Tottenham / José Mourinho : Et si le " Special One " avait changé ?

Tottenham / José Mourinho  : Et si le " Special One " avait changé ?©Media365
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Julien Pereira, publié le jeudi 21 novembre 2019 à 19h00

José Mourinho a tout fait pour tenter de lisser son image lors de sa conférence de presse de présentation. Mais on a encore envie de croire que le nouveau coach de Tottenham n'a pas changé.



Qui sait. José Mourinho a peut-être profité des onze mois d'inactivité qui ont séparé son dernier match comme entraîneur de Manchester United - une défaite (3-1) à Liverpool - à sa nomination comme entraîneur de Tottenham pour entamer une introspection. Ou alors, il ne s'agissait peut-être que d'une illusion. Apparu apaisé, souriant et décontracté lors de sa conférence de presse de présentation, ce jeudi, le technicien portugais a même évoqué ses échecs - ce que l'ex Special One n'aurait jamais fait il y a quelques mois encore. Mais que ses admirateurs se rassurent : au fond, il n'a pas changé.

Car c'est bien connu : il suffit de chasser le naturel pour qu'il revienne au galop. Face aux journalistes, et dans son nouveau costume (qui n'en était pas un) le manager lusitanien n'a pas résisté à l'idée de lâcher quelques punchlines. Parce qu'il a aussi bâti sa carrière sur celles-ci. Et parce qu'elles peuvent parfois être bien pratiques pour sortir d'une situation inconfortable. Ainsi, lorsqu'il a été interrogé sur une déclaration qu'il avait lâchée alors qu'il était encore entraîneur de Chelsea, assurant qu'il ne signerait jamais à Tottenham parce qu'il avait « trop de respect » pour les fans des Blues, Mou a trouvé la parade : « Ça, je l'avais dit avant d'être viré [par Chelsea]. » Rires dans la salle, journalistes comblés, question embarrassante débarrassée.

Mourinho : « Je mets le pyjama de mon club et je dors avec »

Il y en a eu d'autres, mais elles ont été expédiées de la même façon. Son manque d'humilité peut-il être un problème chez les Spurs ? « J'ai toujours été humble, rétorque-t-il. Le problème, c'est que vous ne le comprenez pas. Je suis humble, mais à ma manière. » Son passé de coach de Chelsea puis de Manchester United est-il dérangeant pour coacher les Spurs ? « Je suis le club que je représente, assure-t-il. Je mets le pyjama de mon club et je dors avec. Je suis l'homme d'un club, mais à la fois de plusieurs clubs. Je suis Monsieur Porto, Monsieur Real Madrid. » Et pas besoin de citer les autres.



Et même s'il ne sait pas si la finale de la Ligue des Champions perdue est encore un traumatisme pour ses joueurs, puisque lui « n'en a jamais perdue », l'ancien coach de Manchester United a trouvé les bons mots pour les remotiver : « Je leur ai dit que j'étais venu ici à cause d'eux, a-t-il ajouté. J'ai essayé d'acheter certains d'entre eux quand j'étais dans d'autres clubs. Et les autres ? Je n'ai même pas tenté de les avoir parce que je savais que ce serait impossible. » Voilà pour les formules.

Mourinho classe envers Pochettino

Voilà pour les pirouettes. Et le fond, dans tout ça ? Il est mourinhesque, comme toujours. La gagne, la gagne, la gagne et rien d'autre que cela, même si cette réputation-là s'est largement effritée, au fil de ses expériences récentes. « Quand je ne gagne pas, je ne suis pas heureux, a-t-il confié. Je ne peux pas changer cela. [...] On ne peut pas gagner la Premier League cette saison. L'année prochaine ? Je ne dis pas qu'on va remporter le titre. Mais on peut le faire. » Mieux, il a même certifié avoir appris de ses échecs : « Je ne vais pas refaire les mêmes erreurs. Je vais en faire, bien sûr, mais elles seront nouvelles. »

L'approche est connue depuis quinze ans, mais elle a tout de même un peu évolué. Alors qu'il a toujours souhaité rompre avec ses prédécesseurs, dans tous les clubs par lesquels il est passé, Mourinho a débuté son show en évoquant Mauricio Pochettino, viré quelques heures avant que lui soit intronisé. Avec beaucoup d'élégance : « Je me sens un peu triste pour Mauricio, a-t-il assuré. Je dois le féliciter pour son travail. Ce club sera toujours sa maison. Ce centre d'entraînement sera toujours le sien. Et la porte sera toujours ouverte pour lui. »

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