Mercedes : Retour sur la saison de Lewis Hamilton et son duel avec Sebastian Vettel

Mercedes : Retour sur la saison de Lewis Hamilton et son duel avec Sebastian Vettel©Panoramic, Media365

Mathieu WARNIER, publié le lundi 29 octobre 2018 à 17h00

Sacré champion du monde 2018 de Formule 1 au terme du Grand Prix du Mexique ce dimanche, la saison de Lewis Hamilton n'a pas toujours été un long fleuve tranquille.



Mis à part la saison 2016 et le sacre de Nico Rosberg à ses dépens, Lewis Hamilton n'a sans doute jamais connu une telle année depuis l'avènement des V6 turbo hybrides. Si 2017 avait mis la puce à l'oreille, 2018 a vu Ferrari retrouver des couleurs, un première depuis l'introduction des règles en vigueur depuis 2014. Cette saison 2018, c'est Mercedes qui l'a démarrée avec un temps de retard, l'inhabituelle erreur tactique du Grand Prix d'Australie l'a montré. Une mauvaise gestion de la voiture de sécurité virtuelle et voilà comment on offre sur un plateau la victoire à son plus grand rival. Un retard à l'allumage confirmé à Bahreïn, où Mercedes n'a rien pu faire face à Ferrari, qui aurait signé le doublé sans une erreur au stand qui a stoppé net Kimi Räikkönen. Mais la baraka de l'écurie de Maranello s'est rapidement envolée face à la capacité de réaction des Flèches d'Argent alors que la saison de Formule 1 a renoué avec ses terres historiques, en Europe.

Hamilton a montré les muscles pour se relancer


Après un Grand Prix de Chine complètement fou remporté par Daniel Ricciardo, durant lequel Lewis Hamilton a reçu l'aide involontaire d'un Max Verstappen venu heurter la Ferrari de Sebastian Vettel pour réduire l'écart au classement, le Britannique a su gérer les courses à Bakou et Barcelone. Deux circuits où l'avantage d'un moteur Mercedes plus performant à ce moment de la saison a été d'une grande aide pour aller chercher deux victoires, même s'il ne faut pas occulter le rôle de la crevaison tardive subie par Valtteri Bottas à Bakou, ce qui a offert la victoire au futur champion du monde. Lewis Hamilton a également su gérer ses temps faibles comme à Monaco où, pénalisé par une monoplace en manque de performance dans la Principauté, il a su limiter les dégâts face à Sebastian Vettel, resté empêtré dans l'échappement de Daniel Ricciardo sur un circuit où dépasser est impossible. Un retour en forme du Britannique qui a été toutefois battu en brèche au Canada, terre habituellement sienne, où sa cinquième place a permis à l'Allemand de revenir à hauteur.

France, Autriche, Grande-Bretagne, Allemagne, erreurs en pagaille


Le début de l'été, avec son innovant enchaînement de trois courses en deux semaines, a ressemblé à une saison des cadeaux entre Lewis Hamilton et Sebastian Vettel. Avec l'accrochage avec Valtteri Bottas au Grand Prix de France puis une erreur coupable devant son public en Allemagne sous la pluie, course où Lewis Hamilton a bénéficié d'une certaine clémence des commissaires de la FIA pour avoir volontairement coupé la piste au moment d'annuler un arrêt aux stands, Sebastian Vettel a lâché près de quarante points en deux courses... mais Lewis Hamilton n'a guère fait mieux dans le même temps. Trahi par sa mécanique au Red Bull Ring, chose extrêmement rare chez Mercedes, puis contraint à une remontée fantastique à Silverstone pour limiter les dégâts après avoir été accroché par Kimi Räikkönen au départ, Lewis Hamilton n'a pu augmenter son avantage que de trois unités en quatre courses alors que la mi-saison s'annonçait. C'est alors que Mercedes, se sentant en position de faiblesse, a tout donné pour garder la main, coûte que coûte.

Valtteri Bottas, un parfait « lieutenant » pour Lewis Hamilton


La pluie a été le talon d'Achille de Ferrari cette saison. Après avoir été fatale à Sebastian Vettel au Hockenheimring, la météo a offert sur un plateau le Grand Prix de Hongrie à Mercedes. Sur le « tourniquet hongrois », la première ligne 100% Mercedes obtenue sous le déluge a permis une tactique osée, discutable mais payante. Grâce au « bouchon » Valtteri Bottas, Lewis Hamilton a pu s'envoler vers le succès en Hongrie un an après avoir rendu sa place au Finlandais dans le dernier virage de cette même course. Toto Wolff a alors qualifié le Finlandais de « lieutenant » avant de revenir sur ses propos mais, dès lors, la donne a été claire entre les deux pilotes. Mise en difficulté sur le plan de la performance par une Ferrari redevenue redoutable grâce à une évolution moteur qui a attiré l'œil scrutateur de ses rivaux et de la FIA, Mercedes a joué la carte des consignes d'équipes pour maximiser ses résultats à la seule faveur de Lewis Hamilton, leader unique de l'écurie. Un scenario qui s'est reproduit à Monza, quand Valtteri Bottas a retardé au maximum son arrêt pour ralentir Kimi Räikkönen et offrir la victoire à son leader, puis à Sotchi mais de manière encore plus visible, voire risible. En Russie, alors solidement en tête de la course, Valtteri Bottas s'est sagement garé à mi-course pour laisser passer Lewis Hamilton, le protéger d'une offensive de Sebastian Vetel et, surtout, lui céder une victoire qui revenait de plein droit au Finlandais.

Vettel et Ferrari ont offert le titre à Hamilton


Mais ce qui a encore plus mis Lewis Hamilton sur la voie royale, c'est un phénomène déjà observé en 2017 : l'autodestruction de Ferrari et de Sebastian Vettel. Le Grand Prix d'Allemagne a cassé la dynamique de l'écurie italienne et de son pilote allemand. Une fin de saison qui a également été marquée par des questions techniques avec Ferrari qui est allé dans la mauvaise direction dans son développement aérodynamique et Mercedes qui a défrayé la chronique avec des jantes arrières qui facilitaient la gestion des températures des pneus, point faible traditionnel des Flèches d'Argent. Tour à tour et sans doute à cause de cela, l'écurie italienne à partir de la Belgique puis celle basée à Brackley aux Etats-Unis et au Mexique ont connu une rupture dans leur niveau de performance. Tous ces aléas ont petit à petit dessiné le destin de ce championnat. Pour Sebastian Vettel, comme l'an passé, les erreurs ont coûté très cher, trop cher pour espérer aller chercher le premier titre pilotes pour Ferrari depuis 2007. Les accrochages avec Hamilton à Monza, Verstappen à Suzuka ou Ricciardo à Austin, la stratégie manquée de Singapour... Tous ces incidents ont été autant de gros points perdus, qui ont rendu inéluctable le titre de Lewis Hamilton. Le Britannique, passé par toutes les émotions jusqu'à cette course à Mexico où, en grande difficulté avec ses pneus, il a été contraint de mettre de côté son ambition de remporter le titre sur une victoire. Un titre qui lui permet d'égaler la légende Juan Manuel Fangio et de se rapprocher de Michael Schumacher. Mais est-ce que détrôner le Kaiser n'est pas une question de temps pour le numéro 44 ?

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