Surf/Justine Dupont : " Quand on connaît l'océan, on le respecte davantage "

Surf/Justine Dupont : " Quand on connaît l'océan, on le respecte davantage "©Panoramic, Media365
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Aurélien CANOT, Media365, publié le samedi 23 avril 2022 à 16h00

Dans le cadre de la reconduction de son engagement éco-responsable auprès de MAIF, Justine Dupont évoque pour nous l'importance vitale de prendre soin de la planète. C'est dans ce sens qu'après avoir reversé les dons de la 1e année de son programme écologique à l'ONF, la championne de surf a cette fois choisi de sensibiliser les enfants au respect de son terrain de jeu, l'océan, via l'association de Coralie Balmy.


Justine Dupont (30 ans) et MAIF, c'est une histoire qui roule. Plus exactement qui glisse. Considérée comme la meilleure surfeuse du monde par beaucoup de spécialistes, Justine qui est une jeune femme éco-engagée, collabore avec MAIF pour la deuxième année consécutive dans le cadre d'un programme de contribution climatique. En 2021, la reine des grosses vagues avait choisi de faire un don à hauteur de son empreinte carbone (sa pratique l'oblige à se déplacer en avion et à utiliser un jet-ski à moteur thermique) au service des forêts. Cette fois, elle soutiendra l'association de Coralie Balmy « Coco an dlo » dans son travail de sensibilisation des plus jeunes au respect de l'océan et des milieux marins. Elle ne pouvait pas trouver mieux.

Justine Dupont, qu'est-ce qui vous a amené à reconduire votre éco-engagement avec MAIF ?
Déjà, j'ai toujours été satisfaite de la collaboration et de leur engagement. Ça apporte du sens à tout ce que je fais. J'essaie de réduire au maximum les déplacements en restant longtemps dans un endroit plutôt que faire des allers-retours. Il n'empêche que je prends quelques avions dans l'année et que j'utilise le jet-ski pour ma pratique. MAIF étant très engagée dans l'éco responsabilité, nous avons bâti ce projet ensemble. Le chèque que nous reversons chaque année à l'association correspond au taux de CO2 que je rejette. Même si je tends à polluer de moins en moins, nous avons augmenté le montant du don reversé à 50% par MAIF et 50% par moi. MAIF m'aide vraiment dans cette démarche environnementale, il y a un bel échange. L'entreprise a même organisé une rencontre très intéressante avec un chef papou !

L'année dernière, vous vous étiez engagée en faveur des forêts. Cette année, vous avez choisi l'océan via un soutien à l'association de Coralie Balmy « Coco an dlo ». Qu'est-ce que cela représente pour vous ?
L'océan, c'est totalement légitime pour moi. Déjà l'année dernière, je voulais m'engager sur l'océan, et puis la forêt d'Anglet a brûlé et j'ai souhaité spontanément leur apporter mon soutien. Coralie Balmy a une vraie crédibilité sportive et a mis en place cette association pour sensibiliser de façon concrète les jeunes sur la connaissance et le respect de l'océan.

Les jeunes vont également apprendre à nager. C'est utile pour maîtriser l'environnement?
Oui, tout à fait. Apprendre à nager, c'est la base pour toute personne qui souhaite évoluer dans l'océan, pour apprendre à le connaître et le respecter. Parce que, quand on connaît l'océan, on le respecte davantage. C'est comme pour notre corps.

Comment vivez-vous ce dilemme permanent entre le souhait qui vous anime de respecter l'environnement et la pratique de votre sport, qui vous oblige à beaucoup voyager et utiliser un jet-ski, donc engendrer une empreinte carbone inévitable ?
C'est le surf qui veut ça. Notre sport est à controverse, parce que d'un côté, nous sommes des vrais amoureux de l'océan et de l'autre, notre matériel n'est pas encore au point niveau au niveau écologique. Au-delà de notre sport, je pense qu'il est important d'avoir envie de s'engager et de faire des efforts au quotidien, à notre niveau. L'éco-responsabilité passe surtout par un engagement personnel au
quotidien.

« Je ne pense pas que l'on demande à tous les êtres humains de revenir à leur potager »

Comment est-ce que cet engagement personnel se traduit-il en ce qui vous concerne ?
Depuis deux ans, je suis végétarienne, je trie mes déchets, j'achète local et je n'utilise plus de bouteille en plastique mais uniquement des gourdes. J'ai installé des panneaux solaires à la maison. On évolue dans l'océan. Il est magnifique à regarder, mais quand on voit les déchets sur la plage, forcément, ça interpelle. Alors ramasser les déchets que l'on peut y voir, c'est aussi une démarche naturelle pour moi.

Vouloir faire davantage, cela amènerait à tout arrêter ?
Exactement. On a tous besoin de se déplacer à un moment donné. L'année dernière, j'ai dû prendre quatre fois l'avion. Je ne le prends pas pour des raisons personnelles ou pour aller faire la fête quelque part, mais dans le cadre de notre métier. L'étape suivante, c'est tout arrêter. On ne peut pas demander à tous les humains sur terre d'arrêter leur métier pour revenir à leur potager (sic). Je pense que l'on peut tous trouver un équilibre, et l'important c'est d'aller chercher cet équilibre. Tout ce qui est en mouvement a un impact. A nous de bouger pour de bonnes raisons et d'être conscient de cet impact.

Vous vous remettez doucement d'une fracture de la malléole et poursuivez votre rééducation. Voyez-vous le bout du tunnel ?
Oui, oui. Je sors justement d'une demie journée de rééducation. J'étais juste en train de me concentrer sur ma marche pour ne pas boîter, donc ça va bien mieux. Je dois encore attendre quelques jours avant de repartir dans l'eau. Je prévois de partir à Tahiti en juin. J'espère que ça sera bon, mais il n'y a pas de raison. J'ai passé la moitié de cette période difficile, je suis au moins aux trois-quarts maintenant !

Il s'agit d'une très bonne nouvelle, sachant qu'une énorme échéance se profile pour vous, avec le coup d'envoi de la saison en hémisphère sud...
Oui, ils ont eu hier une première journée magnifique. C'est frustrant de ne pas être à cent pour cent et de ne pas pouvoir y aller. Mais je serai bientôt prête. Une sortie de blessure, c'est différent. On est souvent plus fort physiquement, et là, je crois que ce sera le cas pour moi. J'ai fait un bon travail mental aussi, donc je pense que je serai plus forte sur ce point aussi. Je suis contente. Après, le principal, c'est de s'écouter, donc je resterai très attentive à mon corps et à moi, sans penser à ma cheville. Ce sera une saison normale, je n'aurai pas d'appréhension particulière.

« Les Jeux ? On verra si les critères me permettent de me sélectionner »

Qu'attendez-vous de cette nouvelle saison ?
Comme d'habitude, de vivre de bons moments. Chaque saison est différente parce que nous dépendons de l'océan. Et l'océan nous envoie des vagues constamment différentes, donc on verra bien ce qu'il a décidé pour cette saison-là. On a eu une saison exceptionnelle, avec beaucoup de sessions, surtout parce que l'océan avait été exceptionnel l'hiver dernier. Quand on surfe de grosses vagues, on dépend de la météo, donc il faut être prêt à tout, parce qu'on ne peut pas prédire des vagues six mois à l'avance. Cet hiver aussi, mais c'était différent. A Nazaré (Portugal), c'était fréquent et consistant. Les saisons dépendent vraiment de l'océan. Après, elles dépendent aussi de toi et de ton envie. Normalement, c'est donc bon (rires). Je suis motivée et contente de tout ce que je fais.

Avez-vous des flashs en particulier qui vous reviennent de cette saison incroyable, qui a aussi été la meilleure pour vous ?
Ce qui s'est passé n'était pas du tout prévu. Au début, on pensait qu'on allait rester à Nazaré et pas du tout bouger. A partir du moment où nous avons eu le VISA pour partir aux Etats-Unis, je me suis dit : « Super, l'océan atlantique se réveille ». L'Atlantique était plus compliqué avec le Covid, parce qu'on avait des restrictions pour aller dans l'eau. Mais c'était l'occasion rêvée et on l'a saisie. En revanche, cette année, on s'attendait à quelques voyages, notamment à repartir à Hawaï, et finalement, l'océan a été dingue dans l'Atlantique, sans envoyer de très grosses sessions, et le Pacifique non plus. Après, ce qu'il me revient évidemment de l'an passé, c'est la vague à Joss. Chaque session avait son sens et m'a apporté ce qu'il fallait pour pouvoir me permettre de prendre cette vague-là.

Vous allez vous rendre à Tahiti pour la deuxième fois...
C'est un endroit magnifique ! Ca permet de se poser, la nature est magnifique, c'est prenant. C'est un peu comme quand je me retrouve devant une grande montagne : tu te sens tout petit devant la force de la nature ! Pour le surf, c'est un peu le même ressenti qu'à Nazaré. A Teahupoo, la vague est parfaite et en même temps très technique, j'ai adoré. J'espère que cette année sera bonne pour performer et que j'aurai une belle vague.

Tahiti sera aussi le spot des Jeux de Paris 2024 pour le surf. Avez-vous pris votre décision quant à votre participation ?
Ca dépend des critères, s'il y a beaucoup de compétitions à faire, où et comment... Pour l'instant, les critères ne sont pas encore sortis. En tous cas, moi, je rêve de prendre cette très belle vague à Teahupoo. Ca, c'est ce dont je rêve en tant que surfeuse. Après en tant que professionnelle, on verra si les critères me permettent de me sélectionner aux JO sans avoir besoin de mettre entre parenthèses mon côté surfeuse de grandes vagues. Sur ces deux prochaines années, les JO ne seront pas ma priorité mais si c'est possible de faire les deux, ce serait royal. C'est loin encore, il y a quand même le temps. D'abord, j'ai envie de prendre la super vague.

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