Benlamri, Bennacer, Belaïli, Bounedjah... Les quatre " B " de Belmadi

Benlamri, Bennacer, Belaïli, Bounedjah... Les quatre " B "  de Belmadi©Media365

Patrick Juillard, publié le samedi 20 juillet 2019 à 16h50

Depuis son arrivée au poste de sélectionneur de l'Algérie l'an passé, Djamel Belmadi s'est employé à redonner âme et cohérence à l'équipe nationale. Une vision claire, qui passe par quelques choix forts.

Djamel Benlamri, le guerrier

Djamel Benlamri, Djamel Belmadi. Cela sonne presque pareil. Et ce n'est pas totalement fortuit. Si on devait citer un joueur symbole des choix faits par le sélectionneur de l'Algérie, c'est certainement ce solide défenseur de 29 ans que l'on choisirait. En faisant appel au joueur d'Al-Shabab Riyad en novembre dernier, le coach a su faire jouer la corde revancharde d'un joueur qui avait disparu des radars de l'équipe nationale depuis près d'une décennie, après un début de carrière prometteur au NA Hussein Dey et des sélections dans les catégories de jeunes. Intraitable dans les duels, toujours prêt à payer de sa personne, l'Algérois de naissance s'est avéré le complément idéal à Aïssa Mandi, davantage dans l'anticipation. Joueur de la JS Kabylie au moment de la mort tragique d'Albert Ebossé, en conflit par la suite avec le président de l'ES Sétif, où il s'engagea ensuite, Djamel Benlamri avait même, nous rappelle Compétition, songé à arrêter sa carrière de footballeur. Cela valait la peine de persévérer.

Ismaël Bennacer, le régulateur

Présent dans les 23 lors de la CAN 2017, Ismaël Bennacer s'était contenté de miettes. Deux ans et demi plus tard, le milieu de terrain a pris une importance nouvelle. Djamel Belmadi lui a fait de la place, en se passant de Saphir Taïder et de Nabil Bentaleb, jadis incontournables. Comme à Empoli où il vient de réussir un exercice 2018-2019 de grande qualité dans l'élite transalpine, le natif d'Arles a parfaitement rempli le cahier des charges qui était le sien : couper les transmissions adverses et bonifier les ballons récupérés grâce à sa vision du jeu. Et ce joueur éminemment collectif a le plaisir de collectionner les récompenses individuelles. Déjà élu joueur de la saison par le club toscan, le voilà désigné joueur du premier tour puis meilleur joueur de la CAN 2019. L'intéressé est aujourd'hui tout proche du Milan AC. Une montée en gamme logique pour celui qu'Arsenal alla chercher alors qu'il évoluait à Arles-Avignon, en Ligue 2. La recrue y impressionnera dans les équipes de jeunes, avant de partir en prêt à Tours. La suite, Ismaël Bennacer est en train de l'écrire.

Youcef Belaïli, le détonateur

Lui aussi revient de loin, lui aussi a apporté à l'Algérie sa soif de revanche et son désir de rattraper le temps perdu. Pensez : en septembre 2015, contrôlé positif à la cocaïne après une rencontre de Ligue des Champions, Youcef Belaïli est suspendu pour une durée de quatre ans. Réduite ensuite à deux ans, la sanction aurait pu mettre un terme à sa carrière. Angers fait le pari de relancer, mais le natif d'Oran ne parviendra jamais à se faire à cet environnement nouveau pour lui. Et c'est à l'Espérance de Tunis, l'un de ses anciens clubs, qu'il va renaître au football. Un an plus tard, Youcef Belaïli vient de disputer sa quatrième finale continentale : deux de Ligue des Champions, une de Supercoupe de la CAF et donc la finale de la CAN de vendredi soir face au Sénégal. Décisif dans chacune des trois précédentes, l'homme aux 11 sélections ne l'a pas été face au Sénégal, mais plus personne en Algérie ne réclame Yacine Brahimi à sa place. C'est aussi cela, la victoire de Djamel Belmadi.

Baghdad Bounedjah, l'artificier

En ouvrant le score face au Sénégal avec la complicité involontaire de Salif Sané, Baghdad Bounedjah a inscrit son douzième but en 29 sélections. Le plus important et le plus mémorable pour un joueur qui les empile avec régularité au Qatar. La fin heureuse d'une compétition qui lui avait aussi fait traverser des moments de détresse et de doute, quand il rata un penalty en forme de balle de break face à la Côte d'Ivoire, en quarts de finale. Redoutablement efficace, l'Oranais et aussi apprécié pour sa capacité à jouer en déviation par son sélectionneur, qui l'installa comme titulaire à la place d'Islam Slimani. « Vous ne le savez peut-être pas, mais je vis à Doha avec Djamel (Belmadi) et Baghdad (Bounedjah). Pour moi, Baghdad est l'un des meilleurs attaquants africains », avait même complimenté Samuel Eto'o au début du tournoi. Depuis son arrivée à Al-Sadd en 2015, Baghdad Bounedjah explose tous les compteurs. Sur l'ensemble de l'année 2018, il a par exemple inscrit la bagatelle de 58 buts, dont sept contre Al-Arabi dans le même match, en août dernier.

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