Amical : La Belgique peut-elle viser haut à la Coupe du Monde ?

Amical : La Belgique peut-elle viser haut à la Coupe du Monde ?©Media365

Arthur Merle, publié le mardi 27 mars 2018 à 08h37

Opposée ce mardi à l'Arabie saoudite en match amical, la Belgique dispose d'un statut ambigu avant le Mondial en Russie. Les individualités dont disposent Roberto Martinez sont impressionnantes, mais des questions persistent collectivement. Que peuvent donc ambitionner les Diables Rouges ?

Alors que tous les favoris au titre mondial en Russie ont joué un premier match amical en fin de semaine dernière, la Belgique jouera contre l'Arabie saoudite, mardi soir (20h45), sa seule rencontre dans ce rassemblement. A moins de trois mois du match d'ouverture de la Coupe du Monde, il semble encore difficile d'attribuer un statut clair à la sélection entraînée par Roberto Martinez. Car les points d'interrogations semblent encore aussi nombreux que les certitudes.Individuellement, la Belgique est toujours aussi impressionnanteLundi, l'Observatoire du football (CIES) a publié son évaluation des meilleures joueurs issus des cinq grands Championnats, poste par poste, en tenant compte des prestations depuis le 26 décembre 2017. Brillant avec Tottenham et excellent contre la Juventus Turin en Ligue des Champions, Moussa Dembélé se retrouve deuxième derrière Toni Kroos au poste de milieu défensif, alors que Kevin De Bruyne, qui marche sur l'eau avec Manchester City (14 passes décisives en Premier League), est classé sixième des milieux « box-to-box ». Plus haut sur le terrain, Eden Hazard et Dries Mertens sont mis en avant du côté des attaquants. Le premier cumule 15 buts et 11 passes décisives avec Chelsea toutes compétitions confondues, alors que le deuxième est troisième meilleur buteur de Serie A avec 17 réalisations. Si le classement du CIES sera certainement discuté par de nombreux fans, il traduit une tendance : individuellement, la Belgique est armée comme elle ne l'a certainement jamais été. A chaque ligne, les Diables Rouges disposent de joueurs qui évoluent dans certains des meilleurs clubs européens, avec un gardien de top niveau européen (Courtois), des défenseurs solides (Kompany, Alderweireld...), des milieux de terrains extrêmement influents (De Bruyne, Nainggolan, Witsel, Dembélé...) et des buteurs efficaces (Lukaku, Batshuayi...). Soit la panoplie du favori. A l'exception que collectivement, de nombreuses questions se posent encore...Collectivement, des questions restent en suspensLe vrai apport tactique de Roberto Martinez depuis son arrivée est le passage à une défense à trois. Une idée instaurée après un premier match amical perdu contre l'Espagne (0-2), et saluée par la presse belge de manière générale. Les résultats des Diables Rouges en phase de qualification pour le Mondial ne peuvent d'ailleurs qu'inciter à l'optimisme, avec un bilan de neuf victoires et un match nul, pour 43 buts marqués et seulement six encaissés.  Le tout alors que le vivier de joueurs pouvant jouer dans l'axe (Kompany, Vermaelen, Boyata, Vertonghen, Alderweireld...) est impressionnant. Seul problème, cette organisation n'a aucune référence au plus haut niveau - le groupe H de la zone Europe était largement abordable - et des difficultés défensives ont été remarquées notamment sur certains matchs amicaux (3-3 contre le Mexique). Kevin De Bruyne n'avait d'ailleurs pas hésité à lâcher publiquement ce qu'il avait pensé de la tactique de Martinez lors du match contre la sélection sud-américaine : « Le match contre le Mexique a confirmé ce que j'avais dit après la Bosnie : on doit trouver un plan tactique pour l'équipe. On a joué contre le Mexique avec un système qui n'était pas bon pour battre cette équipe. On a créé des occasions, mais je pense qu'au plan défensif, il y avait trop d'espaces, car nous étions trop derrière, nous n'avons pas eu le courage de placer l'équipe plus haut. Cela a permis au Mexique d'avoir la possession », avait-il déclaré.La Belgique a-t-elle une équipe type ?Des propos révélateurs d'une équipe qui ne semble pas tout à fait avoir trouvé son onze type. De l'axe central aux associations offensives en passant par la composition du milieu de terrain, le sélectionneur des Diables Rouges a essayé différentes formules au gré des blessures, méformes, ou problèmes de comportement (Nainggolan). Martinez a d'ailleurs régulièrement changé de schéma en fonction des forces en présence, alternant le 3-4-3 et le 3-5-2. D'ailleurs, ce dernier pourrait être utilisé contre l'Arabie saoudite, avec une association Batshuayi - Lukaku susceptible de faire des étincelles. Difficile, pour le moment, de dire si ces multiples changements seront bénéfiques durant le Mondial. Mais l'ancien coach d'Everton semble décidé à faire de cette flexibilité un atout, avouant aussi être prêt à adapter sa philosophie de jeu : « Nous avons un football technique et de positions mais nous possédons les joueurs pour jouer le contre aussi. Mertens, Hazard, De Bruyne, Carrasco et Lukaku sont parmi les meilleurs en reconversions rapides. Quand on est dans une grande compétition, il faut savoir exploiter toutes ses qualités. On ne doit pas être naïfs et ne penser qu'offensivement. Les Allemands l'ont très bien fait à la dernière Coupe du Monde. On serait stupides de ne pas être flexibles tactiquement », a-t-il déclaré en conférence de presse lundi.Hazard : « On n'a qu'un objectif : arriver en finale ! »Malgré toutes ces incertitudes, la Belgique aurait tort de ne pas se montrer ambitieuse en Russie l'été prochain. C'est tout du moins la mentalité affichée par Eden Hazarddevant la presse : « On n'a qu'un objectif : arriver jusqu'en finale, a osé le maître à jouer de Chelsea. On est plus mature qu'en 2014 et on a plus d'expérience. Est-ce qu'on a progressé depuis l'Euro en France ? On verra après la Coupe du monde ». Et c'est bien là que se trouve la clé. Avant le Championnat d'Europe organisé en France, les mêmes ambitions semblaient animer la sélection alors entraînée par Marc Wilmots. Mais son élimination en quart de finale face au pays de Galles avait sèchement mis un terme à un parcours décevant. La hantise des Diables Rouges est de revivre la même situation. S'il y a certainement encore plus de certitudes individuelles qu'avant 2016, les questions sont sensiblement les mêmes. Reste à voir quelles réponses seront apportées lors des matchs de très haut niveau...

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