5-0). Cela n'a pas surpris grand monde, tant les Guingampais peinaient à retrouver des couleurs après une entame d'exercice catastrophique (six défaites après les six premières journées). Pour remplacer le technicien kanak, les dirigeants des Rouge et Noir ont jeté leur dévolu sur Jocelyn Gourvennec. Très apprécié au sein du club (où il avait officié de 2010 à 2016), l'ancien coach bordelais présentait l'avantage de bien connaître la maison. Mais était-il vraiment l'homme de la situation ? Le natif de Brest est surtout connu pour sa faculté à construire sur le long terme, alors que les Bretons auraient sans doute davantage eu besoin d'un meneur d'hommes, doté d'une expérience dans les missions de sauvetage. Avec son nouvel entraîneur, Guingamp n'a d'ailleurs engrangé que 0,8 point par match. Bien loin, donc, d'un redressement spectaculaire.


Ndong, Djilobodji... Les recrues hivernales n'ont rien apporté
Lanterne rouge avec seulement onze points à la trêve, le club du président Bertrand Desplat était mal embarqué, mais pas encore irrémédiablement décroché. Afin de corriger le tir, les dirigeants guingampais ont été particulièrement actifs durant le Mercato hivernal. Problème : aucune de ces recrues n'a donné satisfaction. Alexandre Mendy et Mehdi Merghem n'ont pas donné un nouvel élan au secteur offensif, Papy Djilobodji et Johan Larsson étaient trop justes pour s'imposer dans une défense pourtant loin d'être impériale et Didier Ndong a multiplié les prestations sans relief au milieu. L'En Avant espérait attirer un joueur capable d'apporter une réelle plus-value. Raté.


La finale perdue, le coup de grâce
Dans le dur du début à la fin de l'exercice (31 journées terminées à la dernière place du classement), Guingamp s'est offert une bouffée d'oxygène salutaire en Coupe de la Ligue. Etienne Didot et ses coéquipiers ont fait tomber Angers, Nice et Monaco, ainsi que le PSG au Parc des Princes, ce qui constituait un authentique exploit. Opposés à Strasbourg en finale, les Costarmoricains disposaient d'une occasion en or d'enrichir leur palmarès, mais aussi d'enclencher une dynamique positive en vue du sprint en championnat. Sauf que les Alsaciens ont eu le dernier mot (0-0, 4-1 TAB). Avant ce rendez-vous, l'EAG avait remporté une rencontre cruciale contre Dijon (1-0). Après cet échec, il a clairement accusé le coup (aucune victoire sur les sept dernières journées). Jusqu'à la sentence, inéluctable, qui est tombée ce dimanche.

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