GP de France : Les pilotes divisés sur le Circuit Paul-Ricard

GP de France : Les pilotes divisés sur le Circuit Paul-Ricard©Panoramic, Media365

Mathieu WARNIER, publié le vendredi 22 juin 2018 à 22h50

Suite aux premiers essais libres du Grand Prix de France, les pilotes ont émis des avis contrastés sur le Circuit Paul-Ricard et adressé quelques critiques.

Si certains pilotes actuels de F1 connaissaient déjà le Circuit Paul-Ricard pour y avoir tourné en formules de promotion, en essais pneumatiques ou en endurance, nombre d'entre eux ont découvert le décor tout particulier d'un circuit qui a remplacé les bacs à gravier par des bandes de tarmac à l'abrasivité croissante. Une piste qui, sans grande surprise, ne fait pas l'unanimité mais, à en croire Sebastian Vettel, le tracé sélectionné offre des parties techniques où la faute est facile, mais où le talent d'un pilote peut faire gagner du temps. « Dans l'ensemble, ce n'est pas le circuit le plus excitant. C'est assez compliqué ici ou là, il y a certaines zones techniques qui sont assez exigeantes, le timing doit être bon, a déclaré face à la presse le pilote Ferrari. Ce n'est pas un circuit facile. Dans le secteur des virages 3, 4 et 5, il faut trouver la bonne trajectoire et rester propre, c'est difficile. Et bien sûr, dans les virages 11 et 12 il y a beaucoup de trajectoires à prendre. C'est vraiment un circuit où nous pouvons faire une différence. »

Ricciardo trouve le tracé « fun », Hamilton a du mal à se repérer


Si Sebastian Vettel a un avis mitigé sur le tracé long de 5,842km qui devra être parcouru à 53 reprises dimanche en course, ce n'est pas le cas de Daniel Ricciardo. Le pilote de l'écurie Red Bull Racing n'a pas caché avoir pris du plaisir. « J'ai sûrement pris plus de plaisir que ce que j'imaginais, assure l'Australien. Monaco et Montréal, d'où nous venons, sont des endroits qui ont beaucoup plus de caractère. Les murs, tout vient vers vous bien plus vite. Mais le tracé lui-même était très fun, et même s'il n'y a pas beaucoup d'éléments sur la piste - c'est très ouvert - le tracé sur lequel nous courons est très fun. J'ai été agréablement surpris. C'était une très bonne journée. » Mais Lewis Hamilton a pointé du doigt un des soucis inhérents au design du Circuit Paul-Ricard. Avec pas moins de 167 configurations possibles, il y a de nombreux embranchements qui, notamment au niveau de la chicane au milieu de la ligne droite du Mistral, pose des soucis de lecture du tracé. « Il y a beaucoup de trajectoires possibles et c'est difficile de trouver des points de référence au tour du circuit. C'est difficile de se repérer, assure le champion du monde en titre. A plusieurs endroits, notamment dans la ligne droite du Mistral, où vous devez chercher où se situe le virage. »

Les pilotes favorables au retrait de la chicane du Mistral


Quand les promoteurs du Grand Prix de France ont choisi la configuration pour ce Grand Prix de France, ils ont considéré qu'ajouter une possibilité de dépassement via une chicane au milieu de la ligne droite du Mistral était une bonne idée. Mais, à l'image de Lewis Hamilton, Nico Hulkenberg a émis des réserves sur le repérage exact du circuit. « Beaucoup de virages sont en aveugle. Il y a tellement de configurations différentes et toute ces couleurs autour du circuit, assure le pilote Renault. Mais, après quelques tours, on s'y fait. » Néanmoins, tous les pilotes n'étaient pas de cet avis car, lors du traditionnel briefing des pilotes organisés le vendredi soir, certains ont demandé que la chicane soit retirée du tracé, ce qui ne sera pas possible dans l'immédiat car une telle modification nécessiterait de revoir la sécurité au niveau de la courbe des Signes, au bout des 1 800m de la ligne droite du Mistral. « Utiliser toute la ligne droite offrirait un peu plus de caractère et peut-être d'histoire au tracé. Je pense qu'une longue ligne droite pourrait créer plus d'opportunités de dépassements, a déclaré dans un entretien au magazine britannique Autosport le pilote Toro Rosso Brendan Hartley. Cette configuration rend les choses plus intéressantes car il y a besoin de moins d'appui aérodynamique avec cette longue ligne droite. La courbe des Signes deviendrait un vrai virage et le dernier virage serait à l'avenant avec moins d'appuis. C'est quelque chose que nous pouvons discuter pour l'an prochain. » A l'image de Bakou et de sa pleine charge de plus de deux kilomètres de long, la ligne droite du Mistral offrirait un challenge presque inédit aux pilotes, mais ce sera peut-être pour l'édition 2019 du Grand Prix de France.

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