Saison 2021 : Négociations ouvertes pour l'organisation d'un Grand Prix en Arabie Saoudite

Saison 2021 : Négociations ouvertes pour l'organisation d'un Grand Prix en Arabie Saoudite©Media365
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Mathieu WARNIER, publié le mardi 06 août 2019 à 15h41

Après Bahreïn puis Abu Dhabi, le calendrier de la Formule 1 pourrait compter une troisième course au Moyen-Orient en 2021. Des négociations ont été ouvertes avec l'Arabie Saoudite pour y organiser un Grand Prix.

La F1 veut partir à la conquête du Moyen-Orient. S'ils clament haut et fort ne pas vouloir oublier les terres historiques de la F1, c'est-à-dire l'Europe, Liberty Media veut augmenter l'intérêt pour la discipline partout dans le monde. Un des moyens de parvenir à un tel objectif passe par l'introduction au calendrier de nouvelles destinations. C'est à cette fin que le Vietnam via un circuit dans les rues de Hanoï et les Pays-Bas sur le tracé mythique de Zandvoort vont intégrer dès 2020 un calendrier qui va très probablement être poussé à 22 courses, contre 21 en 2019. Si les dirigeants de la F1 ont multiplié les tentatives pour reprendre pied en Afrique, avec un intérêt poussé pour le circuit Moulay-el-Hassan de Marrakech ou organiser une deuxième course aux Etats-Unis, dans les rues de Miami, le Moyen-Orient est également vu comme un possible levier pour accroitre la popularité de la discipline. Après Bahreïn, qui a fait son apparition en 2004, puis Abu Dhabi cinq ans plus tard, une troisième destination est fortement considérée pour 2021 et au-delà, mais elle pourrait faire polémique.

L'Arabie Saoudite veut s'ouvrir à la F1

Selon une information dévoilée dans les colonnes du quotidien britannique The Times, Liberty Media a entamé des négociations avec les autorités d'Arabie Saoudite en vue d'organiser un Grand Prix dans le royaume controversé dans un calendrier 2021 revu et corrigé. De plus, les écuries ont été récemment informées de l'ouverture de ces négociations. Après la première édition d'un ePrix de Formule E à Ad-Diriyah, dans la banlieue de Riyad et alors que le Dakar a déjà prévu de prendre ses quartiers dans le royaume, la F1 serait la cerise sur le gâteau pour l'Arabie Saoudite. Alors que le règlement actuel impose d'avoir l'aval unanime des écuries pour passer la limite de 21 Grands Prix par saison, la F1 pourrait passer à 24 courses en 2021, ce qui a été confirmé en marge du Grand Prix de Hongrie par le patron de la Scuderia Ferrari, Mattia Binotto. Une telle modification est vue comme offrant plus de flexibilité dans l'organisation du calendrier, pas forcément comme une volonté affirmée de Liberty Media d'alourdir la charge de travail pour les écuries. Mais le principal obstacle à l'organisation d'un Grand Prix en Arabie Saoudite n'a rien à voir avec le côté sportif mais plutôt avec le contexte sulfureux du pays.

Les écuries vont demander des garanties

En effet, se lier à l'Arabie Saoudite sur le long terme est une perspective qui pose problème aux écuries. Le royaume est critiqué au niveau international pour son respect limité des droits de l'Homme, comme l'a démontré l'assassinat en octobre dernier du journaliste Jamal Khashoggi par des agents saoudiens dans l'ambassade du pays en Turquie. Alors qu'en 2015, la Formule 1 s'est engagée à respecter les droits de l'Homme dans ses activités aux quatre coins du monde, l'arrivée de l'Arabie Saoudite au calendrier pourrait faire tache. Face à cela, tant les écuries que le détenteur des droits commerciaux de la F1 vont exiger des garanties concernant le respect des droits de l'Homme, l'égalité entre les hommes et les femmes mais également quant à la liberté des médias avant d'envisager l'intégration du pays au calendrier. Comme avec bien d'autres destinations possibles, les négociations entre la F1 et l'Arabie Saoudite pourraient donc échouer si les écuries n'obtiennent pas satisfaction de la part d'un pays qui, petit à petit, se réforme.

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