Impact - Henry : " Tu dois attendre que ton téléphone sonne "

Impact - Henry : " Tu dois attendre que ton téléphone sonne "©Media365

Rédaction , publié le jeudi 23 janvier 2020 à 18h26

Thierry Henry, désormais en poste à l'Impact de Montréal en MLS, s'est longuement confié sur son nouveau métier d'entraîneur.

Cela fait un peu moins d'un an que Thierry Henry a quitté l'AS Monaco, quelques mois après son grand retour dans le club formateur de sa première vie. La cicatrice est refermée pour le champion du monde 1998, qui s'est livré sur son approche du métier d'entraîneur dans un long entretien accordé à L'Équipe. Aujourd'hui aux commandes de l'Impact de Montréal (Canada) en MLS, le technicien français continue de nourrir ses réflexions.

Henry : « Tu peux être le meilleur chef du monde, si on te met deux œufs sur la table... »

"L'entraîneur doit donner une identité, une envie à l'équipe mais comme le disait souvent Pep (Guardiola, ndlr) quand je l'avais comme coach : "Mon devoir, c'est de vous amener dans les trente derniers mètres et après, la qualité doit parler." Tu peux être le meilleur chef du monde, si on te met seulement deux œufs sur la table, tu ne vas pas faire beaucoup de trucs. Avec le meilleur coach, si les joueurs ne mettent pas de l'envie et n'amènent pas quelque chose par ailleurs, ça devient difficile", a-t-il expliqué.

Henry :« Tu prends des gifles et tu apprends »

Thierry Henry, qui assure vouloir viser les play-offs avec son équipe, insiste sur cette notion de continuité. "Quand tu es coach, il faut toujours laisser le moteur tourner, tu ne sais jamais quand tu vas devoir partir. Parce que si tu ne gagnes pas, on pourra toujours te le reprocher. Un coach est là pour rendre son équipe meilleure mais il faut avoir du temps pour pouvoir mettre quelque chose en place", a-t-il souligné, avant de revenir sur ses expériences passées, au sein du staff de la sélection belge puis, évidemment, à l'AS Monaco. "Tu arrives avec l'équipe de Belgique où il ne faut pas parler n'importe comment aux mecs. À Monaco, c'était encore un autre problème. C'est différent à chaque fois. Et si je dois coacher ailleurs, on me dira que je ne fais plus les mêmes choses. Pareil dans dix ans. C'est l'évolution. Tu prends tes gifles et tu apprends... Tu tentes des choses et tu te rends compte que, tiens, avant ça avait marché mais avec eux ça ne fonctionne pas...".

Philosophe, le manager de la franchise canadienne note également une forme de solidarité dans le contexte si rude des entraîneurs professionnels. "Quand tu es coach, tu ne peux pas pointer à Pôle emploi. Il faut attendre malheureusement que des places se libèrent. Depuis que je suis passé de l'autre côté, tu sens cette fraternité des entraîneurs. Tu n'as pas envie qu'un coach se rate, mais tu es conscient que s'il n'y en a pas un qui se rate quelque part, il n'y aura pas de job. Tu ne souhaites pas ça mais tu regardes et tu te dis : peut-être là ou là... Mais tu dois attendre que ton téléphone sonne...".

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