Coronavirus : Le cri d’alarme d’Hubert Velud, sélectionneur du Soudan

Coronavirus : Le cri d’alarme d’Hubert Velud, sélectionneur du Soudan©Media365
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Rédaction , publié le dimanche 22 mars 2020 à 13h30

Le sélectionneur du Soudan, Hubert Velud, pousse un cri d'alarme quant à la situation de l'Afrique face au coronavirus.

Nommé sélectionneur du Soudan au mois de janvier, Hubert Velud était en stage avec les Crocodiles du Nil quand la Confédération africaine de football a décidé, face à la propagation du coronavirus, de reporter les rencontres des éliminatoires de la CAN 2021 prévues au mois de mars. Et pourtant, les instances soudanaises n'ont pas bougé une oreille et ont demandé la poursuite du stage jusqu'au 31 mars. « Ici, rien n'a changé, regrette Hubert Velud, interrogé par Le Monde Afrique. Mon staff technique et moi, nous n'étions pas très favorables à sa poursuite. La Fédération oui. D'ailleurs, à l'écouter, il n'y a pas de problèmes. »

Le stage interrompu contre l'avis de la Fédération

Si deux cas positifs au Covid-19 et un décès sont officiellement à déplorer dans le pays à ce jour, le technicien français ne veut plus rester à Khartoum. « Encore moins depuis que le championnat national a été arrêté, il y a trois jours », explique l'ancien portier du Stade de Reims, qui a décidé d'interrompre le stage et de rentrer en France. « La Fédération devra accepter, sinon, s'il devait y avoir un litige, la FIFA tranchera, prévient l'entraîneur de 60 ans. Je ne veux pas être l'entraîneur qui insiste pour continuer les entraînements et mettre mes joueurs en danger. J'ai une image à défendre. »

Hubert Velud : « Ce sera la panique générale »

Et de s'en prendre au manque de sensibilisation des Soudanais. « Tous se serraient la main. Moi, je les saluais de loin. J'ai fait attention autant que possible, j'ai mis une distance à chaque fois. Mais quand je raconte aux joueurs et aux journalistes soudanais ce qui se passe en France, ça les fait sourire, ils ne me croient pas. Ils ne se rendent pas compte de la gravité de la situation. Et ce n'est pas faute d'avoir fait de la pédagogie », raconte Hubert Velud, avant de conclure, alarmiste : « Quand l'épidémie va arriver ici, ça va être n'importe quoi, ce sera la panique générale. Il n'y a pas de lits dans les hôpitaux. Et on va lâcher les joueurs dans la nature. Ils étaient presque plus en sécurité lors du rassemblement que dehors avec leur famille. »

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