GP d'Italie : Charles Leclerc s'impose à Monza

GP d'Italie : Charles Leclerc s'impose à Monza©Media365
A lire aussi

Mathieu WARNIER, publié le dimanche 08 septembre 2019 à 16h45

Pour la première fois depuis Fernando Alonso en 2010, Ferrari s'est imposée à Monza grâce à une course pleine d'agressivité de Charles Leclerc



Neuf ans que les tifosi attendaient ça ! Pour la première fois depuis Fernando Alonso en 2010, la Scuderia Ferrari est à nouveau reine sur ses terres grâce à Charles Leclerc. Le Monégasque, constamment sous la pression des pilotes Mercedes car rapidement abandonné par un Sebastian Vettel une nouvelle fois à côté de son sujet, est allé chercher la victoire malgré des erreurs qui, sans une certaine mansuétude des commissaires, auraient pu lui valoir des pénalités. Dès le départ, celui qui avait signé son premier succès en F1 à Spa-Francorchamps le week-end dernier a gardé la main alors que les Mercedes ont rapidement vu Sebastian Vettel sortir de la course au podium. Au sixième tour de course, l'Allemand s'est envoyé seul en tête à queue à la chicane Ascari, revenant de manière cavalière en piste et harponnant l'infortuné Lance Stroll. Un changement d'aileron puis un stop-and-go de dix secondes ont achevé les espoirs de bien figurer du quadruple champion du monde, anonyme 13eme à l'issue de la course... à un tour de Charles Leclerc. Dès lors, l'écart entre le Monégasque et Lewis Hamilton n'a jamais dépassé les deux secondes. Mercedes a alors tenté la vieille tactique de la sortie à blanc des mécaniciens pour tenter de piéger les stratèges de Ferrari, alors qu'une telle manœuvre est interdite par le règlement, mais la Scuderia n'est pas tombée dans le panneau.


Leclerc a échappé au pire

En difficulté avec ses pneus arrières, le Britannique a changé de gommes au 20eme tour, provoquant l'arrêt de son rival un tour plus tard. Mais c'est alors que Ferrari a tenté un coup qui s'est révélé payant. En effet, alors que le pilote Mercedes a chaussé des gommes medium, c'est avec des pneus durs, en manque de performance mais bien plus durables, que le pilote Ferrari a choisi de terminer la course. En permanence dans l'aspiration de Charles Leclerc, Lewis Hamilton a bien plus usé ses pneus que son rival, ce qui l'a condamné à un deuxième arrêt en fin de course. Avant cela, au 23eme tour, le Britannique était passé à l'attaque sur le Monégasque à la deuxième chicane mais ce dernier a fermé la porte plus que nécessaire, forçant le pilote Mercedes à passer par l'échappatoire. Une défense bien trop rugueuse qui a valu au pilote Ferrari un avertissement. La pénalité n'est pas passée loin quand, au 36eme tour, après avoir manqué son freinage au premier virage, Charles Leclerc a fermé la porte de manière trop virile devant Lewis Hamilton. Une manœuvre que les commissaires n'ont pas sanctionnée, ce qui s'apparente à un « arbitrage à la maison », laissant le Monégasque terminer la course comme si de rien n'était.


Bottas n'est pas passé loin d'un coup gagnant

Derrière ce flamboyant duo de tête, Valtteri Bottas a fait une course d'attente, patientant jusqu'au 28eme tour pour faire son changement de gommes. Huit tours de plus qui ont fait la différence car le Finlandais a dévoilé un rythme au tour meilleur que celui de Charles Leclerc et Lewis Hamilton, Bottas fondant du même coup sur ses deux rivaux. Revenu dans les échappements de son coéquipier, le pilote Mercedes a vu le Britannique manquer son freinage au premier virage, tirer tout droit et ouvrir involontairement la porte au Finlandais. En difficulté avec ses pneus, victimes de cloquage, Lewis Hamilton s'est résolu à un deuxième arrêt à quatre tours de l'arrivée pour aller chercher le point du meilleur tour en course (1'21''779) avec des gommes tendres fraîches. Devant, Charles Leclerc a vu le Finlandais revenir sous la seconde, être sous la menace du DRS de la Mercedes mais le Monégasque a gardé son sang-froid et, profitant de l'avantage niveau puissance de son moteur Ferrari, résisté jusqu'au drapeau à damier brandi par Jean Alesi. Les dizaines de milliers de tifosi dans les tribunes puis au pied du podium pouvaient chavirer. Valtteri Bottas échoue à moins d'une seconde de Charles Leclerc sur la ligne d'arrivée alors que Lewis Hamilton, bien plus loin, se contente de la troisième place et limite la perte de terrain par rapport à son coéquipier au classement du Championnat du Monde des pilotes.


Renault a réussi son coup !

Derrière le podium, c'est Renault qui a tiré son épingle du jeu. Avec le choix osé dès le début du week-end d'emporter moins d'appui aérodynamique que ses rivaux, l'écurie française a offert à Daniel Ricciardo et Nico Hulkenberg les moyens de se battre pour entrer dans le Top 5 de ce Grand Prix d'Italie. Une performance que tant l'Australien que l'Allemand, qui sera remplacé par Esteban Ocon la saison prochaine, sont parvenus à réussir malgré la charge d'Alexander Albon en fin de course. Le Thaïlandais prend une belle sixième place à un peu plus d'une seconde de Nico Hulkenberg. Sergio Pérez suit devant Max Verstappen, huitième, qui a réussi son pari de revenir dans les points malgré un départ pris de la dernière ligne. Le Néerlandais n'a pas été épargné en début de course car, malgré une absence totale de prise de risques, il a subi un choc qui a endommagé son aileron avant et l'a condamné à passer deux fois aux stands. Une semaine après son erreur à Spa-Francorchamps, Antonio Giovinazzi a pris les points de la neuvième place pour son Grand Prix à domicile, devant Lando Norris. Le Britannique ferme le Top 10 juste devant Pierre Gasly, qui a su remonter du fond de grille. Comme en Belgique, Romain Grosjean, 16eme, termine dans un quasi anonymat. La saison européenne s'achève sur cette manche italienne et la F1 va maintenant s'exporter en Asie, avec la tant attendue course nocturne de Singapour.



Vos réactions doivent respecter nos CGU.