Football - Premier League Real Madrid/Chelsea après-match

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Ligue des ChampionsQuarts de finale
Estadio Santiago Bernabéu - Arbitre S. Marciniak
  1. 95′ Benzema
  2. 79′ Rodrygo
  1. 74′ Werner
  2. 50′ Rüdiger
  3. 14′ Mount

, publié le 12 avril

Le Real Madrid, mené 3-0 par Chelsea mardi soir en quarts de finale retour de Ligue des champions, s'est finalement incliné 3-2 en prolongation grâce à un dernier but de Benzema.



On avait quitté le Real Madrid et Chelsea avec la photographie d'un homme qui marchait sur l'eau. À Londres, sous une pluie battante, Karim Benzema avait tutoyé la perfection pour placer son équipe dans une posture confortable à la pause de cette double confrontation (3-1). Un confort bien relatif, toujours. Dangereux, même, si l'on considère que dans cette piste aux étoiles, la moindre avance peut fondre comme neige au soleil. Le vent a longtemps tourné. Et il a soufflé très fort contre ces Merengue, qui ont donné l'impression de ramer contre le courant presque toute la partie. Mais Karim Benzema était encore là pour avoir le dernier mot et sortir son équipe de ce traquenard. Cette édition de Ligue des Champions devient la sienne.

Le plan parfait de Tuchel

À la virtuosité d'un homme s'est opposée la puissance et l'organisation d'une équipe. Un puzzle jaune, articulé comme une mosaïque, réglé comme du papier à musique, où chaque pièce a eu son utilité. Lorsque la patte de Tuchel est à ce point perceptible, l'Allemand devient le maître du jeu. Ses Blues ont joué avec un courage et une force collective fantastiques pour faire tanguer le navire madrilène pendant une grande partie du match. Les premières minutes, les premiers contacts, les premières séquences ont tout de suite annoncé la couleur : Chelsea avait bien l'intention de prendre le Real à la gorge. Sans calcul.

Cela s'est matérialisé par une grosse domination territoriale, d'abord, avant que la première incursion ne soit la bonne. Un joueur est sorti du lot : Mason Mount, l'homme libre de l'expérimental 4-3-3 que les Madrilènes n'ont jamais réussi à tenir. Sur un bon relais avec Timo Werner, le milieu offensif anglais a douché le Bernabeu d'une frappe clinique dans le petit filet (0-1, 15e). Pour pouvoir s'en remettre, le Real devait retrouver ses circuits. Il n'en a rien été. Pour preuve, Karim Benzema n'a pas touché un seul ballon dans la surface des Blues durant ce premier acte à sens unique. Toujours clairvoyant dans sa faculté à lire une rencontre, le Français ne s'y est pas trompé puisque son unique tentative a été déclenchée à vingt-cinq mètres, et déviée de justesse par Thiago Silva (23e). Bref, à la pause, Chelsea avait fait une bonne partie du chemin. Sur le plan arithmétique, bien sûr, et psychologique, surtout.

Dans les travées du Bernabeu, les socios madrilènes, tous de blanc vêtus, attendaient certainement un moment irrationnel où le Real emporte tout sur son passage. Ce sont pourtant les Blues qui sont revenus avec le couteau entre les dents. Et presque naturellement, le club londonien a refait son retard grâce à un coup de casque puissant du rugueux Rüdiger (0-2, 51e). Un genou à terre, les hommes d'Ancelotti ont encore baissé la tête lorsque Marcos Alonso a nettoyé la lunette de Thibaut Courtois avant de voir son but refusé pour une main discrète (62e). Pas de quoi faire sourciller ces Blues sûrs de leur force. Dix minutes plus tard, c'est le banni Timo Werner qui a mystifié Casemiro et David Alaba avant de trouver le chemin des filets en ajustant Courtois (0-3, 75e).

Immense Benzema !

Il aura donc fallu attendre que les Madrilènes enfilent le costume du conquérant pour que le vent souffle à nouveau dans leur dos. Cela n'a pas duré bien longtemps. Suffisamment, toutefois, pour marquer le petit but qu'il fallait afin de rester en vie. Déjà auteur d'une merveille de passe à Stamford Bridge, Luka Modric a poussé la note artistique encore plus loin en distillant une ouverture extérieur du pied sortie de nulle part pour Rodrygo, lancé comme une bombe pour prolonger le ballon au fond (1-3, 80e). Derrière cela, Chelsea a repris sa domination. Malgré une balle de match de Pulisic (90e+2), il était écrit que ce choc de titans se déciderait au bout de la nuit.

Il était écrit, surtout, que Karim Benzema en serait le héros. Le détonateur. Le sauveur. Le visage qui sera sur les Unes du monde entier mercredi matin. Contre vents et marées, l'international français a exploité un petit centre en cloche de Vinicius Jr pour catapulter le ballon d'une tête parfaite et faire basculer Bernabeu dans l'extase (2-3, 96e). Chelsea ne s'en est pas remis. Si coriaces, les Blues n'ont pas abdiqué, mais le Real a fermé les vannes. Il faut être deux pour faire un grand match de foot. Chelsea mérite tous les honneurs. Karim Benzema, lui, peut continuer à regarder les cieux. Pour ce joueur au sommet de son art, la Coupe argentée aux grandes oreilles laissera place, peut-être, à un autre trophée. On ne peut imaginer une autre fin : tout ce qu'il touche se transforme en or.

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