Brésil - Flamengo : Un an après la mort de dix jeunes joueurs, les familles demandent justice

Brésil - Flamengo  : Un an après la mort de dix jeunes joueurs, les familles demandent justice©Media365
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Dimitri Ferrero, publié le lundi 24 février 2020 à 22h49

Dans la nuit du 7 au 8 février 2019, dix jeunes footballeurs brésiliens de Flamengo ont perdu la vie dans l'incendie partiel de leur centre de formation. Un an plus tard, les familles des victimes et les dirigeants n'arrivent toujours pas à s'entendre.

C'est un cauchemar qu'a vécu le club brésilien de Flamengo. Dans la nuit du 7 au 8 février 2019, dix jeunes joueurs du centre de formation ont perdu la vie dans l'incendie de leur centre de formation. Un an plus tard, la tension s'est installée entre les familles des jeunes disparus et la direction du tout récent vainqueur de la Copa Libertadores. Sur les dix enfants disparus, seules trois familles ont conclu des accords de compensation. Le procureur de l'État de Rio de Janeiro a suggéré un règlement à l'amiable consistant en un paiement immédiat de 2 millions de reais brésilien à chaque famille (environ 420 000€ chacune) plus 10 000 reais (2105 €) par mois à chaque famille jusqu'au jour des 45 ans de leurs fils disparus. Cependant, le club finaliste de la Coupe du Monde des clubs face à Liverpool (défaite 1-0), a proposé une offre de 400 000 reais (environ 84233 €) à l'avance, et le salaire minimum brésilien de 998 reais (environ 210 €), pendant dix ans.  Une proposition rejetée immédiatement par les familles.

L'attitude du président de Flamengo remise en cause

Si le club de l'État de Rio ne s'est jamais aussi bien porté sportivement (vainqueur de la Copa Libertadores 2019), les finances du club se portent à merveille également. Le club a gagné près de 857 millions de réais (environ 180 millions €) rien que sur l'année 2019. En décembre dernier, un tribunal de Rio a ordonné à Flamengo de payer 10 000 reais (environ 2105 €) par mois à chacune des sept familles jusqu'à que l'affaire soit résolue. Le club a accepté, mais a fait appel de la décision dans la foulée. Outre le fait de ne pas s'entendre sur des points économiques, l'attitude de Rodolfo Landim, président de Flamengo, passe très mal auprès des familles. Le dernier exemple en date est pour l'anniversaire de la tragédie. Une proche d'un des joueurs disparu s'est vu refuser l'entrée du centre d'entrainement le 8 février dernier, la femme voulait simplement allumer une bougie sur le parking et faire une prière. La demande lui a été refusée. La sécurité l'a poussée vers la sortie, comme les proches d'un autre joueur disparu, les forçant à s'agenouiller en prière sur le bord de la route. Landim est aussi accusé de refuser toute interview sur le sujet et ne s'est pas présenté à une audition parlementaire au début du mois dans le cadre de l'enquête en cours sur l'incendie. Sur le terrain, Flamengo vient de s'imposer 2-1 face à Boavista et s'est déjà assuré une présence en finale du championnat carioca. Pendant ce temps là, le combat des familles continue.

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