Un club de football colombien accusé de sexisme

Un club de football colombien accusé de sexisme©Media365

Dimitri Ferrero, publié le vendredi 10 avril 2020 à 14h40

Alors que tous les joueurs d'Independiente Santa Fe recevront 50% de leurs salaires pendant l'arrêt du championnat colombien, les salaires de l'équipe féminine sont quant à eux, suspendus. Une décision qui ne passe pas en Colombie.

Le club de football colombien d'Independiente Santa Fe a été critiqué pour avoir suspendu les contrats de son équipe féminine, tout en conservant ceux des équipes masculines. La Liga Águila Femenina, la première division de football féminin du pays, devait commencer en avril, mais a été suspendue à la suite de la pandémie de coronavirus, tandis que la compétition masculine a également été suspendue. Alors que le club a promis que les joueurs et les joueuses recevraient 50% de leur salaire, le fait que les contrats des femmes aient été suspendus pourrait les placer dans une position plus vulnérable avec moins de droits. Une situation que l'Association colombienne des footballeurs professionnels (Acolfutpro) juge « discriminatoire ». « Cette décision viole les conditions (de travail) des footballeuses, qui doivent être respectées et bénéficier des mêmes droits que les footballeurs», a déclaré Acolfutpro.

Le gouvernement colombien se mêle au débat

Le président du club, Luis Eduardo Méndez, a défendu la décision, affirmant que « l'accord mutuel » avait été conclu avec les joueuses, et qu'elles continueraient à percevoir 50% de leur salaire, comme les hommes, ainsi que les frais de sécurité sociale. Cependant, l'affaire ne semble pas s'arrêter là et le gouvernement colombien a tenu à réagir. La vice-présidente colombienne Marta Lucía Ramírez est intervenue mardi et, dans une lettre adressée à Eduardo Mendez, a déclaré qu'elle « rejetait » la décision et avait porté la question à l'attention des ministres de l'Emploi et des Sports. « Des décisions inégales ont été prises en ce qui concerne les relations de travail des joueurs masculins et féminins, en les maintenant et en les suspendant respectivement, générant un traitement arbitraire et discriminatoire des joueurs sans justification apparente », a-t-elle écrit. « En tant que vice-présidente, en tant que Colombienne, mais surtout en tant que femme, je ne peux ignorer ce fait et j'exprime tout mon soutien et ma solidarité aux joueurs d'Independiente Santa Fe » a conclu la vice-présidente colombienne.

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