Covid-19 : Le cauchemar des joueurs en fin de contrat

Covid-19 : Le cauchemar des joueurs en fin de contrat©Media365
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Clément Pédron : publié le jeudi 10 septembre 2020 à 20h52

Victimes collatérales du Covid-19, les joueurs en fin de contrat subissent de plein fouet l'incertitude et le difficile climat économique dû à la crise sanitaire. Pour eux plus que pour les autres, l'avenir s'annonce difficile.



Ils sont les oubliés de la crise du Covid-19 qui sévit actuellement dans le football. Ceux qui souffrent en silence et attendent désespérément que la sonnerie du téléphone retentisse bruyamment. Si les joueurs liés contractuellement à un club sont protégés par le cadre juridique, les joueurs libres sont en pleine détresse. Impossible pour eux de se montrer dans ce contexte difficile, qui plus est quand les clubs sont forcés de se serrer la ceinture. Par rapport à l'an dernier, l'Union Nationale des Footballeurs Professionnels (UNFP) a constaté une augmentation de 10 % des joueurs au chômage, ce qui représente 170 joueurs à l'heure actuelle. Parmi les concernés, certains noms sont bien connus du championnat comme Mathieu Dossevi, Yohan Cabaye, Jimmy Cabot, Yaya Sanogo, William Vainqueur. Sans contrat, les joueurs sont cantonnés aux entraînements individuels ou encadrés par un préparateur physique.

Certains, à l'image de Benjamin Corgnet (33 ans) qui est aussi concerné par cette période de chômage, ont pu s'entretenir avec une équipe. Au moins pour retrouver certaines sensations de la vie d'un club avec des coéquipiers. Invité sur le plateau du Late Football Club, l'ancien Strasbourgeois s'est livré avec sincérité sur son quotidien : « Pour le moment, je suis à Strasbourg car on a fait la rentrée des enfants, relève le père de famille. Je suis en attente d'un nouveau projet, cet été j'ai eu la chance de pouvoir m'entraîner avec une équipe pour m'entretenir. » Pour faire face à cette situation, l'UNFP a créé par le passé un service pour les personnes sans contrat et organisait des stages pour poursuivre l'entretien des joueurs. Cette année, en raison du Covid-19, cette session n'a pas pu se faire, laissant sur le carreau de nombreux footballeurs en manque de visibilité. « J'ai connu cette situation d'attente après la fin de mon contrat à Saint-Étienne, mais j'ai réussi à vite trouver Strasbourg donc je n'ai pas trop gambergé. Là, c'est sûr que ça fait long. Il ne faut pas lâcher, il faut rester focus sur son objectif. »

Une situation inédite

L'UNFP apporte également un soutien psychologique dans ce type de cas de figure, ainsi qu'un accompagnement administratif notamment pour les droits au chômage. Une situation qui peut paraître étonnante, mais qui est loin d'être isolée : « S'inscrire au chômage, c'est vrai que c'est une chose nouvelle que j'ai découvert cette année, reprend Corgnet. Il n'y a pas de honte à ça, on y a le droit comme tout le monde. Ce n'est jamais une période facile, mais on est beaucoup dans ce cas et on s'entraide. » La vie de famille, qui est assez dépendante du choix du joueur, entre aussi en ligne de compte. Si le mercato qui concerne les joueurs sous contrat se termine le 5 octobre, les joueurs libres ont jusqu'au 31 décembre 2020 pour s'engager dans une équipe. Ce décalage entre les deux dates incite pour le moment les clubs à regarder en priorité les bonnes affaires payantes et à mettre de côté, de ce fait, les joueurs sans contrat. L'avenir s'annonce donc encore pesant pour ces cas loin d'être isolés dans le milieu du football, et plus largement du sport.

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