Allemagne : Mesut Özil annonce sa retraite internationale en allumant la Fédération

Allemagne : Mesut Özil annonce sa retraite internationale en allumant la Fédération©Media365

Rédaction , publié le dimanche 22 juillet 2018 à 20h30

Mesut Özil a annoncé dimanche dans un texte publié sur les réseaux sociaux qu'il prenait sa retraite internationale, à seulement 29 ans, pointant du doigt le racisme de Reinhard Grindel, le président de la Fédération allemande. Un nouveau pavé dans la mare d'une Mannschaft en pleine crise.

« C'est avec le cœur gros et après beaucoup de réflexion qu'en raison des événements récents, je ne jouerai plus pour l'Allemagne au niveau international tant que j'ai ce sentiment de racisme et d'irrespect. » Par ces mots, Mesut Özil a annoncé dimanche sa retraite internationale. Après être revenu via les réseaux sociaux sur les raisons et les conséquences sur sa photo avec le président turc Reycep Erdogan avant le début de la Coupe du Monde, un cliché qui avait fait jaser, le milieu offensif allemand (29 ans) a précisé les conclusions sportives qu'il avait tirées de cet épisode. Il a ainsi choisi de tirer un trait sur la sélection. « Le traitement que j'ai reçu de la Fédération et de beaucoup d'autres ne me donne plus envie de porter le maillot de l'équipe nationale. Je me sens indésirable et je pense que ce que j'ai accompli depuis mes débuts internationaux en 2009 a été oublié. »


Özil : « Je n'accepterai plus d'être un prétexte pour son incompétence »


Champion du monde en 2014 et vainqueur de l'Euro Espoirs en 2009, celui qui compte 92 sélections pour 23 buts chez les A allemands est particulièrement remonté contre Reinhard Grindel, le président de la Fédération. « Depuis la fin de la Coupe du Monde, Grindel a subi beaucoup de pression au sujet de ses décisions avant le début du tournoi, à juste titre. Il a récemment dit publiquement que je devrais encore expliquer mes actions et m'a blâmé pour les mauvais résultats de l'équipe en Russie, malgré m'avoir dit que c'était terminé à Berlin. (...) Je n'accepterai plus d'être un prétexte pour son incompétence et son incapacité à bien faire son travail. » Özil explique avoir rencontré Grindel après la publication de la photo d'Erdogan, prise en compagnie d'Ilkay Gündogan, et que les deux parties avaient décidé de se focaliser sur la Coupe du Monde. Le joueur d'Arsenal précise aussi avoir reçu le soutien de Joachim Löw et d'Olivier Bierhoff, au sein du staff de la sélection, ainsi que du président allemand, Frank-Walter Steinmeier.

Özil : « Je ne suis toujours pas accepté dans la société »


Mais Grindel, dont Özil rappelle des déclarations comme membre du Parlement en 2004 où il parlait du multiculturalisme comme « un mythe » et « un mensonge », souhaitait visiblement son départ de la sélection. « Aux yeux de Grindel et de ses supporters, je suis allemand quand nous gagnons, mais je suis un immigré quand nous perdons. C'est parce qu'en dépit de payer mes impôts en Allemagne, donner des équipements aux écoles allemandes et gagner la Coupe du Monde avec l'Allemagne en 2014, je ne suis toujours pas accepté dans la société. Je suis traité comme 'différent'. (...) Y'a-t-il des critères pour être pleinement allemand que je ne remplis pas ? Lukas Podolski et Miroslav Klose ne sont jamais cités comme germano-polonais, pourquoi suis-je germano-turc ? Est-ce parce que c'est la Turquie ? Est-ce parce que je suis musulman ? »

Özil : « Je ne peux pas ne rien faire »


Un questionnement qui a conduit Özil au choix radical de mettre de côté la sélection avant même d'atteindre la trentaine. « Je portais le maillot allemand avec tellement de fierté et d'excitation, mais ce n'est plus le cas. Cette décision a été extrêmement difficile à prendre parce que j'ai toujours tout donné pour mes coéquipiers, le staff technique et les bonnes personnes d'Allemagne. Mais quand des dirigeants de l'Allemagne me traitent comme ils l'ont fait, manquent de respect à mes racines turques et m'utilisent égoïstement pour leur propre propagande politique, trop c'est trop. Ce n'est pas pour ça que je joue au football, et je ne peux pas ne rien faire. Le racisme ne devra jamais être accepté. » Une bombe dont le football allemand n'avait pas besoin, après l'élimination de la Mannschaft dès le premier tour de la dernière Coupe du Monde, quatre ans après son sacre au Brésil.

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