Coupe des Confédérations : Le Chili, un vrai crash-test pour la Seleção

Coupe des Confédérations : Le Chili, un vrai crash-test pour la Seleção©Media365

Geoffrey Steines, publié le mercredi 28 juin 2017 à 07h46

Eux n'ont pas fait le voyage jusqu'en Russie pour faire des tests, élargir le groupe et donner de l'expérience à une nouvelle génération. Eux restent sur une Coupe du Monde décevante et la possibilité d'accrocher un titre transcontinental qui serait historique prime sur toute autre considération. Eux ont à se prouver que lorsqu'ils reviendront dans le plus grand pays de la planète, par la superficie, l'année prochaine à la même période, ils y débarqueront pour y jouer les premiers rôles, pas avec un statut de simples figurants. C'est pourquoi le Portugal et le Chili joueront mercredi une demi-finale de la Coupe des Confédérations (20h00) aux allures de finale avant la lettre.

Il y aura encore un match à remporter derrière pour soulever le trophée et il ne sera pas gagné d'avance, que ce soit contre une Allemagne remaniée ou un Mexique toujours compliqué à manœuvrer, ce dont la Seleção peut témoigner (2-2 en poule). Mais ce duel entre le champion d'Europe et le double champion d'Amérique du Sud en titre doit servir de révélateur à chacun. Aux Portugais en premier lieu.

En Russie pour écarter la thèse de l'accident

Les hommes de Fernando Santos n'étaient programmés pour disputer cette Coupe des Confédérations, un an après un Euro qu'ils avaient abordé dans une position d'outsider de deuxième niveau. Mais au bout d'un parcours laborieux, sans la moindre victoire lors de la phase de groupes et avec un seul succès dans le temps réglementaire, ils ont fini par décrocher le premier titre majeur de l'histoire de leur pays. Un sacre accompagné de réservées liées à la qualité du jeu développée et à la part de réussite qui a escorté le Portugal jusqu'à l'estrade du Stade de France. Mais la troupe de Cristiano Ronaldo n'a rien volé à personne, elle a su optimiser ses qualités et masquer au mieux ses limites pour se frayer un chemin dans un tableau ouvert. Dans le choix du sélectionneur de convoquer un maximum de champions d'Europe pour cette Coupe des Confédérations, il y avait sous-jacente cette idée qu'il fallait confirmer. Valider la conquête de ce trophée pour ne pas laisser le soufflet retomber et écarter pour de bon la thèse de l'accident.

Le Portugal tout en confiance et en maîtrise

Dans sa bouche aussi, cette envie était omniprésente. « On va aborder chaque match avec l'intention de le gagner, lâchait-il en préambule du match d'ouverture, face au Mexique. C'est une compétition difficile, mais nous assumerons toujours nos responsabilités. Il y a un an, j'avais dit que le Portugal allait à l'Euro 2016 pour le remporter. J'avais dit que nous n'étions pas favoris, mais candidats à la victoire. Je garde la même confiance aujourd'hui. » De confiance, il en est question quand la Seleção entre sur le terrain désormais. Elle est portée par une certitude, celle que rien ne lui est impossible, maintenant qu'elle a inscrit son nom au palmarès d'une des compétitions internationales les plus prestigieuses. Cela s'est senti depuis le début du tournoi, malgré cet accroc face à « El Tri », la faute à un but concédé dans les arrêts de jeu. Mais il y a de la maîtrise dans tout ce que font les Portugais, cette faculté à traverser les temps faibles d'un match sans paniquer pour mieux piquer quand ils en ont l'opportunité.

Le Mondial, une autre histoire que l'Euro

Des temps faibles, les partenaires du néo-centenaire Joao Moutinho en connaitront forcément devant le Chili. Ils défieront une des seules nations du monde à l'identité de jeu affirmée depuis des années et à la force collective surdéveloppée. Ce sera un véritable crash-test pour la Seleção, qui pourra ainsi se positionner plus clairement dans la hiérarchie à un an du Mondial 2018, si tant est qu'elle s'y qualifie au cours du sprint final lancé à la rentrée. Si le Portugal affiche une sacrée régularité sur la scène européenne (au moins quarts de finale à chaque édition de l'Euro depuis 1996 ; deux demies, une finale et un titre), il galère pour reproduire cela au niveau planétaire. Après tout, il n'a participé au grand raout quadri annuel qu'à six reprises et n'y a atteint le dernier carré qu'une seule fois en cinquante ans. Il n'a même plus battu de nation non-européenne dans un match à élimination directe depuis... 1966 (5-3 contre la Corée du Nord en quart). La seule victoire du genre dans toute son histoire. C'est dire si le rendez-vous de mercredi est tout sauf anodin.

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