Ghana : Des rites de magie noire dénoncés par un ex-international

Ghana : Des rites de magie noire dénoncés par un ex-international©Media365
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Rédaction , publié le mardi 07 juillet 2020 à 12h30

L'ex-milieu du Ghana, Derek Boateng, a dénoncé des rites de magie noire qui se seraient produits chez les Black Stars.

Derek Boateng brise un tabou. L'ancien milieu de terrain des Black Stars (40 sélections) l'assure, la magie noire (ou juju) est une pratique courante au sein de l'équipe nationale du Ghana. « J'avais des coéquipiers qui recouraient au juju. Certains joueurs des Black Stars ne pouvaient parfois même pas regagner leur chambre à cause des odeurs qui s'en dégageaient », a confié l'ancien joueur du FC Cologne et de Getafe à Joy FM. « Nous sommes tous ici pour défendre le Ghana, tout devrait être fait pour que l'équipe gagne le match. On ne doit rien faire pour détruire un joueur, pour prendre sa place », a ajouté l'homme de 37 ans, pour qui certains ex-coéquipiers comptaient sur ces pratiques occultes pour être titulaire sous le maillot frappé de l'étoile noire.

Le tournant de 2013

Celui qui fit ses premiers pas en équipe nationale lors de la CAN 2002 au Mali a longtemps préféré se taire. Jusqu'à ce que les circonstances le poussent à prendre la parole. « Lors de la CAN 2013 en Afrique du Sud, beaucoup de choses avaient mal tourné pour nous, nous n'avions pas pu atteindre notre objectif. Nous avions eu une réunion avec l'entraîneur et tout le monde avait exprimé son point de vue, a raconté Derek Boateng. Mais je m'étais tu à propos des pratiques de magie noire de certains joueurs... Asamoah Gyan l'a remarqué et a demandé pourquoi je ne disais rien. Je lui ai répondu que les autres joueurs avaient déjà tout dit donc il n'y avait rien à ajouter, mais le coach a également insisté pour que je dise quelque chose, puisque je faisais partie des cadres. Alors, avant notre petite finale contre le Mali, je me suis levé et me suis adressé à l'équipe en disant que nous étions tous ici pour défendre le Ghana, mais pas pour détruire un joueur afin de prendre sa place dans le onze de départ. »

Une question de principe

Lui même chrétien, Derek Boateng en fait une question de principe. « Je prie Dieu parce que c'est ce en quoi je crois. D'autres croient aussi en autre chose. Je n'ai rien à y redire, à chacun sa foi, je ne veux changer personne. Tant que toutes les prières sont orientées vers la défense du pays et du maillot national. Donc, quand vous parlez de juju, oui, certains de mes anciens coéquipiers le pratiquaient. Je leur dis : si c'est pour le Ghana que vous le faites, faites-le, de même que si vous savez que vous devez manger une orange pour remporter une victoire, faites-le. Mais ne faites rien contre votre frère pour pouvoir devenir titulaire à sa place. » Joueur de tempérament sur le terrain, Derek Boateng était aussi un homme d'honneur.

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