Sport féminin : La ministre Roxana Maracineanu se livre

Sport féminin : La ministre Roxana Maracineanu se livre©Media365

Joana Guerra Mota, publié le lundi 18 janvier 2021 à 21h30

A l'occasion de la semaine dédiée au sport féminin, France Télévision a pu obtenir un entretien avec la Ministre des Sports, Roxana Maracineanu, sur le sport féminin, son évolution et ses enjeux.

« Je suis plutôt ravie que ça tombe sur moi », confie la ministre à France Télévisions. Roxana Maracineanu, ancienne nageuse, est fière de représenter ce combat qu'elle qualifie d'« ancien » et dans lequel elle était déjà « engagée dans le milieu associatif avant d'être ministre ». Un poste qu'elle occupe grâce à une décision d'Edouard Philippe en 2018, lorsqu'il était Premier Ministre. Ce combat, cette mission, elle les partage avec les différentes fédérations : « Elles savent qu'elles doivent développer ce champ, surtout dans un contexte de baisse du nombre de licenciés et les difficultés financières qu'elles traversent ». Aujourd'hui, si le sport féminin a de plus en plus de visibilité, l'égalité n'est néanmoins pas encore acquise, la crise sanitaire actuelle n'arrangeant rien. Mais il ne faut pas non plus mettre tous les sports dans le même panier. Roxana Maracineanu témoigne : « J'ai eu la chance d'évoluer dans un sport où la mixité ne posait pas de problème. Nous étions traités, hommes et femmes, de manière équitable, au niveau des primes, des salaires, aussi bien à l'entraînement qu'en compétition ». Elle poursuit : « En revanche, j'ai constaté une différence après ma carrière, en observant le fonctionnement d'autres sports ».


L'énorme impact de la crise sanitaire

La ministre est formelle, « le sport souffre ». Et pour cela, le gouvernement a déployé différentes aides, auxquelles le sport féminin a évidement le droit. Parmi ces aides, la compensation des billetteries, des plafonds d'aides maximales, ou encore les exonérations de cotisations patronales sur les salaires. Ces dernières représentent « jusqu'à 40% d'économie sur la masse salariale » d'après Roxana Maracineanu. En dehors de l'aspect économique, la crise a permis de révéler certaines inégalités de développement et de représentation. Notamment au sein des fédérations : « Aujourd'hui, nous avons 16 présidentes parmi les 113 présidents de fédérations. On est encore très loin de la parité ».

Des enjeux plus qu'importants

Dans cette interview, Roxana Maracineanu aborde d'autres sujets liés au sport féminin, tout aussi importants que la crise et les inégalités. Notamment l'enjeu du statut des sportives. La plupart des championnats féminins sont encore considérés comme amateurs quand ceux des hommes sont professionnels depuis des années. C'est le cas par exemple du Top 14 et de l'Élite 1 en rugby. Un statut qui, par conséquent, ne garantit pas un salaire pour les joueuses. Certaines d'entre elles doivent donc avoir un autre travail à côté pour ne pas couler financièrement et pour pouvoir vivre. Et bien plus : « Il faut insister auprès des clubs pour qu'ils transforment les défraiements actuels de leurs joueuses, qu'ils les considèrent comme des professionnelles, avec un vrai contrat et un statut qui leur permet de cotiser, d'avoir des droits à la retraite. Un vrai travail est engagé par les fédérations des sports collectifs mais aussi par les syndicats des joueuses ».  Plus récemment, le sport féminin a été boulversé par des affaires d'agressions sexuelles sur des sportives. Notamment dans le patinage artistique avec le témoignage frappant de Sarah Abitbol. Et  la ministre a réagit à ce sujet. « Il est essentiel pour moi de pouvoir affirmer avec les fédérations, que nous avons zéro tolérance au sujet des violences dans le sport, que ce soit des violences sexuelles ou verbales, ou des faits de harcèlement ou de discrimination. J'ai été heureuse que les victimes puissent s'exprimer, que l'on puisse les écouter enfin » a-t-elle avoué. Ainsi, le combat en faveur du sport féminin ne s'arrête pas à l'égalité, c'est bien plus que ça. Et il reste encore beaucoup de travail à faire.

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