F1 - Bahreïn : Hamilton vainqueur heureux, Leclerc troisième et malchanceux

F1 - Bahreïn : Hamilton vainqueur heureux, Leclerc troisième et malchanceux©Media365

Gabriel Vanhoutte, publié le dimanche 31 mars 2019 à 18h57

Au terme d'un Grand Prix du Bahreïn à couper le souffle, Lewis Hamilton a enlevé son premier succès de la saison, devant son coéquipier Valtteri Bottas, toujours leader du Championnat du Monde néanmoins pour un point. Charles Leclerc, parti en pole, a dû se contenter de la troisième place, lâché par son moteur thermique à dix tours de la fin. Une déception, mais aussi la promesse d'un avenir radieux pour le Monégasque.

Certaines victoires sont moins belles que d'autres. Ni Lewis Hamilton, vainqueur, ni Valtteri Bottas, second, ni Toto Wolff, patron de l'écurie argentée n'avaient le sourire alors que s'agitait le drapeau à damiers. Car si Mercedes a signé son deuxième doublé consécutif de la saison ce dimanche à Bahreïn, Charles Leclerc aurait dû être sacré. Le Monégasque ne termine pourtant que troisième, la faute à une défaillance du moteur thermique de la Scuderia, à dix tours de la fin, alors que le « Petit Prince » menait très largement les débats. Comme un symbole, le premier mot du vainqueur britannique à son team radio a été une pensée pour son malheureux confrère : « Charles aurait dû gagner. Nous allons devoir travailler pour rester devant lui cette saison. » Ce retournement de situation, à dix tours de l'arrivée, fut le dernier d'un Grand Prix époustouflant, au scénario inattendu.


L'agonie de Leclerc, les vieux démons de Vettel

Car deux heures avant, c'était un autre duo qui s'avançait au premier rang. Deux Ferrari en première ligne, qui, après avoir dominé sans aucune contestation possible les essais-libres puis les qualifications, cherchaient à laver l'affront australien. Mais la pression a pesé et au départ Charles Leclerc a cédé d'entrée face au champion du Monde, avant que le Monégasque ne reprenne les commandes du Grand Prix avec autorité six tours plus tard. Puis Leclerc s'est envolé, comptant jusqu'à dix secondes d'avance sur ses poursuivants. Mais alors que le succès semblait lui tendre les bras, le moteur thermique de la monoplace au cheval cabré l'a trahi, à dix tours de la fin. Une aubaine pour les Flèches d'argent, qui n'en demandaient pas tant pour reprendre la tête tandis que le jeune pilote de 21 ans pestait dans sa monoplace.

A ce moment de la course, Sebastian Vettel avait, lui, déjà replié les gaules, cette fois par sa faute. Une erreur de pilotage manifeste pour l'Allemand, deuxième à la sortie sortie de son deuxième arrêt au stand. Mais mis sous pression par Lewis Hamilton, le quadruple champion du monde a craqué et effectué un tête à queue, sans pourtant avoir été touché. Quelques minutes plus tard, c'est l'aileron avant de sa monoplace qui a explosé littéralement en vol à la suite des vibrations causées par sa précédente sortie de piste. Vettel termine cinquième.

La chance de Mercedes

Avec déjà 84 points dans la besace au classement général, Toto Wolff et les siens sont auteurs d'un début de saison parfait après deux courses. Mais dans le contenu, la course de ce dimanche s'est avéré laborieuse et a été marqué d'une chance majuscule liée à l'infortune conjuguée des deux pilotes de Maranello. Car les stratèges Mercedes ont manqué leur coup à plusieurs reprises. Lors du premier arrêt, Hamilton était ressorti avec des gommes super-tendres. Il a d'ailleurs été le seul dans ce cas sur le Top 9 (Pierre Gasly avait lui aussi opté pour des gommes rouges). Si l'undercut a permis au Britannique de dépasser une première fois Vettel, l'usure rapide de ses trains de pneus arrière lui a coûté cher ensuite. Mais voilà, grâce aux erreurs de Vettel et aux problèmes techniques de Leclerc, c'est bien le Britannique qui signe sa 74eme victoire en F1, devant un Valtteri Bottas bien en-deçà de son niveau et profitant également du cauchemar des représentants de la Scuderia pour s'incruster à la deuxième place et conserver les commandes du classement général du Championnat du Monde avec un point d'avance sur Hamilton.

Français, écuries françaises : même combat

Les Renault ont fait parler d'elles elles aussi, mais pas comme elles l'auraient aimé. Après des séances de qualifications catastrophique, les protégés de Cyril Abiteboul sont pourtant vite revenus au niveau. Hülkenberg a ainsi gagné huit places dès le premier tour et s'est retrouvé immédiatement propulsé dans les points. Ricciardo, qui avait opté pour une stratégie à un arrêt, a également bataillé aux alentours de la dixième place. Mais à deux tours de la fin, les deux engins se sont arrêtés simultanément (mais pas pour le même souci technique, à en croire l'écurie française), anéantissant tous les efforts consentis par les deux pilotes au cours des deux heures précédentes. Une débâcle qui a finalement sauvé Charles Leclerc, puisque la couse s'est terminée sous voiture de sécurité, empêchant Verstappen de venir ravir le podium au Monégasque, devenu une victime expiatoire.

Romain Grosjean, quant à lui, a abandonné pour la deuxième fois consécutive après Melbourne. Une nouvelle désillusion pour le n°8 au volant de sa Haas. Mais le Français n'a rien eu à se rapprocher, frappé par un Lance Stroll (Racing Point) en roue libre et dont la place en Formule 1 tient décidément avant tout à la puissance financière de son paternel, propriétaire de son écurie, qu'à son talent de pilote. Pierre Gasly, qui n'a jamais su trouver son rythme au volant de la Red Bull, termine, lui, huitième, et ramène quelques points miraculeux, grâce aux abandons des Renault, qui s'étaient déjà signalés la veille lors des qualifications avec un premier problème de cartographie moteur, dont Hülkenberg avait fait les frais.

Derrière Leclerc, la relève est là

Enfin, la jeune garde s'est particulièrement montrée à son aise, elle. Si Leclerc devait être sacré pour couronner la nouvelle génération de pilotes, les rookies du circuit ont fait bonne figure à l'occasion de cette deuxième manche. Lando Norris (McLaren) et Alexander Albon (Toro Rosso) ont ainsi inscrit leurs premiers points en Formule 1. Un nouveau vent souffle sur la F1, et le malheureux Leclerc pourrait en être la prochaine tête d'affiche, et ce dès le 14 avril prochain à Shanghai. A condition de connaître davantage de réussite que dimanche sur le circuit de Sakhir.


Formule 2 (Course 2) : Ghiotto vainqueur après un beau coup tactique



Disputée en pleine chaleur à Sakhir, la course sprint de Formule 2 a une nouvelle fois offert un défi tactique aux pilotes et écuries. Avec une usure des pneumatiques plus intense qu'à l'accoutumée, la question de faire un arrêt au stand ou pas s'est posée. Et à ce petit jeu, Luca Ghiotto a réalisé un sans-faute. Parti de la pole position, Mick Schumacher a su résister au départ avant de céder face à Sérgio Sette Câmara, Luca Ghiotto et Nicholas Latifi et prendre la sixième place finale. Très offensif, l'Italien de l'écurie UNI-Virtuosi, anciennement appelée Russian Time, a alors aligné de très bons chronos pour prendre largement la tête de la course devant les deux pilotes Dams. Il est alors devenu évident que Luca Ghiotto allait tenter le coup qui a rendu Charles Leclerc célèbre : faire un arrêt à mi-course, repartir avec des pneus frais et remonter de la 14eme position vers la tête de la course avec un rythme bien plus intense que ses rivaux, qui ont tous tenté de sauver leurs pneus. A deux tours de la fin, l'Italien a déposé Sérgio Sette Câmara pour s'imposer devant le Brésilien et Nicholas Latifi, qui fait un double podium ce week-end à Sakhir.

Avec M.W

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