Carnet noir : Niki Lauda est mort à 70 ans

Carnet noir : Niki Lauda est mort à 70 ans©Media365
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Aurélien CANOT, publié le mardi 21 mai 2019 à 08h35

Véritable légende de la Formule 1, Niki Lauda s'est éteint dans la nuit de lundi à mardi à l'âge de 70 ans. L'Autrichien, triple champion du Monde de la catégorie reine en 1975, 1977 et 1984, avait notamment écrit l'histoire de son sport en se livrant à des duels épiques face à James Hunt puis Alain Prost. Lauda, devenu plus tard président non exécutif de l'écurie Mercedes, avait échappé de peu à la mort en 1976 lors du Grand Prix d'Allemagne. Grièvement blessé au visage, il ne s'était plus jamais montré en public sans sa casquette ensuite.

La F1 a perdu l'une de ses légendes. Niki Lauda est décédé dans la nuit de lundi à mardi à l'âge de 70 ans. En début d'année, le mythique pilote autrichien avait subi une lourde transplantation pulmonaire. Une complication au niveau des reins, dont il avait également été transplanté, à deux reprises, aurait contraint l'ancien champion à subir une nouvelle opération lundi, dans une clinique privée de dialyse en Suisse, et elle lui aurait coûté la vie, croit savoir la presse autrichienne. « Avec beaucoup de tristesse, nous vous annonçons que notre bien-aimé Niki a rendu son dernier soupir entouré de ses proches ce lundi. Nous n'oublierons jamais ses exploits en tant qu'athlète et entrepreneur. C'était un homme droit, courageux et boulimique de travail. Il restera à jamais un modèle pour nous. Nous l'aimions dans son rôle de mari, de père et de grand-père. Il va beaucoup nous manquer... », pleure la famille de Niki Lauda dans un communiqué transmis à l'agende de presse nationale. Devenu président non-exécutif en 2012 de l'écurie Mercedes dont il écumait les paddocks, jamais avare d'un conseil pour Toto Wolf, dont il était très proche (les deux hommes dirigeaient l'écurie Mercedes ensemble), ou pour Lewis Hamilton, qu'il avait convaincu de quitter McLaren lors de cette même année 2012 pour rejoindre les Flèches d'Argent, le Viennois avait été sacré champion du Monde à trois reprises (1975, 1977 et 1982) lors d'une carrière exceptionnelle qui en avait fait l'un des pilotes vedettes des années 70-80. Celui que tout le monde appelait très affectueusement « Niki » a marqué l'histoire de la F1, et pas uniquement pour ces trois titres mondiaux, obtenus avec Ferrari (1975 et 1977) puis McLaren (1984).


Une lutte fratricide avec Hunt, et ce terrible accident du Nürburgring 

Lauda, c'est aussi ce duel épique mené jusqu'à la toute dernière course de la saison 1975-76 à son rival James Hunt, un an après son premier titre. Le Britannique est finalement sorti vainqueur de cette lutte fratricide racontée en 2013 dans le film Rush par le réalisateur américain Ron Howard. Malheureusement pour l'Autrichien, cette saison restée légendaire avait également vu Lauda échapper de peu à la mort, le 1er août 1976 lors du Grand Prix d'Allemagne. Sur le célèbre circuit du Nürburgring, l'Autrichien, qui s'était battu pour que la course n'ait pas lieu en raison des conditions météorologiques dantesques ce week-end là, avait perdu le contrôle de sa monoplace alors qu'il cravachait pour revenir sur Hunt et la tête de la course. Après avoir tapé violemment le rail de sécurité, la Ferrari numéro 1 avait ensuite pris feu. Ce jour-là, Lauda avait dû de rester en vie aux quatre pilotes (Edwards, Hertl, Lunger et Merzario) ayant eu le réflexe aussi incroyable que salvateur de s'arrêter pour extraire des flammes le malheureux, resté ensuite huit minutes au sol en attendant l'arrivée des urgences.

Lauda annonce sa retraite, revient et remporte son troisième titre !

Annoncé mort, Lauda, grièvement brûlé au visage et aux mains, avait finalement repris place derrière le volant de sa Ferrari six semaines plus tard. Un terrible accident à l'origine de cette casquette que n'a plus jamais quittée le natif de Vienne par la suite en public. Battu en 1976 par Hunt, qui avait pris sa retraite après son triomphe, Lauda s'était consolé dès la saison suivante, en décrochant son deuxième titre à l'occasion de ses adieux à la Scuderia. Parti ensuite chez Brabham, avant d'annoncer à son tour qu'il se retirait définitivement des circuits, le pilote davantage connu pour sa rigueur, extrême, et son sens du détail que son génie en matière de conduite avait finalement retrouvé les paddocks en 1982 sous les couleurs de McLaren. Deux ans après, l'Autrichien avait obtenu son troisième titre, là aussi après un affrontement mémorable avec son coéquipier Alain Prost, devancé d'un... demi-point au classement final par celui qui allait raccrocher pour de bon cette fois, en 1985. Passé de l'autre côté de la barrière dans les années 90 en endossant le costume de consultant chez Ferrari, le pilote aux 25 victoires et 24 pole positions en Grand Prix (171 courses, 54 podiums) avait fait profiter Jaguar de son expertise et de son vécu une dizaine d'années plus tard en tant que directeur de l'écurie britannique. En 2012, il avait posé ses valises chez Mercedes. Mais depuis l'été dernier et une grippe consécutive à sa greffe du poumon, qui l'avait envoyé en soins intensifs, il manquait aux circuits. Monsieur Niki Lauda manquera à jamais à la F1.


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