Supporters bordelais refoulés : "on a été éjectés comme des animaux"

Supporters bordelais refoulés : "on a été éjectés comme des animaux"©Panoramic
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6Medias, publié le lundi 05 février 2018 à 16h45

Samedi soir, en marge de la rencontre entre Strasbourg et Bordeaux, une cinquantaine de supporters Girondins a été évacuée de l'enceinte du stade après avoir bravé une interdiction de déplacement. Après sa garde à vue, un supporter revient sur cette soirée pour 20 minutes.

C'est une scène qui a marqué cette 24eme journée de Ligue 1.

Dix minutes avant le coup de sifflet final du match opposant Strasbourg à Bordeaux, samedi soir, la tribune ouest du stade de la Meinau entonnait un chant "Liberté pour les ultras". Dans la tribune d'en face, une quarantaine de supporters girondins se faisait déloger par les forces de l'ordre. Ces derniers ont bravé l'interdiction de déplacement en Alsace, promulgué par un arrêté préfectoral. Joint par 20 minutes, le leader des Ultramarines 87 raconte leur nuit.

"On s'est déplacés grâce à l'aide logistique des Ultra Boys (groupe de supporter strasbourgeois, ndlr), qui nous ont acheté des places", explique Florian Brunet. "On s'est regroupé, on a chanté de manière totalement pacifique. On a été éjectés de la tribune comme des animaux, à coup de matraque par les CRS, d'ailleurs ça a été filmé." Les 47 Girondins ont passé dix-huit heures en garde à vue et risquent de prendre des années d'interdiction de stade. "On a été parqués et menottés. Après, les flics au commissariat étaient débordés. On a complètement privatisé le commissariat de Strasbourg ! Les policiers nous ont dit 'On ne sait pas ce qu'on fait' et on a vu une équipe de nuit qui n'en pouvait plus", poursuit-il. Avant d'ajouter : "Il aurait pu se passer n'importe quoi à Strasbourg cette nuit, il n'y avait plus un flic en ville."

S'il se considère comme un "martyr", Florian Brunet explique sa décision de braver l'arrêté préfectorale, comme un acte politique : "On a décidé de ne plus respecter les arrêtés, on ne se soumet plus. Les chaînes de télé et la LFP utilisent notre image pour promouvoir le foot français, on profite de notre ambiance, de notre travail et à l'arrivée on nous envoie en prison. [...] on est traités comme des criminels", réagit le supporter excédé. "On se bat pour que les gens en parlent, pour faire bouger les lignes."

Cet incident intervient à un moment tendu entre les supporters et les autorités. Vendredi, au stade Vélodrome de Marseille, plusieurs supporters ont protesté contre la fermeture d'une tribune, sanctionnée d'un huis clos à la suite d'usage d'engins pyrotechnique. À Lorient, une communication de la préfecture a laissé entendre que les grandes bâches déployées dans les tribunes pourraient être interdites prochainement, afin d'éviter tout incident.

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