Bundesliga : Le derby de Berlin, une rencontre entre deux visages de l'Allemagne

Bundesliga : Le derby de Berlin, une rencontre entre deux visages de l'Allemagne©Media365
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Nicolas Kohlhuber : publié le jeudi 21 mai 2020 à 15h25

L'Olympiastadion va enfin pouvoir être le théâtre d'un derby de Berlin en Bundesliga. Mais avec le confinement et le huis clos imposé, ce rendez-vous tellement attendu n'aura pas la même saveur. Seuls le match sur le terrain et le combat idéologique demeurent. La preuve que ce duel n'est pas ordinaire.



L'Allemagne et même l'Europe sont à la veille d'un des matchs les plus attendus du printemps. Pourtant l'engouement n'est pas au rendez-vous. Le Covid-19 et le huis clos généralisé sont passés par là. Le deuxième derby berlinois de l'histoire de la Bundesliga devra se contenter des 22 acteurs sur la pelouse pour faire le spectacle. Une véritable déception. Pour le premier rendez-vous de ce type prévu à l'Olympiastadion, un guichet fermé était attendu en mars. En mai, les tribunes seront désespérément vides. Comme un symbole d'une division entre les amoureux du football. D'une part, ceux qui veulent que le ballon rond reprenne ses droits le plus vite possible, de l'autre, ceux pour qui le football est inimaginable sans ses fans. Le match de la 27eme journée du championnat d'Allemagne entre le Hertha Berlin et l'Union Berlin ne pourra pas se nourrir des fantastiques ambiances qui font le sel de ce genre de duels. Mais une chose est sûre, les joueurs seront motivés.

Deux formations longtemps séparées par le Mur de Berlin

Si certains pensent que l'absence de spectateurs peut influencer l'envie des joueurs pendant un match, cette rencontre pourra compter sur une rivalité ancrée au plus profond de l'ADN des deux équipes pour faire la différence. Le Hertha, son opulence et son stade de 80 000 places sont à l'opposé de l'Union, sa promotion historique dans l'élite du football allemand et son stade dont le nom se traduit par "A la vieille maison forestière". C'est surtout une rencontre entre deux formations autrefois séparées par un mur et une idéologie. Le Hertha, club de Berlin-Ouest, reçoit ce vendredi l'Union, formation de l'ex-RDA. Le choc est plus identitaire que sportif. Et pourtant, l'absence de spectateurs va réduire ce derby à deux équipes jouant au ballon. Un blasphème.

Des rivalités autant territoriales qu'économiques ou politiques

Ce match qui allait offrir des ambiances folles aurait aussi pu être le bouquet final d'une saison où la Bundesliga a été le théâtre de certaines guerres idéologiques. Outre-Rhin, les traditions sont très importantes et les rivalités basées sur la richesse ou l'idéologie politique sont nombreuses. Dans les divisions inférieures, il y a notamment le derby d'Hambourg entre le HSV et Sankt Pauli qui a fait les gros titres un peu plus tôt dans la saison. Mais dans l'élite, les duels entre les nouveaux riches et les clubs historiques ont pris une importance nouvelle. La fin de match entre Hoffenheim et le Bayern Munich a marqué les esprits. Des supporters bavarois avaient insulté Dietmar Hopp, le richissime président du TSG 1899. Plus à l'est, malgré ses performances européennes, le RB Leipzig est toujours pointé du doigt.

Un derby de Berlin qui a failli ne pas être diffusé

Cette fronde anti-foot business ne se retrouve pas que dans les rivalités inter-clubs. Parfois, ils savent unir leur force pour lutter contre un football de plus en plus dénaturé par l'argent. La DFL a ainsi renoncé à la programmation de matchs de Bundesliga le lundi soir. Une décision prise après de nombreuses actions de contestation venues du monde des tribunes. Ce même monde qui ne pourra pas profiter d'une affiche depuis les sièges de l'historique Olympiastadion. Et dire qu'il a même failli en être privé depuis son canapé à cause d'une bataille nationale pour les droits TV de ces matchs décalés pour les diffuseurs. Comme si tout était fait pour tuer l'engouement autour des valeurs qui permettent à la société de se retrouver dans le football.

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