Euro 2020 : Le retour de Cristiano Ronaldo, problème ou solution pour le Portugal ?

Euro 2020 : Le retour de Cristiano Ronaldo, problème ou solution pour le Portugal ?©Media365
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Julien Pereira, publié le vendredi 22 mars 2019 à 09h44

Après neuf mois d'absence, Cristiano Ronaldo est de retour en sélection. C'est évidemment une excellente nouvelle pour le Portugal. Mais aussi un casse-tête pour Fernando Santos. Voici pourquoi.

Il n'a plus côtoyé sa sélection depuis le 30 juin dernier mais malgré cela, Cristiano Ronaldo sera probablement le premier des titulaires inscrits sur le tableau du vestiaire par Fernando Santos. C'est autant une conséquence logique, sur l'aspect purement sportif, qu'un privilège du joueur qu'il est et de ce qu'il représente pour le Portugal. Il s'agit, aussi, d'une bénédiction pour Fernando Santos, le sélectionneur, dont les travaux consistent à redonner de l'allant offensif à une équipe qui en a toujours manqué depuis le début de son mandat.

Avec Ronaldo, sacrifier les nouveaux acquis...

Mais le retour de CR7 est si imposant qu'il va aussi déplacer les lignes, voire les déconstruire, et ainsi amener à péremption quelques-unes des solutions apportées par l'Ingénieur durant la phase de groupes de Ligue des Nations. Et s'il insiste à dire, sans avoir tort, « qu'aucune équipe ne peut être plus forte sans Cristiano Ronaldo », celle qui affronte l'Ukraine ce vendredi soir (20h45) dans le cadre des qualifications pour l'Euro 2020 n'aura certainement plus les repères qu'elle avait trouvés lors de ses quatre rencontres face à l'Italie et la Pologne.

La question du schéma tactique est une première problématique. Elle avait déjà été rendue complexe par la mutation de la superstar lusitanienne, dont le replacement permanent vers l'axe avait conduit Fernando Santos à troquer le 4-3-3 institutionnel pour un 4-4-2 rigide. L'échec du Mondial, couplé, donc, à la mise à l'écart du capitaine, ont poussé l'entraîneur à faire machine arrière. Depuis, le Portugal n'est toujours pas devenu la machine à buts galvanisée par des éléments offensifs d'envergure européenne (André Silva) voire mondiale (Bernardo Silva) puisque parmi les quatre membres du Final Four, il est celui ayant inscrit le moins de buts (5).

... pour ouvrir de nouvelles perspectives ?

Mais il avait au moins retrouvé un certain équilibre : réinstallé en pointe, l'attaquant sévillan y avait joué un rôle de point d'appui parfois précieux, et l'ailier de Manchester City s'était enfin imposé comme un véritable leader technique. Au milieu, l'intégration de Ruben Neves dans un rôle de regista, derrière deux joueurs aussi à l'aise à la distribution qu'à la récupération (Pizzi et W.Carvalho) ressemblait à la bonne formule, qui pourrait pourtant être remaniée pour remettre Ronaldo dans les meilleures dispositions.

« Ce pourrait être un schéma hybride, entre le 4-4-2 et le 4-3-3 », a expliqué le sélectionneur, comme pour faire bonne figure. Bernardo Silva devrait donc hériter d'un rôle multi-tâches. André Silva, lui, redeviendra le faire-valoir de CR7, alors qu'il avait retrouvé une part de lumière, en son absence, en marquant contre l'Italie puis en Pologne. De quoi l'exposer : Joao Felix, dernier bijou du foot portugais, pourrait à terme faire la paire avec le quintuple Ballon d'Or, comme un passage de relais évident. Surtout que le prodige lusitanien, lui, a explosé au Benfica Lisbonne lorsque le nouvel entraîneur du SLB, Bruno Lage, l'a installé... dans un 4-4-2.

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