24 Heures du Mans : Un constructeur voudrait amener un prototype à l'hydrogène

24 Heures du Mans : Un constructeur voudrait amener un prototype à l'hydrogène©Panoramic, Media365

Mathieu WARNIER, publié le lundi 16 avril 2018 à 21h20

De retour en endurance via un programme en GTE Pro, la marque allemande BMW a lancé l'idée d'un prototype LMP1 avec une pile à combustible fonctionnant à l'hydrogène.

Le championnat du monde d’endurance et les 24 Heures du Mans sont à un nouveau tournant de leur histoire. Alors que, ces deux dernières saisons, Audi puis Porsche ont décidé de quitter un championnat devenu trop coûteux, Toyota va se retrouver seul avec ses prototypes LMP1 hybrides face à des prototypes d’écuries privées dans une réglementation conçue pour niveler les performances. Mais une autre marque allemande songe activement à revenir dans la catégorie reine de l’endurance, il s’agit de BMW, qui va également faire son retour en GTE Pro dès cette saison avec sa toute nouvelle M8. Mais ce retour ne se ferait pas dans n’importe quelles conditions et la marque de Munich a une idée très précise de la technologie qu’elle souhaiterait amener dans la Sarthe pour les 24 Heures du Mans. Pour la firme allemande et le directeur de sa branche Motorsport Jens Marquardt, la technologie de la pile à combustible, et donc l’utilisation de l’hydrogène comme source d’énergie, serait un projet intéressant.

Marquardt : « Une technologie à envisager en endurance »

« C'est quelque chose qui est faisable selon une étude, assure ce dernier. Ce serait une technologie à envisager pour une application en course d’endurance, et c'est quelque chose que nous pourrions étudier à l'avenir au niveau prototype. » Une éventualité qui a déjà été discuté avec l’Automobile Club de l’Ouest, organisateur des 24 Heures du Mans et promoteur au nom de la FIA du championnat du monde d’endurance. « Nous avions fait un concept pour vérifier si c'était possible ou non, et nous sommes arrivés à la conclusion que c'était faisable avec quelques contraintes. Mais venir dans un environnement comme le 56eme garage (ndlr : invitation lancée par l’ACO à des projets innovants tels un prototype électrique ou le projet Deltawing il y a quelques années) n'a du sens que lorsque l'on verra la technologie arriver également sur la route, dans deux, trois ou cinq ans. À un moment donné, la technologie de la pile à combustible sera pertinente pour la route, mais nous devrons voir quand cela arrivera. »

Fillon : « Rouler au Mans sans émettre de CO2 »

Un possible projet qui entrerait dans une vision « zéro émission de CO2 » mise en avant par l’ACO mais à un horizon plutôt placé à moyen-terme, au milieu de la prochaine décennie. « Nous visons de nouvelles motorisations pour 2024. Je ne suis probablement pas le seul qui ne croit pas aux systèmes alimentés par des batteries comme étant la solution ultime et exhaustive, a déclaré dans un entretien à Motorsport.com le président de l’ACO Pierre Fillon. Nous avons un objectif clair : à partir de 2024, il devrait être possible de rouler au Mans sans émettre de CO2, et c'est possible uniquement avec certaines technologies. » Reste que l’arrivée d’une nouvelle source d’énergie posera immanquablement un souci quant à l’équivalence des technologies pour éviter un trop grand déséquilibre entre les participants, problème dont la solution a été difficilement trouvé entre l’essence et le diesel quand Audi a lancé cette solution en 2006 avec la R10 TDI.

Vos réactions doivent respecter nos CGU.