Saison 2021 : La FIA et Liberty Media avancent leurs pions

Saison 2021 : La FIA et Liberty Media avancent leurs pions©Media365
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Mathieu WARNIER, publié le jeudi 18 juillet 2019 à 23h51

Alors que les futurs règlements de la F1 doivent être fixés avant la fin du mois d'octobre, Liberty Media et la FIA ont livré leur vision de la discipline à partir de 2021.

La Formule 1 se rapproche de la sortie du tunnel. Après des mois d'atermoiements, de discussions et de flou, l'avenir du championnat du monde semble se dessiner de manière plus précise. Il faut dire que le temps presse car, pour une mise en place dès 2021, le règlement doit être gravé dans le marbre avant octobre prochain, date à laquelle la FIA doit ratifier les évolutions que l'ensemble des parties prenantes ont décidé à l'issue d'interminables négociations. Ces discussions vont tous azimuts car elles concernent tant le plan technique, avec des monoplaces revues et corrigées, le plan financier, avec des coûts qui devraient enfin être sous contrôle, et le plan organisationnel, avec la signature de nouveaux Accords Concorde qui vont liés les écuries à la F1 sur le long terme.

30 ans après, le retour de l'effet de sol

En ce qui concerne le plan technique, l'idée est simple : permettre aux voitures de se suivre et de s'attaquer en évitant les perturbations aérodynamiques. Pour parvenir à cet objectif, les dirigeants de la F1 ont décidé de ressortir des cartons un concept banni dans les années 1980 après avoir été popularisé par l'écurie Lotus : l'effet de sol. Cela passera par l'installation sous les monoplaces de tunnels permettant d'exploiter l'effet Venturi, c'est-à-dire créer un effet de succion qui collera la voiture à la piste sans que cela ne soit dépendant des ailerons, surtout l'aileron avant. « Avec les monoplaces de 2021, nous passeront de 50% de perte aérodynamique pour la voiture qui en suit une autre à une perte comprise entre 5 et 10%, a confirmé Nikola Tombazis, responsable des questions techniques à la FIA. Nous allons donc parvenir à une baisse importante de la perte d'appui aérodynamique pour la voiture suiveuse. » En ce qui concerne le lien entre la monoplace et la piste, c'est-à-dire les pneumatiques, l'idée serait de conserver la philosophie actuelle mais sans l'utilisation de couvertures chauffantes pour les pneus de 18 pouces de diamètre prévus pour 2021.

Moins de liberté pour les ingénieurs, plus pour les pilotes

Mais, en plus de l'efficacité aérodynamique, l'objectif du nouveau règlement technique sera de réduire sensiblement l'écart entre les monoplaces. Et ce alors que, cette saison, les Williams ferment la grille à trois secondes des Mercedes à moteur égal. « A l'heure actuelle, nous avons trois écuries en capacité de se battre pour gagner des courses, pas plus, assure Ross Brawn, directeur sportif de la F1. Au fil des prochaines années, la F1 sera mise sur de meilleurs rails pour créer une époque où une écurie de qualité, avec des moyens modestes, peut se mêler à la bagarre. C'est ce que nous voulons obtenir. » Cela passera par un règlement technique laissant moins de place à l'interprétation de la part des ingénieurs aérodynamiciens, quitte à freiner leurs ambitions. Mais cela passera également par le retour du pilote au centre du jeu via le retrait de certaines aides dont le contour devra être précisé mais également par des échanges moins importants entre la voiture et le stand en ce qui concerne les données télémétriques. L'idée est de remettre dans les mains du pilote le contrôle de la voiture ainsi que la gestion des températures et de ne pas laisser les ingénieurs les guider pas à pas. Des voitures dont l'allure sera modifiée pour les rendre plus attractives auprès du public.

Des coûts enfin contrôlés pour rendre le championnat viable économiquement

Mais le cœur du problème, c'est le contrôle des coûts face à des écuries dont certaines sont sur la corde raide. L'exemple de Force India en 2018, qui a dû être rachetée en milieu de saison pour ne pas faire faillite, a marqué les esprits. Cela passera par un éventail de mesures destinées à limiter les dépenses des écuries. Certains éléments des monoplaces pourraient être standardisés (jantes, système de frein, radiateurs, équipement des stands) alors que l'utilisation de certains matériaux « exotiques » pourraient être interdite, tout comme celle de suspensions hydrauliques. Enfin, le recours aux souffleries pourrait être encore plus limité tout comme le nombre d'employés au sein de chaque écurie, afin de les pousser à plus de mesure. « Les grandes écuries resteront les grandes écuries. Mais elles ne pourront plus obtenir les gains marginaux qui sont les leurs quand dix personnes travaillent sur un projet au lieu de deux, ce qui peut apporter 5% de performance en plus, assure Ross Brawn. Ils ne pourront plus agir de la sorte ou, s'ils le font tout de même, ils perdront dans d'autres domaines dans lesquels, peut-être, ils pourraient obtenir des gains supérieurs. » Mais ces mesures de contrôle des coûts devraient exclure plusieurs domaines tels les salaires des pilotes et d'un nombre restreint de membres des écuries mais également les dépenses liées au marketing, afin d'éviter une perte de visibilité de la F1. « C'est bon pour la F1, c'est bon pour tout le monde », assure Ross Brawn. La F1 est décidée à faire un pas en avant, reste maintenant à le confirmer alors que bon nombre d'autres sujets restent à définir.

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