Ligue des Nations : Les Bleus remettent 4-2 à la Croatie

Ligue des Nations : Les Bleus remettent 4-2 à la Croatie©Media365
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Rédaction , publié le mardi 08 septembre 2020 à 22h55

Ça devient une habitude : la France a encore battu la Croatie 4-2 mardi, un peu plus de deux ans après la finale de Coupe du Monde.



Les France-Croatie sont décidément de drôles de batailles, où quelques moments de folie prennent souvent le pas sur l'analyse pure. Allez donc demander aux Croates comment pouvaient-ils être menés à la mi-temps de ce soir d'été, à Moscou, il y a deux ans. Et bien les Bleus ont refait le coup. Articulés dans ce 3-5-2 dont ils ne maîtrisent pas les rouages, les hommes de Didier Deschamps se sont faits trimballer par collectif plus huilé, plus tranchant et même plus équilibré - un point si cher au sélectionneur. Pendant presque tout le premier acte, le match se déroulait comme la Croatie l'avait décidé. Non pas que les Bleus n'aient pas le ballon - ils en ont l'habitude et ils le choisissent, souvent - mais cette fois-ci, ils ont subi. Pourtant, à la fin, ce sont eux qui ont le dernier mot, encore une fois.

Un premier acte complètement à l'envers

Ce match a donc plongé l'équipe de France dans un brouillard dont elle n'est parvenue à s'extirper que par à-coups, sans structure forte. La sanction ne s'est pas faite attendre longtemps. Dès le quart d'heure de jeu, l'ancien Lyonnais Dejan Lovren débloquait la situation d'un tir croisé de renard des surface (0-1, 17e). L'équipe au damier s'est alors attelée à tenir le ballon sans grande opposition, en quadrillant bien le terrain. Les Bleus, eux, ne s'économisaient pas, mais ils dégageaient cette sensation d'impuissance matérialisées par ses innombrables courses dans le vide dans les phases sans ballon. Dans ce marasme collectif, il fallait un guide. Qui d'autre qu'Antoine Griezmann pouvait endosser ce rôle ?

Griezmann a donné une réponse

Le Barcelonais a beau traverser l'une des phases les délicates de son immense carrière, il n'en demeure pas moins le patron des Bleus. Son statut, ses péripéties actuelles et son rôle si stratégique le plaçaient au centre du jeu, qui plus est en l'absence de Kylian Mbappé. Alors le Macônnais a donné une réponse. C'est lui qui a sonné la révolte en domptant un parpaing d'un délice de contrôle en porte-manteau avant de distiller un centre rasant dégagé in extremis (22e). Cette action simple a rappelé le joueur qu'il doit toujours être. Dix minutes plus tard, servi par Martial, Griezmann a vu sa frappe croisée détournée par Livakovic, un peu à la manière de Neuer face à Neymar il y a trois semaines (33e). Les Bleus ne maîtrisaient pas tout, loin de là, mais les fulgurances de leur leader technique les ont remis à l'endroit.

Encore fallait-il les matérialiser. Cela s'est passé en deux temps, trois mouvements. Sur la plus belle combinaison du match, Mendy, Martial puis Ben Yedder ont enfin percé le bloc croate pour servir un Griezmann à l'affût, qui a égalisé sur un tacle rageur (1-1, 43e). Dans la foulée, c'est Anthony Martial qui a poussé Livakovic à la faute en reprenant de façon peu orthodoxe un centre plein d'abnégation de Ben Yedder (2-1, 45e+1). Comme au stade Loujniki le 15 juillet 2018, on aurait aimé être une petite souris pour entendre les leviers utilisés par Didier Deschamps après cette mi-temps si paradoxale.

Comme un air de déjà-vu...

Les acteurs croates présents ont dû y penser, eux aussi. Et c'est certainement pour cela qu'ils sont revenus remontés comme des pendules au retour des vestiaires. Les Bleus ont alors concédé un nouveau temps faible, un vrai. Comme pour mettre une loupe sur leur manque d'agressivité, Josip Brekalo, entré en jeu, s'est joué de toute l'arrière-garde français en enrhumant Mendy, Upamecano et Lenglet avant de tromper Lloris en solitaire (2-2, 55e). Mais il était écrit que les Bleus réagiraient une nouvelle fois contre le cours du jeu. Sur un corner bien botté, Antoine Griezmann a offert à Dayot Upamecano le premier but de sa jeune carrière internationale (3-2, 65e). Parce qu'il atténue les difficultés liées à son apprentissage, ce but agira peut-être comme un déclic pour le défenseur de Leipzig, petit nouveau dans ce monde.

Eduardo Camavinga en est un, aussi, et son entrée en jeu pour la dernière demi-heure a été l'autre événement de la soirée. Le Rennais est devenu le plus jeune Français de l'après-guerre à porter le maillot bleu, à 17 ans et 128 jours. Cela ne peut pas être un hasard. Pas plus que ses premières prises de balle, pleine d'assurance et de sérénité. Tout de suite à son aise dans ce grand bain, le prodige s'est d'ailleurs signalé sur une frappe sèche du gauche qui dit tout de son aplomb (71e), mais c'est surtout sa présence, son placement et sa technique très propre qui ont donné un peu de liant dans le milieu des Bleus. Doucement mais sûrement, l'équipe de France avait alors repris le dessus. Il ne lui manquait qu'un petit pion pour pousser l'analogie jusqu'au bout. Il est arrivé sur un penalty qu'Antoine Griezmann a laissé à son compère Olivier Giroud (4-2, 77e). Rideau.


Cette deuxième victoire de la semaine permet à l'équipe de France de remplir sa feuille de route. Pour le reste, il y aura beaucoup de choses à oublier, et quelques promesses à retenir. L'une brille déjà un peu plus que les autres...

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