F1 : L'avenir économique en question pour Abiteboul et Brown

F1 : L'avenir économique en question pour Abiteboul et Brown©Panoramic, Media365

Mathieu WARNIER, publié le dimanche 24 mars 2019 à 16h36

Si les parties prenantes de la F1 doivent se retrouver ce mardi à Londres vont discuter de l'avenir sur le plan économique de la discipline, Zak Brown et Cyril Abiteboul ne cachent pas leurs objectifs visant à une limitation des budgets.

Deux ans après sa reprise de la F1, Liberty Media met enfin les mains dans le cambouis. Alors que les Accords Concorde arrivent à échéance à l'issue de la saison 2020 et qu'une nouvelle réglementation technique doit voir le jour pour 2021, une réunion importante est organisée ce mardi à Londres entre l'ensemble des parties prenantes. Mais, plus que les décisions purement sportives, c'est le cadre économique offert par le détenteur des droits commerciaux de la F1 qui est le nœud du problème. Et, à entendre le patron de McLaren Zak Brown et celui de Renault Cyril Abiteboul, cela ne pourra passer que via une limitation des budgets, ce qui avait déjà été promis au début des années 2010 quand les écuries HRT, Caterham et Manor ont fait leurs débuts, pour mieux disparaître par la suite. Autrement dit, la Formule 1 entre plus que jamais dans une zone de turbulences qui va définir son avenir à moyen terme, voire conditionner son existence au plus haut niveau du sport automobile.

Les budgets, clé de l'avenir de la F1

En ce qui concerne la question budgétaire, Cyril Abiteboul reconnait qu'elle est au cœur des discussions depuis plusieurs mois mais que la réponse à une telle question ne sera jamais simple à mettre en place. « Il y a beaucoup de discussions, surtout en ce qui concerne la limitation des budgets. C'est un ensemble de nouvelles règles très complexes qui n'existe pas encore, rappelle le patron de la seule écurie française du plateau dans un entretien accordé à Motorsport.com. Donc, chaque jour, nous faisons des pas en avant pour répondre à ces questions. Nous sommes en faveur d'une limitation des budgets car nous sommes convaincus que quelque chose doit être fait pour que les écuries soient compétitives avec des coûts maîtrisés. » Pour Zak Brown, dont l'écurie McLaren est en difficulté, la question est plus que centrale car la réponse pourrait conditionner l'engagement de la marque britannique en F1. « Pour McLaren, deux objectifs doivent être atteints : que la F1 soit viable sur le plan financier et permette de se battre quasiment à armes égales. Si ce n'est pas le cas, nous devrions alors revoir notre position en F1, tonne ce dernier dans un entretien accordé au quotidien britannique The Guardian. Il faut que McLaren soit une équipe de course responsable sur le plan économique. Si nous avons la sensation que les nouvelles règles mises en place en 2021 ne le permettent pas, nous devrons réfléchir à notre engagement en F1. »

Brown et Abiteboul pour une redistribution plus équilibrée

L'économie de la Formule 1 se base également sur la redistribution financière faite par le détenteur des droits commerciaux. Fruit principal des Accords Concorde, la redistribution actuelle ne fait que peu de cas des résultats sportifs, mettant en balance l'histoire de la F1. Mais, si tant Zak Brown que Cyril Abiteboul ne veulent pas remettre en cause la position de Ferrari, ils demandent que le partage des fonds soit plus équilibré et basé sur le mérite. « La redistribution des fonds doit être plus équilibrée. L'histoire de la discipline doit continuer à être reconnue mais à un degré moindre qu'actuellement, assure le patron de McLaren. Nous sommes tous d'accord sur le fait que Ferrari est le plus grand nom présent en F1 et doit être rémunérée en fonction de ça mais pas au niveau actuel. » Du côté de l'écurie basée à Enstone et Viry-Châtillon, les considérations économiques doivent être la priorité du moment, bien au-delà de la question du spectacle en piste. « Trois éléments qui doivent être corrigés sans délai sont la redistribution financière, la gouvernance et la limitation des budgets. Tout ce qui est lié à l'économie de la F1 et à la pérennité de notre modèle économique est important car c'est ce qui va permettre à la F1 de rester une plateforme attractive pour 2021, ajoute Cyril Abiteboul qui reconnait toutefois que trouver une solution parfaite est quasiment impossible à trouver. Liberty Media et la FIA essayent de rapprocher des écuries qui ont des modèles économiques et des organisations bien différentes. Il nous semble qu'ils ne veulent froisser personne mais le danger d'une telle attitude est qu'ils finissent par froisser tout le monde. C'est pour cela que trouver un terrain d'entente prend du temps. » La Formule 1 est plus que jamais à la croisée des chemins et la menace d'un départ d'une écurie comme McLaren, qui va investir en IndyCar et songe à revenir en endurance, doit être prise au sérieux par Liberty Media.

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