CAF : Corruption, favoritisme... Fahmy révoqué, l'étau se resserre autour d'Ahmad

CAF : Corruption, favoritisme... Fahmy révoqué, l'étau se resserre autour d'Ahmad©Media365

Patrick Juillard, publié le mercredi 17 avril 2019 à 11h30

La révocation du secrétaire général de la CAF, Amr Fahmy, tend à confirmer les dérapages de la présidence Ahmad en matière de gestion financière.

Le comité exécutif de la Confédération africaine de football s'est réuni au Caire, les 11 et 12 avril derniers, à l'occasion du tirage au sort de la CAN 2019. Mardi soir, l'instance panafricaine a publié un bref communiqué faisant la synthèse des points abordés et des "décisions importantes prises lors de cette réunion". En tête de liste figure "la révocation du Secrétaire Général M. Amr Fahmy pour fautes caractérisées et la nomination du nouveau Secrétaire Général M. Hajji Mouad." Plutôt que de préciser les griefs accumulés contre le premier nommé, l'instance se contente donc de ces quelques mots, qui ne sont pas forcément de nature à satisfaire la curiosité du public, et laissent libre cours aux interprétations. Interrogée à ce sujet par l'AFP, la responsable de la communication de la CAF, Nathalie Rabe s'est contentée de confirmer sèchement l'information, tout en affirmant par ailleurs "ne rien savoir sur les accusations" en question.

Pots de vins et détournements de fonds

Rembobinons. Dans un courrier adressé à la FIFA le 31 mars dernier, Amr Fahmy avait selon Reuters détaillé ses accusations de corruption - paiement de pots de vin à plusieurs dirigeants (l'agence évoque notamment les Fédérations de Tanzanie et du Cap-Vert), usage personnel de fonds de la CAF - et de harcèlement sexuel à l'encontre de plusieurs salariées de la Confédération de la part de son président. Des accusations qui recoupaient en grande partie les révélations faites le 18 mars par le bi-hebdomadaire algérien Botola. Documents à l'appui, nos confrères faisaient notamment état d'une rupture du contrat qui liait la CAF à Puma à la veille du CHAN 2018. Ahmad et ses services avaient choisi pour exécuter ce contrat la société Tactical Steel, gérée par un proche du président de la CAF. S'en étaient suivies d'importantes surfacturations. De quoi semer le trouble à quelques semaines d'une campagne présidentielle à la FIFA, dont Ahmad est l'un des vice-présidents...

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