Ferrari : Les consignes n'ont pas été suivies par Leclerc

Ferrari : Les consignes n'ont pas été suivies par Leclerc©Panoramic, Media365

Mathieu WARNIER, publié le mardi 02 avril 2019 à 19h45

Alors que le stand Ferrari lui intimait l'ordre de rester derrière Sebastian Vettel, Charles Leclerc est passé outre et a dépassé son leader, un événement qui pourrait créer un précédent chez Ferrari.


Charles Leclerc a marqué de sa patte le Grand Prix de Bahreïn. Auteur d'une pole position exceptionnelle, sa première en F1 et la première pour un pilote monégasque, le champion de F2 2017 a ensuite montré une autre facette de sa personnalité. Alors qu'avant la course, le directeur de la Scuderia Ferrari Mattia Binotto avait clairement indiqué à ses pilotes qu'ils ne devaient pas s'attaquer de manière inconsidérée, Charles Leclerc a fait fi de ces consignes pour reprendre le commandement de la course au début du sixième tour de course. Plombé par un départ manqué, comme quasiment tous les pilotes parti derrière lui sur la file de gauche en regardant vers le premier virage, le Monégasque a laissé Sebastian Vettel prendre la tête de la course avant même le premier freinage. Dès lors, plus rapidement dans un très bon rythme, Charles Leclerc a réduit petit à petit l'écart. Inquiets de ce qui pouvait arriver, le muret Ferrari a alors donné ce qui ressemble à des consignes pour calmer les ardeurs de son jeune prodige.

« Reste à ta position pendant deux tours »


« Je suis plus rapide, les gars ! » a alors répondu le Monégasque indiquant qu'il serait préférable pour lui de prendre le pas sur son leader. A l'image du choix effectué en fin de Grand Prix d'Australie, les dirigeants de la Scuderia ont alors demandé, via son ingénieur, de ne pas bouger. « Reste à ta position pendant deux tours, reste à ta position pendant deux tours », a ainsi communiqué ce dernier à son pilote. De plus, l'ingénieur en question lui a ensuite conseillé de passer le virage 8, une épingle au début du deuxième secteur, avec le quatrième rapport engagé. La seule réponse que Charles Leclerc a voulu donner à cette communication est... son dépassement autoritaire au premier virage au début de la sixième boucle de la course. Ayant mollement essayé de défendre sa position en plongeant à l'intérieur, Sebastian Vettel ne pouvait en réalisé quasiment rien faire face aux 30km/h de différence entre les deux monoplaces, le Monégasque étant copieusement aidé par un DRS devenu performant de manière insolente avec la réglementation aérodynamique 2019.

Leclerc va proposer un défi inédit à Ferrari


Cette séquence, que le site officiel de la F1 a publié ce mardi, démontre que Charles Leclerc ne se voit pas comme le lieutenant de Sebastian Vettel et n'a en rien regretté sa manœuvre. « On m'a dit 'Ok, reste là deux tours' mais, dans la ligne droite suivante, j'ai eu la possibilité de le doubler, je l'ai saisie et c'était un bon dépassement, a laconiquement déclaré le Monégasque en conférence de presse d'après-course. Ensuite, j'étais plus rapide donc j'ai fait ma course. » Une attitude qui pourrait être vue comme un premier crime de lèse-majesté par les dirigeants de la Scuderia, eux qui n'étaient pas forcément favorables à l'arrivée du jeune pilote au sein de l'écurie et qui ont fini par respecter la volonté de Sergio Marchionne. C'est, en tout cas, un précédent dans la relation qui s'installe entre les deux pilotes Ferrari qui pourrait soit lancer la saison de l'écurie de Maranello avec deux pilotes de pointe permettant de viser le classement constructeurs, soit la plomber dans les semaines à venir, façon Hamilton-Alonso chez McLaren en 2007, Hamilton-Rosberg chez Mercedes entre 2013 et 2016 ou Pérez-Ocon en 2017 et 2018. A Mattia Binotto, encore nouveau dans son rôle de patron d'écurie, de gérer au mieux ces deux égos forts.

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