CAN 2019 : Les gros gèrent, les petits résistent, la RDC sombre... Un premier bilan

CAN 2019 : Les gros gèrent, les petits résistent, la RDC sombre... Un premier bilan©Media365
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Patrick Juillard, publié le mercredi 26 juin 2019 à 11h40

Après la première journée de la CAN 2019, sonne l'heure d'un premier bilan. Les favoris sont dans l'ensemble au rendez-vous, tandis que les petits font mieux que résister.

Des favoris qui font le boulot, sans toujours convaincre

Tous n'ont pas convaincu dans le jeu, mais les favoris de cette CAN 2019 ont tous remporté leur premier match. Ce fut pas simple pour l'Egypte, qui ne l'emporta que par la plus courte des marges face au Zimbabwe sur une inspiration de Trezeguet (1-0), ou pour le Maroc, qui buta jusqu'en toute fin de match sur une Namibie bien regroupée, avant de trouver la faille avec la complicité involontaire d'un Brave Warrior. Le Nigeria mit aussi plus d'une heure pour venir à bout d'une rigoureuse équipe burundaise (1-0). Même schéma pour la Côte d'Ivoire, qui prit le dessus sans trembler ni briller sur l'Afrique du Sud grâce au tenace Jonathan Kodjia. Quant au Cameroun, les tenants du trophée mirent une mi-temps à prendre le dessus, en puissance, sur des Bissau-Guinéens bien regroupés (2-0). L'affaire fut pliée en trois minutes grâce à deux buts en rafale, signés Yaya Banana et Stéphane Bahoken. Non, on a beau chercher, seuls deux des grosses cylindrées continentales ont vraiment fait bonne impression lors de la première journée : le Sénégal, qui n'a fait qu'une bouchée de la Tanzanie (2-0) et aurait pu lui coller une vraie correction sans la maladresse de Mbaye Niang, son avant-centre du jour, et l'Algérie, qui a imposé son jeu avec brio au Kenya (2-0). La rencontre entre les deux équipes, logées toutes deux dans le groupe C, promet d'être un des sommets de la 2eme journée.

Ibrahim Amada (Madagascar)

Des petits sans complexes

L'élargissement du plateau à 24 équipes permet à trois équipes de disputer leur première phase finale de Coupe d'Afrique. Des prestations de ces trois "bleus", on retient la hardiesse de Madagascar qui crut de longues minutes avoir renversé la Guinée avant que le Syli n'égalise et arrache un point (2-2). Face à un Nigeria longtemps paru en manque de créativité, le Burundi fit mieux que se défendre et se procura les meilleures occasions, sans parvenir à concrétiser. Le but du rentrant Odion Ighalo (77eme), consécutif à l'une des rares inspirations des Super Eagles, eut des allures de douche froide. La Mauritanie, dépassée par l'enjeu et le rythme du match, céda en revanche dans les grandes largeurs face au Mali (4-1) après une entame prudente. A l'image du Burundi face au Nigeria, le Zimbabwe n'a pas à rougir de sa défaite (1-0) face à l'Egypte lors du match d'ouverture. Les Warriors auraient même pu espérer mieux s'ils n'avaient pas manqué de précision et de clairvoyance dans les trente derniers mètres, abusant parfois de frappes (très) lointaines. D'autres guerriers, les Brave Warriors de Namibie, furent tous proches de contraindre le Maroc au nul. Ce que le Bénin réussit à faire au cours d'un match à rebondissements face au Ghana (2-2). Seuls la Mauritanie et la Tanzanie furent nettement en dessous du niveau des autres. Qu'en sera-t-il par la suite ? On guettera cet aspect des choses avec intérêt, car les premières journées sont souvent les plus favorables aux "petites" équipes.

Christian Luyindama (RD Congo), Patrick Kaddu (Ouganda)

Un petit flop et un gros...

Certaines des grosses écuries n'ont pas brillé lors de la première journée, en particulier celles qui jouaient dans l'après-midi, quand le mercure peut friser les 40 degrés, mais toutes se sont imposées. Pas le Ghana, certes, mais le match nul des Black Stars face au Bénin (2-2) n'eut rien de désespérant dans le contenu. Tenue en échec par l'Angola (1-1) après avoir longtemps mené au score, la Tunisie peut en revanche s'en vouloir. Et son sélectionneur avec. Beaucoup des choix faits par Alain Giresse pour ce premier match interpellent, et notamment les positionnements de certains joueurs, titularisés parfois à des postes non préférentiels (Bedoui, Kechrida, etc.). Pourquoi avoir adopté une tactique aussi prudente (et diffusé un message de peur à l'adversaire) alors que les résultats récents auraient dû permettre de présenter une équipe plus conquérante ? Meilleures au fur et à mesure que la partie avançait, les Palancas Negras ont fini par en profiter logiquement. Les coéquipiers de Wahbi Khazri devront se reprendre contre le Mali, ce qui ne s'annonce pas évident. Mais il y a bien pire : la RD Congo. Surclassés par l'Ouganda au terme d'une prestation pathétique, les Léopards n'ont strictement rien montré pour leur entrée en lice, samedi dans la fournaise cairote. Dépourvus de toute ligne directrice tactique, totalement apathiques physiquement, sans mental ni esprit de révolte, les hommes de Florent Ibenge ont rendu une copie catastrophique. Une urgente remise en question s'impose pour les joueurs et pour leur staff, car l'Egypte pointe ce mercredi le bout de son nez...

A jamais les premiers...

Premier but : Trezeguet (Egypte)
Premier CSC : Itamunua Keimuine (Namibie)
Premier penalty inscrit : François Kamano (Guinée)
Premier carton rouge : John Boye (Ghana)
Premier doublé : Mickaël Poté (Bénin)

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