Qualifs CDM 2018 (Zone Afrique) : Les tops et les flops (J3)

Qualifs CDM 2018 (Zone Afrique) : Les tops et les flops (J3)©Media365
A lire aussi

Patrick Juillard, publié le dimanche 03 septembre 2017 à 13h55

Retrouvez après chaque journée des poules éliminatoires de la Coupe du Monde 2018 en zone Afrique le bilan individuel et collectif, avec les tops et les flops, sélectionnés par l'équipe de Football365 Afrique.

LES TOPS...

Les retours gagnants : John Obi Mikel & Odion Ighalo, Hakim Ziyech, Max-Alain Gradel
Près d'un an après la précédente, cette 3eme journée des éliminatoires a été marquée par plusieurs retours de cadres absents ces derniers mois. Beaucoup furent gagnants voire déterminants. Si le Nigeria a déroulé devant un triste Cameroun (4-0), c'est en grande partie grâce à ses « Chinois », Odion Ighalo et John Obi Mikel. L'attaquant a ouvert le score, le milieu de terrain et capitaine a ensuite doublé la mise avant de se muer en passeur décisif pour son ex-coéquipier de Chelsea, Victor Moses. « Nous sommes heureux de retrouver notre leader. Sa présence seule est un coup de pouce important pour l'équipe et une motivation supplémentaire », avait déclaré avant la rencontre Moses Simon, l'ailier de La Gantoise. Les faits lui ont donné raison au centuple. Que dire également du retour d'Hakim Ziyech dans les rangs du Maroc, face au Mali (6-0) ? Avec le maître à jouer de l'Ajax Amsterdam, le football des Lions de l'Atlas se pare de couleurs inédites, le collectif cohérent d'Hervé Renard se trouve transcendé par un élément de classe mondiale. Cela valait bien une réconciliation très médiatique. Impliqué sur les quatre premiers buts, le petit Mozart a donné une nouvelle ampleur au rêve mondialiste de tout un peuple. Pour qu'il se réalise, il faudra confirmer à Bamako, avant de jouer, sans doute, la qualification sur un match à Abidjan, face à une Côte d'Ivoire renaissante. A Libreville, les Eléphants sont apparus transfigurés après un premier semestre catastrophique. Là encore, c'est un revenant qui a sonné la charge. Très en jambes, Max-Alain Gradel a donné le tournis à Bruno Ecuele Manga avant d'ouvrir le score face à un Gabon réduit à (mal) défendre. Et pourtant, au mois d'août le néo-Toulousain se disait encore réservé sur un retour en équipe nationale. « J'ai parlé avec lui en lui disant que le passé c'était passé et qu'aujourd'hui il y avait de nouveaux défis. J'ai senti une grosse envie de Max de défendre les couleurs du pays quelque chose qui lui tient vraiment à cœur », a précisé Marc Wilmots à Sport-Ivoire. Critiqué pour ses mauvais choix, le technicien belge doit aussi être salué pour ses bonnes décisions.

Ouganda, un succès historique et porteur de rêve
Après avoir cet hiver retrouvé une phase finale de Coupe d'Afrique, qu'ils n'avaient plus disputée depuis 39 ans, l'Ouganda va-t-il réussir un autre exploit, inédit celui-là, en se qualifiant pour la prochaine Coupe du Monde ? Le rêve est permis ! Les Cranes n'ont-ils pas remporté jeudi (1-0) sur la colline de Namboole leur première victoire sur l'Egypte depuis 52 ans et un succès lors d'un match amical (5-1, en 1965) ? Avec sept points en trois matchs, les coéquipiers de Denis Onyango ne devront pas faire la moindre erreur face à des Pharaons touchés dans leur orgueil. Pas simple mais pas impossible.

Tunisie, le sans-faute continue...
Neuf points sur neuf possibles : la Tunisie est pour l'heure la seule équipe à avoir réussi un sans-faute dans ces éliminatoires. Vendredi à Radès, les Aigles de Carthage ont infligé leur première défaite aux Léopards de RD Congo (2-1). Rapidement devant au tableau d'affichage, les hommes de Nabil Maaloul ont comme souvent trop remis leur adversaire en confiance en jouant à l'économie. Leur réaction après l'égalisation coup du sort de Cédric Bakambu fut heureusement rapide et efficace, à l'image d'un jeu offensif bien huilé même si parfois trop parcimonieux. Après 1978, 1998, 2002 et 2006, la Tunisie pourra entrevoir Russie 2018 si elle revient avec au moins un point de Kinshasa.

... ET LES FLOPS

Algérie, les mêmes causes produisent les mêmes effets
Lusaka, après Dar-es-Salam, Bangui ou Addis-Abeba. Samedi après-midi, l'Algérie s'est inclinée le plus logiquement du monde face à une excellente équipe de Zambie (3-1), enrichie de ses meilleurs champions d'Afrique U20. Qu'a-t-on vu sur le terrain ? Un onze coupé en deux par un replacement déficient, un entrejeu défensif livré à lui-même et une défense souvent de guingois. Ni les changements de sélectionneur (Gourcuff, puis Rajevac, puis Leekens, maintenant Alcaraz), ni les éclairs de talent sporadiques (samedi de Yacine Brahimi) n'y changeront rien : gagner en déplacement suppose des vertus collectives dont les Fennecs, encore capables de faire illusion à domicile en jouant très haut, sont depuis longtemps dépourvus quand il doivent davantage subir. Dure leçon.

Gabon, la tête ailleurs
Une victoire du Gabon sur la Côte d'Ivoire aurait permis aux hôtes de revenir à hauteur du Maroc et de mettre leur adversaire du jour en difficulté dans ce groupe assez dense. Voilà pour la théorie. La pratique a vite montré qu'une équipe aussi défaillante n'avait rien à espérer. Déjà privées de leur fer de lance Pierre-Emerick Aubameyang, non retenu, les Panthères ont dû faire sans leur meilleur récupérateur, Didier Ndong, mécontent d'avoir été privé du brassard de capitaine sans avoir été consulté et sur intervention ministérielle. Le porteur dudit morceau de tissu, un Bruno Ecuele Manga bien loin de son niveau passé, a lui bu la tasse toute la partie sur les coups de boutoir de Gervinho et Gradel. Comme en 2009, le Gabon aura abdiqué ses chances de qualification pour le Mondial dans un contexte de désordres internes et de dissensions post-électorales dans le pays. Un authentique gâchis pour une nation qui n'a jamais eu autant de joueurs de talent que dans ces années 2010.

Sénégal et Afrique du Sud, une course de lenteur
S'il est un pays qui ne manque pas de potentiel, c'est bien le Sénégal. Et pourtant, que ces Lions-là furent laborieux chez eux face au Burkina Faso (0-0). Par chance, ils ne sont pas les seuls dans leur poule à décevoir, sinon désespérer, leurs supporters. Que dire de l'Afrique du Sud, qui perd au Cap-Vert après avoir pourtant fait le plus difficile, à savoir ouvrir la marque à l'extérieur ? Une véritable course de lenteur est engagée entre ces deux anciens Mondialistes. Résultat : les quatre équipes de ce groupe D se tiennent en deux points, avec pour l'heure un avantage à la plus régulière et convaincante d'entre elles : les Etalons du Burkina Faso.

Vous êtes responsable des propos que vous publiez.
Merci de respecter nos CGU