Mathieu Armand, Media365 : publié le vendredi 07 août 2026 à 12h30
Dans le cadre du procès sur le décès de Diego Maradona, survenu le 25 novembre 2020, Nicolas Taffarel, l'un de ses masseurs, a raconté les derniers jours de la légende du football argentin.
Diego Maradona a passé ses derniers jours prostré dans son lit et perclus d'œdèmes. Lors de ses ultimes heures, en novembre 2020, il apparaissait même résigné, a raconté ce jeudi l'un de ses masseurs à l'occasion du procès qui se déroule en Argentine autour des circonstances de la mort du mythique numéro 10 de l'Albiceleste. Ce dernier « ne se levait pas du lit, il ne voulait pas manger, il ne voulait pas se laver, il ne voulait pas s'occuper de son hygiène », a raconté Nicolas Taffarel. Il assure avoir prévenu la famille de Maradona sur son état de santé en leur demandant de passer « tous les jours », comme révélé par un message audio diffusé à l'audience.
Près de six ans après la mort de l'Argentin, sept professionnels de santé (médecin, psychiatre, psychologue, infirmiers) de son équipe médicale sont jugés depuis mi-avril à San Isidro, dans le nord de Buenos Aires, pour de potentielles négligences ayant contribué à sa mort.
« Je ne veux rien, Taffita, ça y est »
« Je signalais les situations que je voyais chez lui, et je ne voyais pas d'action concrète ni de résolution rapide », a poursuivi le masseur. « Il était gonflé, les jambes enflées, s'est souvenu Nicolas Taffarel. Les médecins me disaient de me calmer, que ces situations allaient passer. Avec la nervosité, on fait confiance, on se dit que ça va passer, que tout va se résoudre. Mais ça n'est pas passé. »
Le 24 novembre, la veille de la mort de l'ancien joueur, Nicolas Taffarel raconte l'avoir sollicité en vain pour qu'il se déplace et prenne quelques matés (des infusions sud-américaines). « Il m'a dit : 'Je ne veux rien, Taffita, ça y est'. Je lui ai demandé : 'Comment ça, ça y est ?' et il m'a répondu : 'Rien, ça y est' », en citant les mots ambigus de Maradona « ya esta », pouvant se traduire par « c'est bon » ou « c'est fini ».
Une lente agonie
Maradona est mort le lendemain à l'âge de 60 ans, d'une crise cardiorespiratoire couplée à un œdème pulmonaire. Lors de l'audience, l'infirmier Ricardo Almiron, l'un des accusés, a également témoigné. Il déclare avoir vérifié les signes vitaux de l'Argentin la veille de son décès. Il « présentait une légère tachycardie » selon lui. L'infirmier a quitté la maison le 25 novembre à 6h30. « Avant de partir, j'ai vérifié discrètement et il se reposait bien. Il respirait de façon rythmique, avec de bons mouvements thoraciques », a-t-il affirmé. Dans ce procès, l'heure est la clé. Selon des témoignages de médecins légistes, la mort est survenue après plusieurs heures d'agonie, sans mentionner la durée exacte. Le décès serait survenu entre la matinée et la mi-journée. Les accusés, qui encourent jusqu'à 25 ans de prison, nient toute responsabilité. Le procès pourrait continuer encore au-delà du mois d'août.















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