LDC - Finale (retour) : Espérance-Ahly, une seconde manche qui sent la nitroglycérine

LDC - Finale (retour) : Espérance-Ahly, une seconde manche qui sent la nitroglycérine©Media365

Patrick Juillard, publié le vendredi 09 novembre 2018 à 10h55

La finale retour de la Ligue des Champions entre l'Espérance de Tunis et Al-Ahly, vainqueur à l'aller (3-1), sent la poudre. Présentation.

Rarement ces dernières années une finale de Ligue des Champions africaine n'avait généré autant de polémiques et de tension que cette édition 2018 entre Al-Ahly, en quête de sa neuvième couronne continentale, et l'Espérance de Tunis, qui vise la passe de trois. Déjà traditionnellement tendu entre ces deux ténors du football africain, le climat s'est embrasé après la première manche, vendredi dernier à Borg El Arab. Remporté (3-1) par les Egyptiens, ce match aller avait été marqué par un arbitrage à sens unique, avec deux penaltys inexistants accordés par l'Algérien Medhi Abid Charef malgré l'appui du VAR. Ce scénario ne laisse guère de choix à Mouine Chaabani et ses hommes lors de cette manche retour, vendredi à Radès devant 50 000 spectateurs, dont 1 500 Egyptiens (le huis clos partiel qui frappait le stade a été levé) : il leur faudra mettre le Ahly sous pression d'entrée, sans laisser trop d'espaces dans leur dos, une erreur déjà commise en demi-finale face au Primeiro de Agosto. Les Sang et Or auront-ils retenu la leçon ?

La CAF marche sur des œufs


La semaine écoulée a vu les deux clubs se livrer à une guerre des communiqués, pas une journée ne passant sans que l'un ou l'autre des deux protagonistes n'apporte une nouvelle pièce à son dossier. Saisie par les deux parties (et leur Fédération respective), la Confédération africaine de football marche sur des œufs dans ce dossier. Comment ramener de l'équilibre et de la sérénité sans donner l'impression de jeter de l'huile sur le feu ? L'instance n'a pas donné satisfaction à l'Espérance de Tunis, qui réclamait la levée des suspensions de Chamseddine Dhaouadi et de Franck Kom, privés de manche retour, mais a infligé une suspension de deux matchs à Walid Azaro, filmé en train de déchirer lui-même son maillot afin d'induire l'arbitre en erreur. L'attaquant marocain fera défaut à Al-Ahly, tout comme son latéral droit Ahmed Fathi. La finale retour opposera donc deux équipes diminuées, même si les Tunisiens ont récupéré leur latéral gauche Ayman Ben Mohamed.

Les autorités tunisiennes sur les dents


Conscientes des risques de dérapage, les autorités tunisiennes sont sur les dents. "Tous les moyens humains et matériels seront déployés pour sécuriser le stade de Radès et faire réussir cette manifestation sportive", a déclaré le ministre de l'Intérieur, mercredi à l'issue d'une réunion extraordinaire consacrée au match. Le mois dernier, la demi-finale retour entre l'Espérance et Primeiro de Agosto avait été émaillée de violences. Des supporters avaient lancé des pierres sur les forces de l'ordre, ces dernières répliquant à coups de bombes lacrymogènes. 38 agents de la sécurité publique et 13 supporters avaient alors été blessés dans ces heurts. L'entraîneur d'Al-Ahly Patrice Carteron s'est étonné que le huis clos partiel frappant l'Espérance ait été levé pour ce match. De quoi tendre encore un contexte déjà rendu explosif par le scénario de la manche aller. Echaudée après celle-ci, la CAF suivra la situation de près. "Au regard des actualités : violences dans les stades, arbitre qui refuse le VAR, joueur qui déchire son maillot devant son entraîneur complice... le président a réaffirmé sa volonté de continuer à entreprendre les différentes réformes", a écrit l'instance dans un communiqué. On a connu rencontre plus simple à arbitrer...

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