Et maintenant, quel avenir pour l'Allemagne ?

Et maintenant, quel avenir pour l'Allemagne ?©Media365
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Nicolas Kohlhuber, publié le dimanche 24 mars 2019 à 07h55

Après les échecs à la Coupe du Monde et en Ligue des Nations, Joachim Löw a décidé d'écarter certains cadres. Le sélectionneur allemand va désormais devoir construire une équipe sur la jeunesse mais avec quelles ambitions ?

Depuis le début de l'année 2018, l'Allemagne n'est plus le monstre qui faisait trembler la planète du football et dévorait tout sur son passage. Une élimination au premier tour de la Coupe du Monde et une relégation en Ligue des Nations sont passées par là. Si Joachim Löw est toujours en poste, certains cadres de la sélection ont quitté le navire. Jérôme Boateng, Thomas Müller et Mats Hummels y ont été contraints peu avant l'annonce de la dernière sélection, Mesut Özil pour fuir les critiques incessantes et Mario Gomez en raison de son âge. Avec le début des éliminatoires de l'Euro 2020, c'est un nouveau cycle qui s'ouvre en Allemagne.

Ennemis dans la même galère

Face aux Pays-Bas, une autre sélection obligée d'opérer un rajeunissement après les récents échecs (non-qualifications à l'Euro 2016 et au Mondial 2018), la Mannschaft serait bien inspirée de copier son voisin. Comme dans les années 1970 où les deux équipes se tiraient la bourre pour le leadership mondial, elles vont cette fois devoir le faire pour se raccrocher à un train mené à toute vitesse par la France ou l'Angleterre. Mais que peut ambitionner l'Allemagne avec ses jeunes joueurs ?

Des promesses à confirmer

Les U21 ont été champions d'Europe en 2017. Ils vont bientôt pouvoir espérer être appelés par Joachim Löw comme Max Meyer. La même année, une équipe allemande fortement rajeunie emmenée par Julian Draxler remportait la Coupe des Confédérations. Il n'y avait alors que quatre joueurs âgés de plus de 25 ans dans le groupe de 23. Niklas Süle, Amin Younes ou Leon Goretzka n'ont pas régressé depuis. Mais désormais dans les plus grands clubs allemands ou européens, ils doivent lutter pour être titulaire. Un changement de standing qui semble avoir un impact sur les performances en sélection nationale. S'ils sont toujours appelés, ils ne sont plus aussi tranchants. Et si le problème était plus haut ?

L'Allemagne, modèle dépassé ?

Car le talent est là, mais il va falloir lui laisser le temps d'éclore. La génération allemande actuelle n'est pas forcément en-dessous des précédentes. La preuve avec Joshua Kimmich, 40 sélections à 24 ans, ou Kai Havertz. Le joueur du Bayer Leverkusen est un OVNI. Élu meilleur joueur allemand de -19 ans en 2018, il compte déjà 80 matchs de Bundesliga à moins de 20 ans. Cette saison, il a été impliqué sur 14 buts. Mais pour un profil comme le sien, combien vont prendre plusieurs années avant de se révéler ? Jan-Fiete Arp, le buteur d'Hambourg n'a pas encore confirmé malgré les grands espoirs placés en lui et joue en deuxième division comme Salih Özcan, le joueur de Cologne vainqueur de la médaille Fritz-Walter juste avant Havertz. Un constat interpelle néanmoins. Lorsque l'on se penche sur le recrutement du Borussia Dortmund, club réputé pour son appétit sur le marché des jeunes joueurs, on trouve peu d'Allemands. Les plus grands espoirs qui transitent par le Signal Iduna Park sont français, danois, suédois ou anglais. Que fait la cellule de détection du club de la Ruhr ? Elle se penche sur les plus grands talents en devenir et désormais ils ne viennent plus d'Allemagne. Les autres pays ont juste rattrapé leur retard sur le modèle allemand. A la direction de la fédération allemande de travailler pour reprendre la main, sous peine de devoir galérer plus d'une fois pour briller sur la scène internationale. Travailler avec les jeunes c'est bien, bien travailler avec les jeunes, c'est mieux.

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