CAN 2019 - Eliminatoires : Les tops et les flops (J1)

CAN 2019 - Eliminatoires : Les tops et les flops (J1)©Media365
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Patrick Juillard, publié le lundi 12 juin 2017 à 16h15

Retrouvez après chaque journée des poules éliminatoires de la CAN 2019 le bilan individuel et collectif, avec les tops et les flops, sélectionnés par Football365 Afrique.

LES TOPS...

Naby Keita
Le public de Bouaké attendait ses Eléphants, et peu à peu il vit surtout Naby Keita. Le maître à jouer du Syli national a été le grand bonhomme de la victoire surprise de son équipe au stade de la Paix. A l'origine du premier but (Sadio Diallo reprenant sa frappe repoussée par Gbohouo), le joueur du RB Leipzig se démultiplia ensuite dans l'entrejeu, orchestrant une manoeuvre de plus en plus menaçante pour les coéquipiers de Jean-Michaël Seri. Et ce qui pendait au nez des Ivoiriens se produisit : intenable, "Deco" Keita prenait de vitesse l'apathique défense de la Selefanto pour venir marquer lui-même le but de la victoire. Décisif de bout en bout, comme le grand joueur qu'il est devenu.

Youssef Msakni
La cause est entendue depuis longtemps chez les suiveurs et observateurs attentifs de la chose footballistique africaine : Youssef Msakni est l'un des joueurs les plus talentueux de sa génération. La rencontre face à l'Egypte, dimanche à Radès, en a apporté une nouvelle preuve. D'une ouverture délivrée dans le tempo parfait, l'ancien joueur de l'Espérance de Tunis a envoyé au but Taha Yassine Khenissi. Une offrande pour laquelle l'expression « donner un caviar » semble avoir été inventée. Et un but capital qui débloque une rencontre jusqu'alors cadenassée. Si seulement il pouvait pousser les clubs européens à s'intéresser à Youssef Msakni.

Les Bafana Bafana et le collectif sud-africain
Autre technicien à déjà avoir séduit un club européen, en l'occurrence Montpellier, Keagan Dolly s'est rappelé aux bons souvenirs du public sud-africain en délivrant une ouverture millimétrée pour Percy Tau, qui réussissait le but du break au Nigeria (score final 0-2). Une victoire qui n'avait rien d'un hold-up, tant les Bafana Bafana avaient pris l'ascendant technique et tactique sur des Super Eagles bien déplumés. De quoi assurer des débuts parfaits au nouveau sélectionneur Stuart Baxter, qui aura tout loisir de faire des essais lors de l'amical face à la Zambie, mardi à Rustenburg.

Stéphane Sessegnon
Dans un stade de l'Amitié de Cotonou plein comme un œuf, les Ecureuils du Bénin ont finalement empoché les trois points de la partie face aux Scorpions de Gambie. Un collectif a fonctionné mais le but a été l'œuvre d'un homme qui, en tant que cador de l'équipe nationale, a joué sa partition. Stéphane Sessegnon, sociétaire de Montpellier et capitaine, a pris ses responsabilités, inscrivant d'une frappe de plus de 20 mètres le but qui sera l'unique de cet après-midi. Cette réalisation porte désormais son compteur de buts à 19 en sélection et il n'est qu'à une unité d'égaler Razak Omotoyossi (20 buts). En conférence de presse, l'ancien Parisien a dit avoir dédié ce but à un ami, un frère qui malheureusement a rendu les armes, Cheik Tioté, l'international ivoirien décédé dans la semaine. Un hommage rendu de la plus belle des façons, même si cela lui a valu un carton jaune, pour maillot ôté afin de dévoiler un message à Tioté scanné sur son tee-shirt. On ne badine pas avec le règlement. (Correspondance : Gilles Biguezoton)

Et aussi... Knowledge Musona (Zimbabwe), pour son triplé, Faneva Andriatsima (Madagascar), Moussa Sow (Sénégal), Cédric Bakambu (RD Congo) et Aristide Bancé (Burkina Faso), pour leurs doublés, voire Sofiane Hanni (Algérie) pour son lob victorieux : ces joueurs se sont comme à leur habitude comportés en hommes forts au moment de faire la décision pour leurs équipes respectives. Nous ne pouvions le passer sous silence.

... ET LES FLOPS

Une Egypte indigne de son rang
La CAN 2017 n'avait échappé à l'Egypte que dans les dernières minutes de la finale. Durant l'épreuve, les Pharaons avaient épuisé leurs adversaires avec leur défense infranchissable, avant de les piquer mortellement les uns après les autres grâce à l'opportunisme de leurs attaquants. Pas un football offensif léché comme au temps de l'équipe d'Abouterika, mais un compromis presque parfait entre rigueur et efficacité. De ces vertus, on n'a pas vu grand chose dimanche sur la pelouse de Radès. Beaucoup moins agressifs défensivement, quasi-inexistants offensivement, les hommes d'Hector Cuper ont logiquement subi la loi de Tunisiens plus mordants, à l'image d'Ali Maaloul, l'Ahlawy déchaîné dans son couloir.

La Côte d'Ivoire de Wilmots s'enfonce encore
Deux matchs, deux défaites dont une à domicile, huit buts encaissés : les débuts de Marc Wilmots sur le banc de la Côte d'Ivoire ont des allures d'accident industriel. Recruté à prix d'or, le technicien belge souhaitait d'entrée marquer son mandat par des choix forts. Ce fut le cas, mais aucune de ces décisions n'a produit les effets attendus. La mise à l'écart de Geoffrey Serey Dié, qui n'avait jamais démérité sous la tunique nationale, comme le retrait du brassard à Gervinho, joueur offensif généralement le plus performant de l'équipe, ont été mal expliqués ou mal compris, sans doute un peu des deux. S'est ajouté à ces polémiques celle concernant les renforts de plusieurs binationaux, sur lesquels la Fédération avait il est vrai abondamment communiqué, au risque de réveiller un débat pas forcément pertinent entre locaux et joueurs nés en Europe.

Le Cap-Vert n'y arrive plus
Après la CAN 2013, durant laquelle le petit archipel avait atteint les quarts de finale, beaucoup avaient fait du Cap-Vert une puissance émergente du football continental. Mais voilà, les Requins Bleus ne cessent depuis de décevoir. Eliminés dès le premier tour de l'édition 2015, les coéquipiers de Zé Luis ont échoué à se qualifier pour celle de 2017. Samedi, ils ont failli profiter de la mauvaise organisation de leur adversaire ougandais, dont une douzaine de joueurs était arrivée en retard à Praia. Le match se joua finalement le lendemain, et le Cap-Vert le perdit, dans les dernières minutes, contre un adversaire pourtant pas épargné par les galères.

Il y a toujours des petites équipes
Loin de nous l'idée de tirer sur des ambulances, mais tout de même : les Seychelles, écrasées par la Libye (5-1), et le Soudan du Sud, balayé au Burundi (3-0), s'apprêtent à distribuer les points dans leurs poules respectives. Quant à la Guinée équatoriale, dispersée par le Sénégal (3-0), et au Liberia, apparu très faible au Zimbabwe (3-0), on ne jugerait pas qu'ils ne fassent pas partie de ce club des losers...

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