Tour d'Espagne 2017 : Contrôle " anormal " pour Froome, qui pourrait se voir retirer sa victoire

Tour d'Espagne 2017 : Contrôle " anormal " pour Froome, qui pourrait se voir retirer sa victoire©Media365

Aurélien CANOT, publié le mercredi 13 décembre 2017 à 08h06

Lors de la dernière Vuelta, en septembre, le champion britannique qui n'avait encore jamais inscrit son nom au palmarès de l'épreuve avant 2017 a subi un contrôle « anormal », rapportaient communément ce mercredi le journal Le Monde et le quotidien britannique The Guardian, avant que le président de l'UCI David Lappartient ne confirme lui-même ce contrôle « anormal » intervenu sur le dernier Tour d'Espagne.

L'UCI a d'ailleurs ouvert une procédure à l'encontre du vainqueur de la compétition après qu'une forte concentration en salbutamol (bronchodilatateur qui est le principe actif de la Ventoline) a été détectée dans les urines du leader de l'équipe Sky et quadruple lauréat du Tour de France deux mois plus tôt. Froome pourrait donc se voir priver de sa victoire sur la Vuelta (et du même coup de son premier doublé Tour de France-Tour d'Espagne) et être suspendu par l'UCI. Une sanction uniquement hypothétique pour le moment sachant qu'il n'a pas encore été officiellement question d'un contrôle positif (mais uniquement « anormal ») et étant donné, surtout, que les avocats du champion ont d'ores et déjà rebondi sur les accusations visant leur client en assurant que leur protégé a agi dans le respect total des règles, et que c'est justement parce que Froome n'a pas enfreint le règlement que l'existence de ce contrôle « anormal » n'a jamais été rendu publique avant le pavé dans la mare jeté mercredi par Le Monde, The Guardian et le nouvel homme fort du cyclisme mondial le Français David Lappartient. Dans un communiqué transmis ce même jour par la Sky, Christopher Froome rappelle d'ailleurs qu'il souffre d'asthme pendant l'effort et bénéficie donc de l'autorisation d'inhaler de la Ventoline. C'est d'ailleurs ce qu'il reconnaît avoir fait lors du dernier Tour d'Espagne, où il explique avoir été gêné plus que jamais par son asthme. « Mon asthme est bien connu et je connais exactement les règles. J'utilise un aérosol pour limiter les symptômes (toujours dans les limites permises) et je sais bien sûr que je serai contrôlé chaque jour que je porte le maillot de leader. Mon asthme s'est accentué durant la Vuelta, donc j'ai suivi les recommandations du médecin de l'équipe pour augmenter mes doses de salbutamol. Comme toujours, j'ai pris les plus grandes précautions pour faire en sorte de ne pas dépasser la dose permise. » Mais c'est précisément là le hic. Si la prise de salbutamol est autorisée pour les coureurs - elle ne nécessite même plus d'autorisation d'usage à des fins thérapeutiques (AUT) depuis 2010 - elle a toutefois ses limites, à savoir que la prise ne doit pas dépasser les 1 000 nanogrammes par millilitre. Or, le taux retrouvé dans les urines du « Kényan blanc » était de 2 000 nanogrammes... Asthme ou pas, il devrait être beaucoup plus difficile pour Froome et ses avocats de justifier cette inhalation bien supérieure à ce qu'autorise le règlement. Et d'ici à ce que le natif de Nairobi, qui s'est toujours dit propre, soit rattrapé par le dopage, il n'y a qu'un pas.

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