Tour de France 2018 : Les tops et flops

Tour de France 2018 : Les tops et flops©Media365

Aurélie SACCHELLI, publié le lundi 30 juillet 2018 à 12h06

Découvrez les tops et flops du Tour de France 2018, établis par la rédaction.

Les Tops


Geraint Thomas, l'homme de l'ombre en pleine lumière

Au départ de Vendée, la cote de Geraint Thomas était élevée. Qui dans l'équipe Sky allait pouvoir se permettre de faire de l'ombre au roi Froome ? Mais le Gallois a évité les chutes et incidents mécaniques en première semaine, a brillé plus qu'on ne l'aurait imaginé dans les Alpes, a parfaitement tenu le choc dans les Pyrénées, et n'a jamais tremblé pendant le contre-la-montre individuel. Face à un duo Froome-Dumoulin fatigué par le Giro, Thomas a parfaitement géré pour aller s'offrir la plus belle victoire de sa carrière, à 32 ans. Reste à savoir s'il pourra confirmer à nouveau sur un Grand Tour, ou si c'est un « one shot » à la Bradley Wiggins.

Julian Alaphilippe-Pierre Latour, la relève bleue est là !

Bien sûr, Bernard Hinault attend toujours un successeur depuis 1985. Bien sûr, le leader du cyclisme français Romain Bardet a (un peu) déçu. Mais la France a tout de même été à l'honneur dimanche sur les Champs-Elysées, en remportant deux maillots distinctifs, une première depuis 1995 (Jalabert-Virenque). Julian Alaphilippe a fait preuve d'un magnifique panache pour aller glaner les pois et deux victoires d'étapes. A 26 ans, on espère le voir un jour jouer le classement général. Idem pour Pierre Latour, meilleur jeune du Tour de France et treizième du général à 22 minutes de Thomas. A même pas 25 ans, il incarne déjà la relève de la génération Bardet-Pinot, et peut se targuer d'être meilleur qu'eux sur le contre-la-montre. Indispensable sur un Grand Tour.

Peter Sagan, le vert lui va si bien

Il n'a que 28 ans, mais vient déjà de remporter le sixième maillot vert de sa carrière. Peter Sagan a une nouvelle fois prouvé qu'il était un formidable sprinteur, en remportant trois étapes, mais une fois de plus, c'est dans les étapes de montagne qu'il est allé glaner des points si précieux pendant que ses rivaux se cachaient dans le grupetto. Le Slovaque, victime d'une chute à cinq jours de l'arrivée, a terminé le Tour au courage, ce qui n'a fait que renforcer sa cote de popularité, déjà très haute auprès du public. Et en plus, il est parvenu à briller alors qu'il traverse une situation personnelle délicate, sa femme et lui ayant décidé de divorcer moins de trois ans après leur mariage.

Arnaud Démare, la victoire du courage

Classé à trois reprises dans le Top 10 des étapes lors de la première semaine, Arnaud Démare a longtemps couru après la victoire. Elle est finalement arrivée à Pau, lors de la 18eme étape. Le Picard a certes bénéficié d'un important concours de circonstances, puisque la plupart des sprinteurs avaient quitté le Tour dans les Alpes, et Peter Sagan était affaibli par une chute. Mais personne ne pourra lui enlever cette victoire, acquise après avoir démontré un énorme courage, lui qui a fini juste devant la voiture balai lors des deux premières étapes pyrénéennes.

Lawson Craddock, la persévérance et la générosité

Peu de gens le connaissaient avant le départ du Tour, mais Lawson Craddock a acquis une belle notoriété au fil des trois semaines. Victime d'une fêlure de l'omoplate dès la première étape, l'Américain de 26 ans a pourtant fini la course, ne quittant jamais la lanterne rouge (une première !). En larmes à l'arrivée du contre-la-montre, Craddock est allé au bout de lui-même. Généreux dans l'effort, il l'est aussi au sens propre, puisqu'il a ouvert une cagnotte pour reconstruire un vélodrome texan dévasté par l'ouragan Harvey. Il a donné lui-même 100 dollars à chaque étape terminée, pour un total de 224 426 dollars récoltés à ce jour.

Les flops


Une ambiance malsaine sur le Tour

On n'est pas revenu au niveau de 1998, où l'existence même du Tour de France semblait remise en cause suite à l'affaire Festina, mais l'édition 2018 ne restera pas un grand cru du point de vue de l'ambiance. Le fait que Chris Froome soit blanchi de son « contrôle anormal » quelques jours avant le départ a fait naître une immense vague de suspicion autour de l'équipe Sky, huée tout au long du parcours. Froome s'est fait cracher dessus et a même été bousculé dans l'Alpe d'Huez. Une montée où Vincenzo Nibali a vu son Tour se terminer, tombé à cause d'une lanière d'appareil photo. Quelques jours plus tôt, c'est Richie Porte qui avait été renversé par une spectatrice... Et si l'on ajoute la baisse du nombre de spectateurs et la manifestation des agriculteurs qui a contraint à la suspension de la course, voilà une édition 2018 à oublier du point de vue des bords de route...

Movistar, trois leaders mais pas de podium

Si la Sky avait de quoi faire peur, avec ses équipiers qui pourraient presque tous être des leaders dans les autres équipes, que dire de la formation Movistar, qui faisait trembler ses rivaux avec son trio Nairo Quintana-Alejandro Valverde-Mikel Landa, sans oublier le grand espoir Marc Soler ? Alors certes, l'équipe espagnole a dominé le classement par équipes et le Colombien a gagné la courte étape de 65km. Mais au final, aucun Movistar ne termine dans le Top 6 ! On devrait revoir le trio sur la Vuelta, et ils auront une revanche à prendre. Sinon, on sera bien obligé de constater que la mayonnaise ne prend décidément pas dans cette équipe. Et au moins un ou deux membre(s) du trio devra aller voir ailleurs.

Nibali, Porte et Uran ont manqué

Si l'équipe Sky n'a jamais douté de son succès sur le Tour 2018, c'est aussi parce que trois coureurs annoncés comme ses rivaux ont rapidement quitté la Grande Boucle à cause d'une chute. Richie Porte, qui faisait peur à beaucoup, est rentré chez lui dès l'étape des pavés, Vincenzo Nibali dès l'Alpe d'Huez, et Rigoberto Uran avant même le départ de Bourg-St-Maurice. L'Australien et l'Italien auraient sans doute dynamité la course et incité les Sky à se découvrir, et le solide Colombien se serait accroché, comme il l'avait fait l'an passé. A coup sûr, ces trois hommes pouvaient viser le podium... voire plus. Vivement l'année prochaine !

Des sprinteurs pas montagnards

Si la France a pu se permettre de réussir un doublé sur le sprint de Pau grâce à Arnaud Démare et Christophe Laporte, elle le doit surtout à l'incroyable hécatombe alpestre chez les sprinteurs. Entre Albertville et l'Alpe d'Huez, Mark Cavendish, Marcel Kittel, Fernando Gaviria, Rick Zabel, Dylan Groenewegen et Andre Greipel sont tous rentrés chez eux, contraints à l'abandon ou mis hors délais. Les sprinteurs ont souffert le martyr lors de ces deux étapes de montagne, qui n'étaient pourtant pas plus difficiles que d'habitude, et cela ne fait que rehausser la performance de Sagan, Démare, Laporte, Kristoff, Degenkolb ou Colbrelli, qui sont parvenus à rallier Paris.

Une première semaine ennuyeuse

D'une certaine façon, heureusement que la première semaine du Tour de France a été un peu mise sous l'éteignoir en raison de la Coupe du Monde de football et du magnifique parcours des Bleus. Car hormis quelques chutes et incidents mécaniques, il ne s'est pas passé grand-chose, avec en point d'orgue l'étape de 231km entre Fougères et Chartres, sans doute la pire du Tour de France 2018... Les échappées ont systématiques été rattrapées par les équipes de sprinteurs. Cela n'a pas plu à certains coureurs, comme Yoann Offredo, même si on est malheureusement désormais habitué à ce genre de scénarios.

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