FIFA - Platini, Infantino, Coupe du Monde au Qatar... Les cinq phrases à retenir de Sepp Blatter

FIFA - Platini, Infantino, Coupe du Monde au Qatar... Les cinq phrases à retenir de Sepp Blatter©Media365
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Guillaume Blanchard, publié le dimanche 11 décembre 2016 à 12h51

Presque une semaine après la confirmation de la suspension de Sepp Blatter de toute activité liée au football, l'ancien président de la FIFA s'est longuement confié sur ses années à la FIFA (1998-2015) et les déboires qui s'en sont suivis, dans un grand entretien accordé au Monde.




« Platini est dans le vrai pour le complot »


Candidat à la présidence de la FIFA pour succéder à Sepp Blatter en 2015, Michel Platini partait avec le statut de favori avant les élections, notamment grâce à son statut d'ancien président de l'UEFA. Mais l'ancienne légende du football français est stoppée nette dans son élan quand en septembre 2015, le procureur général de Suisse ouvrait une procédure pénale contre Sepp Blatter pour soupçon d'un « paiement déloyal » de 1,83 million d'euros en faveur de Platini. L'ancien milieu de terrain criait alors au complot politique, visant à l'empêcher de devenir président de la FIFA. Une version aujourd'hui confirmée par Sepp Blatter.
« Il est dans le vrai pour le complot. Mais ce n'est pas moi qui l'ai empêché. Il ne devait pas devenir président de la FIFA, car il était responsable du fait que les Américains n'aient pas eu le Mondial 2022. Mais je ne suis pas Hercule Poirot... ».


« Je savais que le Qatar allait gagner »


Bien que l'organisation du Mondial 2022 semblait promise aux Etats-Unis, celle-ci a finalement été attribuée au Qatar le 2 décembre 2010 après un vote de la FIFA. Un résultat loin d'avoir surpris Sepp Blatter : « J'ai toujours espéré qu'on arriverait à amener la Coupe du monde 2018 en Russie et celle de 2022 aux Etats-Unis. On pouvait jouer cette carte diplomatique. Pour l'attribution du Mondial 2010, il y avait eu la même chose. Jacques Chirac avait dit à Platini : « Tu ne vas pas voter pour l'Afrique du Sud, nous sommes très liés au Maroc ». .
« Michel Platini, après la réunion qu'il a eue, à Paris, avec le président Nicolas Sarkozy et l'émir actuel du Qatar [le 23 novembre 2010] m'a dit : « On m'a demandé de voter pour les intérêts français, et mon groupe ne va pas voter ce qu'on avait tacitement décidé de voter au comité exécutif . Je savais que le Qatar allait gagner avant d'ouvrir l'enveloppe. »


« C'est celui qui avait le plus d'influence qui a gagné »


Si l'attribution de la Coupe du Monde 2022 au Qatar n'était pas une surprise, elle ne devait en revanche rien au hasard, même si, selon Sepp Blatter, le Qatar n'a pas acheté le Mondial :
« J'ai toujours dit que les Coupes du monde ne sont pas attribuées grâce à des cadeaux ou des invitations faits à droite et à gauche mais suite à une influence politique. Comme pour les JO, c'est celui qui avait le plus d'influence qui a gagné. Si c'était le sponsoring qui avait eu une influence, les Etats-Unis auraient dû gagner, avec leurs grandes entreprises et les contrats de télévision. Le Qatar n'aurait eu aucune chance ».


« Infantino ? Toutes les deux semaines, il propose un autre programme »


Gianni Infantino a finalement succédé à Sepp Blatter à la tête de la FIFA le 26 février dernier. Mais les nouvelles méthodes et réformes proposées par l'Italo-suisse depuis son arrivée ne plaisent pas vraiment à son prédécesseur :
« Comment peut- on réduire de façon drastique les programmes de développement, notamment en Afrique ?  La FIFA doit développer le foot et pas seulement organiser les compétitions. Toutes les deux semaines, il propose un autre programme. Exemple avec la Coupe du monde à 40 ou 48 équipes... Le format actuel à 32 équipes, c'est une très bonne formule ».


« J'ai été trop naïf »


Les accusations de corruption de certains membres de la FIFA font partie des nombreuses raisons de la mise à l'écart de Sepp Blatter et de sa suspension par le TAS (Tribunal Arbitral du Sport) de toute activité liée au football. Le Suisse aurait volontairement détourné le regard pour conserver sa fonction mais nie aujourd'hui toute responsabilité :
« On avait commencé à faire le ménage avant 2011 et la création de la commission d'éthique indépendante, en suspendant deux membres du Comex (Comité exécutif). Pourquoi pas avant ? Comment pouvais-je savoir ? Je ne peux pas être responsable de la morale des membres du Comex. Je leur faisais confiance même s'ils ne me l'ont pas rendu. J'ai été trop naïf, indulgent ».
 
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