Saison 2021 : Pas encore d'accord global mais la confiance règne pour Ross Brawn

Saison 2021 : Pas encore d'accord global mais la confiance règne pour Ross Brawn©Panoramic, Media365

Mathieu WARNIER, publié le dimanche 31 mars 2019 à 10h20

Si les récentes réunions n'ont pas permis de déboucher sur un accord en vue des règlements 2021 de la Formule 1, le directeur sportif de la discipline Ross Brawn s'est montré confiant en marge du Grand Prix de Bahreïn.

Alors que le temps passe et que certaines écuries ne cachent pas leur impatience, l'avenir de la F1 n'est pas encore gravé dans le marbre. Si des réunions organisées à Londres ont permis de dessiner plus précisément ce vers quoi la F1 va se tourner, aucun accord n'a encore été signé. Des discussions qui mêlent politique, répartition des revenus, limitation des coûts ou encore réglementation technique, ce qui oblige à batailler sur plusieurs fronts en même temps. Toutefois, dans un entretien accordé à Sky Sports, le directeur sportif de la F1 Ross Brawn n'a pas caché une certaine confiance. « Nous avons fait d'énormes progrès et nous sommes désormais très proches de dire 'ça y est', assure ce dernier. Il y a encore quelques discussions à avoir mais je suis convaincu que l'image est claire. »

L'effet de sol, un vieux serpent de mer

Alors que le règlement stipule que les règles 2021 doivent être fixées au 30 juin, Ross Brawn confirme que le temps pourrait manquer. Il faut dire que l'objectif de cette « nouvelle F1 » est ambitieux : permettre aux monoplaces de se suivre sans être perturbées. Si Ross Brawn confie que les monoplaces 2019 perdent 50% de leur efficacité aérodynamique dans cette situation, les concepts testés par ordinateur réduisent cette nuisance à 5% avec le retour d'un principe connu de longue date. « Il n'est pas surprenant de voir que nous atteignons cet objectif via l'effet de sol. Nous utilisons beaucoup plus le plancher pour moins de turbulences à l'arrière, résume l'ancien patron de Ferrari. C'est une différence notable mais ce n'est pas l'absolu pour avoir des courses serrées. Si nous ne rapprochons pas les niveaux de performance, leur capacité à se battre n'aura aucune importance. »

Une standardisation limitée

En effet, la réglementation actuelle ne permet pas à toutes les écuries de se battre quasiment à armes égales. L'idée maîtresse pour limiter les écarts de performance reste le contrôle des coûts, qui pourrait passer par des éléments standardisés. A cette fin, la FIA a déjà devancé l'appel en lançant une consultation pour la fourniture d'une boîte de vitesses unique. Mais, selon Ross Brawn, la réduction des coûts peut également venir d'ailleurs. « Nous voulons que toutes les équipes utilisent le même équipement. Sur beaucoup d'éléments, il y a accord, assure ce dernier. Nous sommes également d'accord sur le fait qu'il y a des éléments qui ne doivent pas changer et, entre les deux, il y a des discussions. Tout le monde développe son propre extincteur, c'est un beau défi technique mais cela n'apporte pas de performance. Nous pourrons donc les standardiser et aider à réduire les coûts. »

Pas de révolution moteur

Un autre élément dans le contrôle des coûts tient au moteur. Alors que l'idée présentée par Liberty Media comportait un moteur revu, les sommes déjà engagées par les motoristes présents en F1 et l'absence de potentiel nouvel arrivant poussent à un évolution du moteur actuel. « Les moteurs feront plus de bruit en 2021 et ils seront plus puissants, tonne Ross Brawn. Les écuries clientes auront le même moteur que les écuries d'usine. Nous allons mettre en place des initiatives pour nous assurer que les coûts sont sous contrôle. » De plus, le pilote devrait avoir plus de contrôle sur sa monoplace, notamment pour la gestion de la récupération d'énergie afin d'offrir plus d'options pour doubler. « Tout le monde est à la page maintenant, nous avons des accords avec les constructeurs », assure Ross Brawn à ce sujet.

Ferrari aura des privilèges, le « modèle Haas » corrigé

L'une des véritables pierres d'achoppement concernant la redistribution des revenus est le statut de Ferrari. Du fait de son ancienneté, l'écurie italienne touche une part supérieure aux autres. Mais s'il y a consensus sur le fait qu'un tel mécanisme nuit à la concurrence, Ross Brawn assure que Ferrari restera à part. « Il faut reconnaître l'importance de Ferrari, assure le Britannique. J'y ai travaillé pendant dix ans, j'en comprends l'importance mais il faut un équilibre. » Un autre souci tient au modèle utilisé par Haas, qui a délégué la construction de sa monoplace et se fournit chez Ferrari. Si Ross Brawn confirme que ce modèle est « intéressant », la donne pourrait être revue. « Je ne vois pas de grand changement dans le modèle Haas à l'avenir. Des clarifications sont nécessaires, ajoute ce dernier. Haas a un bon modèle, nous ne voulons pas le détruire, simplement nous assurer qu'il a sa place en F1. » 2021 est si proche, mais également si loin.

Vos réactions doivent respecter nos CGU.