Covid-19 : Quid des transferts ?

Covid-19 : Quid des transferts ?©Media365

Clément Pédron : publié le mercredi 09 septembre 2020 à 18h42

La crise sanitaire en raison de l'épidémie de Covid-19 a eu, a et aura de lourds impacts dans le monde du football, et plus particulièrement pour les clubs en matière de transferts.



La situation de Chelsea vient subitement contredire toutes les théories et autres hypothèses formulées post-confinement lors des différents meetings dans les hautes instances du football mondial. Et les récentes déclarations de Leonardo, le directeur sportif du PSG, au Canal Football Club dimanche, ont tendance à valider les craintes évoquées par le passé. L'heure n'est plus aux achats de joueurs en écrabouillant la concurrence à coups de liasses de billets, au surpaiement ni aux folies furieuses. La crise sanitaire est passée par là et le manque à gagner dû à la suspension voire à l'arrêt des compétitions est énorme, pour ne pas dire monstrueux. Si quelques-unes ont pu reprendre, les recettes liées à la billetterie, au sponsoring et aux droits TV ont plombé, pour ne pas dire sérieusement amputé, les budgets des clubs.

A cette situation de crise, certains clubs ont formulé des demandes de réductions de salaire afin d'amortir un peu les conséquences du Covid. La Ligue 1, par exemple, a perdu 605 millions de chiffre d'affaires la saison dernière - selon le syndicat Première Ligue - et envisage des pertes allant de 660 à 950 millions cette saison selon le cabinet Ernst & Young (billetterie, sponsoring et pertes sur le marché des transferts compris). La ligue anglaise estime son manque à gagner à 840 millions de livres (940 millions d'euros) l'an passé et 540 millions de livres (605 millions d'euros) sur la prochaine saison qui va démarrer ce samedi 12 septembre.

Les clubs comme premières victimes

Andrea Agnelli, le patron de l'Association européenne des clubs (ECA), a estimé mardi que les clubs de l'élite européenne pourraient perdre jusqu'à quatre milliards d'euros de recettes à cause du Covid-19. « Cela va représenter une érosion dramatique de nos revenus, qui va probablement se transformer en une crise de liquidités pour la plupart des clubs, a déclaré le patron de la Juve. Je ne pense pas que nous connaîtrons l'étendue des dégâts avant que les comptes soient publiés cet automne. » Selon Agnelli, le marché des transferts pourrait se contracter de 20 % à 30 % à cause de la crise sanitaire. Toutes les grandes écuries sont donc confrontées à l'impact de cette crise dans leurs comptes et l'on comprend mieux la prudence de Leonardo au moment d'évoquer les transferts.

« On doit penser à des situations où on doit être créatifs. Aujourd'hui, le contexte n'est pas idéal... », avait rétorqué le Brésilien sur le plateau de la chaîne cryptée. Chelsea fait donc étrangement figure d'inconnue dans cette équation. La semaine dernière, les Blues ont dépensé 225 millions d'euros en indemnités sèches, dont 143,2 pour seulement trois joueurs : Timo Werner (53 millions d'euros), Ben Chilwell (50 M€) et Hakim Ziyech (40 M€). L 'équipe du milliardaire russe Roman Abramovitch a aussi officialisé la venue de la pépite allemande Kai Havertz pour 80 millions, portant la valeur totale estimée du onze de départ à un demi-milliard d'euros. Au sortir des déclarations d'Andrea Agnelli, il apparaît que les clubs de l'élite mettront quelques années à se remettre de cette épidémie, si elle ne perdure pas par la suite... Finalement, les centre de formation seront peut-être les « gagnants » de cette crise inédite.

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