Les Brésiliennes obtiennent l'égalité salariale en sélection

Les Brésiliennes obtiennent l'égalité salariale en sélection©Media365
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Clément Pédron, publié le jeudi 03 septembre 2020 à 13h31

La Confédération brésilienne du football a décidé, mercredi, que les femmes et les hommes gagneront le même salaire (primes et indemnités journalières) en sélection. Une première sur le continent américain.

La nouvelle a dû octroyer un large sourire à Megan Rapinoe, l'atypique co-capitaine de la sélection des États-Unis. Plus bas, à plusieurs pays au Sud, que l'on pourrait comparer à l'écart de considération en matière d'égalité salariale dans le football entre les hommes et les femmes, les Brésiliennes jubilent. L'exploit n'est pas sportif, il ne résulte pas d'une performance sur le rectangle vert mais il résonne au moins autant. Il est symbolique, rageur, sur un autre terrain qui peut paraître plus difficile encore. Surtout, il est possible qu'il puisse découler sur de nouvelles mesures à des échelles inférieures ou s'exporter vers d'autres pays, à commencer par celui de l'Oncle Sam. Mercredi, Rogerio Caboclo, le président de la Confédération brésilienne du football (CBF) a annoncé que dorénavant, « les joueuses nationales brésiliennes recevront le même salaire que les joueurs masculins pour représenter leur pays. Le même montant pour les primes (Coupe du monde et JO) et les indemnités journalières sera attribué. Les mesures ont été prises depuis mars pour faire valoir l'égalité entre les sexes. » Une victoire pour Marta et ses compatriotes, qui ont gagné sept fois la Copa America féminine et qui pourront désormais obtenir les mêmes émoluments en sélection que Neymar, Firmino et autre Coutinho.

Le mouvement pourrait s'exporter

Le Brésil n'est pas le premier pays à régler cette disparité salariale, mais c'est celui qui a la plus grande histoire footballistique par rapport aux autres. D'où le retentissement qui pourrait se produire chez ses voisins, en Amérique du Nord ou encore sur le Vieux-Continent. En 2017, la Fédération de Norvège s'est lancée dans ce dossier afin de respecter, d'une part l'égalité des sexes, mais aussi et surtout la méritocratie de leurs équipes, les Norvégiennes s'étant nettement plus montrées en compétition que leurs homologues masculins. Dans la foulée, la Nouvelle-Zélande en 2018 puis l'Australie, en 2019, ont suivi ce même parcours. Lorsqu'on se penche sur ces trois pays, il n'est pas grossier de dire que ce ne sont pas des nations qui règnent sur le monde du ballon rond, ce qui rend d'autant plus louables ces actions. Megan Rapinoe, elle, n'a pas fini d'arracher les cheveux roses qui ornent sa tête. Malgré leur statut de doubles championnes du monde (2015 et 2019), les Américaines ont vu leur demande d'égalité salariale avec les hommes déboutée le 2 mai dernier à la Cour de district des États-Unis. Le juge Gary Klausner, qui a précisé que la sélection féminine avait refusé un précédant accord sur les primes, a néanmoins renvoyé un jugement ultérieur concernant l'égalité de traitement des voyages et des transports notamment. Mais la tendance n'est pas forcément à l'optimisme, alors à la lumière de l'incroyable avancée auriverde, il se murmure que Megan Rapinoe attend elle aussi, un signe du Christ Rédempteur aux États-Unis.

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